10/06/2010

29 mai 2010


 

Grand soleil ce matin, donc tenue d’été pour Paquita et son équipage, je rabats le cabriolet et je suis assailli par une odeur très prenante de… Purin ! N’ayant pas vu de ferme aux alentours, je ne comprends pas d’où vient cette odeur à faire repasser le petit déjeuner dans l’autre sens jusqu’à ce que je descende pour larguer et je constate alors que nous nageons dans une sorte de soupe où se mêles les excréments de bovins et les herbes en putréfaction, et tout ça est entré dans la darse poussé par le vent.

Nous ne partons pas, nous filons, vite et pas à l’anglaise.S7304575rednglaise. La première écluse est également pleine de soupe aux légumes et bien sûr, quelques kilomètres plus loin, la moteur se met à chauffer, provoquant le même cérémonial que le jour précédent, ce qui va nous arriver quelques fois ce jour.

L’écluse suivante est en panne, je téléphone à VNF et ils me répondent qu’ils sont au courant, qu’une équipé est déjà sur place et que le réparateur arrive. Je comprends que comme partout il existe des spécialistes, que ceux qui sont sur place ont détecté le problème, une grosse branche empêche la fermeture d’une vantelle et le système informatique a placé l’écluse en sécurité. Les agents sur place sont compétents pour ce qui est de la panne mécanique, soit enlever le corps étranger, mais pas pour réinitialiser le système.

Très vite, l’agent est là et on peut passer. Une demi-heure de perdue tout de même, mais c’est comme ça sur l’eau, il faut apprendre à vivre dans une autre dimension, à une autre vitesse, se débarrasser des réflexes terriens pressés.

On continue, mais deux écluses plus loin nous nous heurtons à nouveau à un e écluse en panne, ce n’est pas leur jour aujourd’hui. Je téléphone, l’agent arrive me promet le régulateur. Nous entrons dans le sas et on s’y amarre, c’est toujours plus facile que de faire le bouchon surtout avec le vent qui se joue de toutes mes corrections.

Voilà un, deux non, trois montants qui se placent à la rive en aval, des… Hollandais oui m’dame !

Au bout de dix minutes, ils envoient un éclaireur ou plutôt une éclaireuse qui vient houspiller ma mousse blonde dans la langue qu’elle pense la plus universelle, le néerlandais.

Je sors, de ma réserve, et lui explique dans la langue de Molière et sur un ton qui ne permet pas la contestation que l’écluse est en panne et que j’ai téléphoné. Elle répond : »Ja oui merci » et s’en retourne sur son cuirassé en tôle de 8mm.

Je téléphone à nouveau au régulateur, lui explique l’anecdote et lui demande où est le réparateur ; il arrive me dit-il.

Dans l’intervalle, sans doute mécontents de la réponse de leur éclaireur, deux membres du convoi se dirigent vers ces Belges incapables de passer une écluse normalement. Je me prépare à livrer bataille et cherche déjà des yeux ma gaffe afin de repousser toute tentative d’abordage.

Mais voilà qu’en libérateur, l’agent de VNF rencontré plus tôt arrive dans sa camionnette, il se gare pénètre dans le local technique et enclenche le cycle sous les yeux rageurs des flibustiers des polders qui s’en retournent à leurs vaisseaux.

Nous attendons que le cycle s’achève et avant de sortir, je crie un grand merci à notre sauveur, il nous répond par un signe amical, les portes s’ouvrent et une fois sortis, nous voyons l’armada se préparer à passer, amarres larguées alors que les portes de l’écluse se referment devant leurs étraves. Pas de chance ils vont devoir attendre une bassinée vide avant de pouvoir passer, et encore si l’écluse ne retombe pas en panne.

Voilà ce qui arrive lorsqu’on se comporte en conquérant sans gène dans un pays qui vous accueille en ami.

Il faut rester aimable avec les personnes c’est bien plus agréable et fait perdre moins de temps au final et c’est tellement plus agréable d’être vu comme un ami plutôt que comme quelqu’un qu’on est obligé de supporter.

Les Britanniques que nous avons rencontrés étaient nettement plus aimables et respectueux. Question de culture et d’éducation sans doute !

Car il faut tout de même avouer que le comportement de ces gens sur l’eau est très agressif, circulant au beau milieu du chenal, sans se placer en retrait lorsqu’ils croisent un avalant fonçant de toute la puissance de leurs moteur, au mépris des berges souvent en mauvais état, quitte à provoquer un incident avec leur sillage de hors-bord. Je ne suis pas étonné que pas beaucoup d’usagers ne les portent pas dans leur cœur, comme ce couple d’aînés que nous avions rencontrés à Huy et qui nous avouaient ne plus vouloir naviguer dans ces conditions, car s’étant fait agresser en France par des plaisanciers Hollandais après que ceux-ci les aient abordés lors d’un croisement sur un canal.

Bref, je décide de faire valoir mes droit d’avalant et moi aussi je reste au milieu, comme ils ont peur d’écorcher leur bateaux, ils s’écartent en maugréant, car tout d’un coup plus de signe bonjour à quelques rares exceptions.

Je constate qu’instinctivement, je fais le contraire de ce que Germain m’a montré sur le Rhône, au lieu de chercher l’abri et de fuir le courant, je cherche naturellement à me laisser pousser par lui et je gagne plus ou moins deux kilomètres à l’heure, je suis à 1400 T/Min par moteur pour une vitesse de plus ou moins 11 km/h alors que pour la même vitesse sur le grand fleuve mes moteurs tournaient à 2200 T /Min.

Ma consommation doit être de l’ordre de quatre litres à l’heure pour les deux moteurs. C’est bien, de vrai chameaux et mon portefeuille de respirer un peu mieux, lui qui a attrapé un gros refroidissement depuis Villefranche. Je pense que j’arriverai à Profondeville avec le carburant contenu dans mes réservoirs. Ouf !

On passe Sedan, où je prends la voie de droite, passe devant le port de plaisance, remarque que sous le pont il n’y a pas de panneau indiquant où passer, longe un barrage avec un courant de fou, et alors que j’arrive en vue d’un pont, je vois un homme qui me fait signe de faire demi-tour. Je stoppe immédiatement et je commence à reculer, l’homme nous dit que nous avons raté le chenal principal. Je regarde vite la carte avant de faire demi-tour et je constate qu’en effet il existe une voie principale et certainement un panneau que je n’ai pas vu. On repasse devant le port, on contourne la pointe et je vois la flèche cachée par le grand panneau placé par la municipalité de Sedan qui rend invisible la flèche lorsqu’on tient sa droite en descendant. Dangereux ça, car sans cet homme providentiel, nous allions nous échouer sous le second pont.

Le temps se couvre de plus en plus alors que nous abordons Charleville-Mézières, on passe l’écluse de sortie de la ville et nous nous disons que nous feront étape dans le bief suivant, faisant en cela confiance dans les indications du guide fluvial qui indique qu’il y a des commerces. Grave erreur, car alors que nous avançons vers le Bourg, on s’aperçoit bien vite qu’il n’existe pas d’appontement. La question qui tue est la suivante : Pourquoi indiquer la présence de commerces si ceux-ci sont inaccessibles autrement qu’en voiture ? Vaste débat !

Pour l’heure, la tension nerveuse due à la fatigue et à la déception de ne pas trouver une place monte, pis, mes lunettes se déboitent, je réussi in extrémis à sauver la micro-vis, mais je ne vois plus rien du tout, maintenant, il fait sombre et il pleut à verse demi-tour, je remonte vers Charleville-Mézières pour arriver devant un endroit marqué comme étant un amarrage possible nous essayons, mais trop énervés, on rate la manœuvre, on continue, faisons à nouveau demi-tour et je décide de remonter mes lunettes, je dois me calmer. J’y arrive, replace mes lunettes sur mon nez, et je dit à mon mousse, on recommence.

Cette fois, j’approche parallèlement à la rive et en jouant avec les moteurs, je parviens à faire progresser le bateau latéralement jusqu’à ce qu’il ne soit plus qu’à cinquante centimètres de la rive. Christine saut une amarre à la main et sous la pluie battante arrive à tourner le cordage autour du premier bollard. Je saute à sa suite avec la seconde amarre et la place sur l’autre bollard. C’est terminé, nous avons gagné, trempés mais heureux d’avoir réussi. La pluie cesse également et Paquita se tient tranquille contre la rive, protégée par ses pare-battages.

J’ouvre un des grands panneaux donnant accès aux moteur afin de laisser entrer la chaleur de nos deux radiateurs en fonte de 550 Kg chacun. On fait sécher nos vêtements. Nuit au calme, mais agitée pour moi, car inquiet à cause de la pluie qui nous arrose et qui risque d’entrer par les cadres des fenêtres dont les joints sont foutus.

Mauvaise nuit, mais on approche de la fin alors ça passe.

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20:35 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

28 mai 2010

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Il est tôt lorsque nous nous levons ce matin. A l’heure dite, l’agent de VNF est à son poste et nous attend pour nous faire passer l’écluse, laquelle est encombrée d’une soupe infâme. J’essaie d’éviter de mettre trop de gaz afin de ne pas rééditer les problèmes de la veille, il pousse dans le canal, une forêt de plantes de plus d’un mètre de haut, sans compter les déchets de tontes, les bois morts les sacs plastiques et les poissons morts. Tout ce que le circuit de refroidissement primaire du bateau n’aime pas.

Ce qui devait arriver arrive quelques kilomètres après l’écluse le moteur le plus exposé, le bâbord se remet à chauffer.

Je mets en panne, stoppe le bateau et arrête le moteur en question.

Me voici à nouveau couché à plat ventre sur le plancher, j’enlève la trappe d’accès et j’essaie d’ouvrir le couvercle du filtre. A la résistance qu’il m’oppose, je comprends qu’il y règne une forte dépression, signe que le bouchon se situe au niveau de la crépine. Je m’écorche les doigts, mais le combat est perdu d’avance pour le filtre, car je ne suis pas du genre à me laisser emm… par un couvercle. Trois coupures et une minute plus tard, le couvercle est ouvert, et le niveau dans le filtre redescend à sa hauteur normale, signe que l’eau est repartie et le bouchon aussi. Refermer le filtre, la trappe, démarrer le moteur embrayer et remettre le bateau en route. Ouf !

Je vais toutefois préparer mes gants afin de ne pas pisser le sang à chaque fois que je dois ouvrir un filtre. J’ai des mains à faire peur, pleines d’écorchures et de crevasses naissantes, ce n’est pas le métier qui rentre, c’est le métier qui revient !

Mais comme tout se termine toujours bien, commencée sous la pluie, la journée se termine sous le soleil et aussi à l’écluse numéro 31, celle de Stenay, qui dès 17H40 décide d’arrêter le travail. Elle se trouve à quatre cent mètres du port où nous voulons passer la nuit. Appel au régulateur, qui après avoir écouté nos explications, déclenche à distance le cycle.

Nous pouvons nous diriger vers le port dans cette petite ville qui possède un musée de la bière, que nous ne visiterons pas cette fois tant pis. Mais pour sept euros, nous trouvons un quai tout équipé ainsi que des douches, toilettes et machine à lessiver et séchoir.

Notre manœuvre se passe sans problèmes, doucement les habitudes se font et on commence à ne plus ressembler à des débutants.S7304544redS7304547redS7304554redS7304558redS7304559redS7304565redS7304573redS7304574red

20:23 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

27 mai 2010

 

La journée commence avec la pluie et pour ne pas troubler notre habitude, par une écluse. Nos compatriotes s’en vont vers la Moselle avec leur chien. Nous larguons à notre tour et sous la pluie car rien ne nous arrête, nous dirigeons vers l’écluse numéro cinq. Il faut bien sortir pour amarrer et Christine, vêtue de mon imper et de ma casquette « Continental » s’en va effectuer ces opérations. Lorsque le bateau est en sécurité et stoppé, je sors à mon tour pour l’aider et surtout pour aller déclencher le cycle puisque le fameux levier bleu se trouve à gauche et que comme d’habitude, nous sommes à droite.

Une camionnette de la Gendarmerie est stationnée à côté de l’écluse, je m’en vais saluer les pandores et la conversation s’engage, voilà que j’ai affaire à deux gendarmes « belgophiles «, le plus jeune est fiancé à une Belge et le plus âgé, (le chef hein Tassin !) à des amis à Evere.

On cause de Belgique et de belgitude, des problèmes linguistiques, nous dérivons sur le séparatisme et la volonté, en cas de scission, de la part de certains francophones de rejoindre la France. Ils trouvent qu’historiquement ce n’est pas correct, que les Français sont des Français et les Belges francophones non. Nous voilà partis dans un cours d’histoire et il semble que l’histoire de France enseignée de l’autre côté de la frontière ne commence qu’avec les premiers Capétiens, avant était le néant ! Je leur rappelle que la Gaule Belgique s’étendait jusqu’aux portes de la banlieue parisienne actuelle puisque le territoire des peuples belges s’arrêtait vers l’Isle Adam et même plus bas puisque la limite extrême de cette partie de la Gaule était la Seine elle-même. Le plus âgé reste coi. Bref, au bout d’une heure, sous un arbre, un second bateau arrive, et lorsque je veux enclencher la bassinée, il ne se passe rien. Je téléphone à VNF et je leur explique que les gendarmes… Le régulateur me répond que c’est normal, que l’écluse s’est mise en sécurité et qu’il m’envoie un agent et me demande jusqu’où je désire aller aujourd’hui. Ma réponse est toujours la même : »le plus loin possible » la réponse est que ce jour, justement, c’est jour de grève nationale et que je peux aller jusqu’à Dieue-sur-Meuse, soit 25 km plus loin.

On fait contre mauvaise fortune bon cœur, car sans la loi sur le service minimum, nous aurions du faire demi-tour.

Dix minutes plus tard, nous passons, avec derrière nous le voilier Allemand qui met un temps fou à sortir de l’écluse. Au bout d’un quart d’heure, il a disparu et j’avoue accélérer un peu pour faire l’écluse suivante seul. Pas bien hein!

C’est ce que nous faisons, et encore après, si bien qu’au bout de huit écluses, nous l’avons définitivement largué, ce qui semble bien arranger le jeune agent envoyé pour nous faire passer. Normalement il doit regrouper les bateaux, mais il explique à son chef que le second bateau n’est pas là et qu’il ne peut raisonnablement pas nous laisser attendre l’arrivée hypothétique du second bateau. Il a raison ce ne serait pas raisonnable de nous laisser attendre.

Comme nous avons pris de retard à cause de la grève, le régulateur nous promet de nous envoyer un agent le lendemain à 0830 pour nous faire gagner du temps. Voilà ce que j’appelle un service public !

Nous arrivons à Dieue-sur-Meuse vers 1515, effectuons un amarrage de pros, je bricole à nouveau la prise électrique, nous faisons le plein d’eau, et comme la mairie met cet emplacement gracieusement à la disposition des plaisanciers, nous décidons d’aller faire quelques courses dans le bourg. Première halte, la pharmacie, immense. Ensuite le bar-tabac d’où nous sortons pour nous rendre chez le boulanger, qui est fermé.

Déçus mais têtus, nous partons en expédition à la recherche du commerce alimentaire renseigné sur les panneaux directionnel, et nous ne trouvons rien. Comme le ciel commence à se couvrir, nous rentrons vite au bateau, juste à temps pour voir les premières gouttes s’écraser sur les vitres.

Bref, une journée calme, moins éprouvante que les autres, mais qui signifie encore du retard.

Tout de même, j’oubliais l’agression dont Christine a été victime alors qu’elle patientait sur le pont lors d’une bassinée. Nous étions tous deux à notre poste, moi à l’arrière et elle assise sur le toit à l’avant. Tout est calme, la pluie a cessé et les oiseaux chantent, tous sauf deux qui visiblement cherchent quelque chose d’autre, ils volent en paire, aile dans l’aile.

Nous ne le savons pas encore, mais il s’agit d’un apprenti bombardier en piqué et de son instructeur. Celui-ci s’écarte, reprend un peu d’altitude et sur un signe convenu entre eux, indique à son élève que tout est en ordre et qu’il peut y aller. Voilà le jeune apprenti qui monte et qui au sommet de son ascension se retourne et plonge à une vitesse folle. Moi, d’en bas je n’ai pas encore compris l’attaque et comme le bateau est désarmé je n’ose même pas imaginer que des oiseux nous ont pris pour cible somme si nous étions un porte avion durant la guerre du Pacifique. Il plonge toujours, et soudain je vois quelque chose qui se détache de son ventre et qui plonge vers le pont avant. Attendant l’explosion fatale, je rentre la tête dans les épaules et je me bouche les oreilles intérieurement, mais si c’est possible ! L’instant d’après, paf ! le projectile atteint la cuisse de Christine heureusement sans exploser, il devait s’agir d’une munition d’exercice !

J’entends la protestation de mon mousse, et je tchiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip désespéré de l’apprenti qui a raté son objectif, je pense qu’il visait la tête ! Quelle idée aussi de se promener en blonde sous les oiseaux. Encore heureux pour elle que l’élève était un petit et non pas un héron, car eux question style, c’est plutôt le bombardement stratégique avec un chapelet jaunâtre de plus d’un mètre de long.

Alors, si vous le permettez, nous allons réparer les dégâts. Je vous laisse jusqu’à demain. Ah oui, pas de photos aujourd'hui à cause des batteries de l'appareil qui sont plates comme ma bourse!

 

19:28 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

26 mai 2010

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A neuf heures, nous quittons le quai, après avoir fait nos adieux à nos compagnons de route de la veille, ils remontent vers Metz et le Rhin et nous tournons à gauche pour suivre le canal de la Marne au Rhin avant de bifurquer vers le canal de la Meuse.

Dans la première partie, nous sommes montants avec des écluses piégeuses car l’eau passe par-dessus les portes amont en créant un courant violent qui prisonnier dans les parois du sas, se met à tourbillonner et en s’alliant avec le vent, s’amuse à nous placer du mauvais côté du sas. Il faut se battre avec et Paquita n’aime pas le vent dans le nez lorsqu’elle n’a pas de vitesse, il faut composer et trouver le bon réglage à chaque écluse. Il y en a seize à passer et lorsque la dernière apparaît, c’est pour annoncer un tunnel. Christine est contente, elle adore les tunnels en bateau, moi par contre, ce n’est pas trop mon truc, la concentration doit être permanente et profonde durant les six ou sept cent mètres de la traversée.

Mais à la sortie, nous sommes sur le canal de la Meuse, et donc la Meuse, car nous la voyons qui se tortille sur notre gauche, vient nous rejoindre et ensuite part se promener sur notre droite. Le canal de la Meuse est en fait un canal latéral, c’est-à-dire qu’il emprunte parfois le lit de la rivière et qu’il n’a pas de bief de partage. Nous sommes avalants et nous avons la priorité sur les bateaux montants, ce que ne comprennent pas la plupart des Hollandais que nous croisons, très vite, trop vite même, plantés qu’ils sont au milieu du chenal avec leurs gros « Linssens ». Au début, je me colle à la rive droite, mais au bout d’un temps, je fais comme eux, je reste au centre du chenal et ils finissent par s’écarter.

Soudain je constate que le moteur bâbord chauffe, il est monté à 90°C, ce qui n’est pas encore préoccupant, mais je réduis tout de même ce moteur ce qui rend le bateau nettement moins manœuvrant. Je pense que nous avons du avaler des saleté, car ici, en plus des grandes plantes qui poussent dans le canal, les riverains viennent jeter leurs déchets de tonte dans le canal, on faisait ça chez nous aussi il y a quelques années, mais c’est fini depuis que les gens ont pris conscience qu’il fallait éviter ce genre de comportement. Il faut dire qu'ils ont été aidés par des amendes qui n’étaient pas ridicules. Ici ils n’ont pas encore compris et nous naviguons dans une sorte de potage au cerfeuil, mais pas bien passé si vous voyez ce que je veux dire.

Voici enfin la halte, bien entendu, les bonnes places sont prises, par des… Hollandais, bravo ! Nous devons nous contenter du quai où il n’existe aucunes commodités.

On s’amarre vite mais bien fait, et nous partons en expédition dans cette jolie petite ville de Commercy afin d’y trouver un point de retrait d’argent, j’ai besoin d’être rassuré et d’avoir de quoi faire le plein éventuellement et aussi de trouver un tabac afin d’y acheter la drogue de ma blonde mousse.

Au retour, nous passons par le magasin « Aldi » à côté duquel nous sommes amarrés. Bref retour dans le monde civilisé, on achète du pain de mie, mais est-ce vraiment du pain ?

Arrivés au quai, nous constatons que devant nous, se trouve un petit bateau de huit mètres immatriculé en France, à Givet, des voisins quoi !

Le monsieur descend et vient vers nous, il nous dit qu’il est Belge également, un peu pour nous rassurer pense-t’il et me demande si je peux reculer mon bateau, je lui réponds par l’affirmative et alors que je commence à m’exécuter, voilà que le flying Dutchman arrêté derrière nous en occupant la place d’une péniche nous fait signe qu’il va bouger, nous étions déjà occupés à commenter notre amour pour nos voisins envahisseurs du nord, là où poussent les tulipes et le gouda. A mon avis, il devait être au magasin en même temps que nous et il a du entendre mes commentaires sur son comportement et celui de la plupart de ses compatriotes. Il bouge donc son paquebot et je donne un coup de main à nos compatriotes pour amarrer leur bateau.

Le patron me raconte qu’il a des problèmes de surchauffe moteur, un sortilège anti Belges ? Non, lui aussi a avalé de la soupe et il a même fait sortir son bateau de l’eau, dont coût de 350 euros. Mais le problème continue. Pendant que je me prépare à démonter mes filtres et ma pompe bâbord, il démonte la sienne et vient m’annoncer qu’elle était fêlée, ce qui est la cause de ses soucis.

Moi, je commence à démonter et à ranger mes pièces pour ne pas les voir tomber à fond de cale. La pompe n’a rien, elle est comme neuve, mais elle n’a plus de joint, heureusement j’en ai. Comme la pompe est intacte, je tire la conclusion que le problème se situe avant et je me prépare à démonter la durite d’arrivée d’eau. Quelle surprise lorsque je pose ma clé de 8 sur le collier, de voir celui-ci tourner sur lui-même !

Encore un coup des ouvriers espagnols de Tarragone, le collier n’était simplement pas serré. Pourquoi faire puisque la durite tenait toute seule ! En plus il fait si chaud qu’il ne faut pas forcer, ce n’est pas bon pour la santé.

Bref, je remonte tout, avec un nouveau joint, je teste. Ok, tout est en ordre !

Terminé pour ce jour.S7304516redS7304519redS7304520redS7304521redS7304522redS7304523redS7304525redS7304527redS7304531redS7304532redS7304535redS7304538redS7304539redS7304541redS7304540red

07:35 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tunnel, plaisance, paquita, fouge, canal de la meuse | | |  Facebook | |  Imprimer |

09/06/2010

25 mai 2010

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Ce matin on quitte Charmes pour la dernière partie du canal de la Saône avant d’aborder un bout de Moselle jusqu’à Toul, puis un bout du canal de la Marne au Rhin et enfin le canal de la Meuse, autrefois appelé « canal de l’est branche nord ».

La routine des écluses successives s’installe à nouveau, avec un Suédois derrière nous, son bateau à le même âge que le nôtre et il est heureux de voir un « Storebro » sur les eaux intérieures. Son bateau ne marche pas vite et nous les attendons aux premières écluses, ensuite il accélère et nous feront trente écluses dans la journée.

A la première écluse géante, 7,5 mètres de chute, l’amarre arrière se coince dans une fissure et je me résouds à la couper, quand Christine se propose de grimper à l’échelle et d’aller la décoincer. Je ne peux pas bouger du bateau et elle grimpe, elle qui a le vertige, elle me lance l’amarre et redescend, mais le bateau s’est écarté et je le ramène au moteur contre la paroi du bajoyer, je guide le pied de Christine sur le pont et la voilà à bord. Elle me raconte que vu d’en haut, le bateau lui a semblé si petit qu’à la descente elle me demandait de lui parler, ce que je n’entendais pas puisque j’étais aux commandes pour coller le bateau elle à vaincu sa peur, chapeau!

On continue, mais voilà que le soir tombe et il nous faut trouver un endroit pour nous reposer, un premier essai le long de la berge se révèle trop dangereux, et nous nous retrouvons aux portes de Toul, amarrés à un quai sablier, avec comme compagnie, nos Suédois, une excavatrice et un bobcat.

Au loin l’orage gronde et les avions de chasse rugissent. Ou le contraire…

Il faut dormir, la fatigue nous submerge comme une vague géante. Nous sommes avalés par la nuit.

Demain il faudra sortir la tête des rêves pour continuer.


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20:19 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

24 mai 2010

 

Nous avons passé une bonne nuit à l’orée de cette forêt, même si j’ai quelque peu angoissé à l’idée que le bateau était posé sur la quille, il faut dire qu’il y avait peu de mouillage à cet endroit. Dès 0830 je branche la batterie et je démarre les deux Volvos. Je débarque, détache les amarres et je déborde avec l’aide d’une gaffe.

Docile, Paquita s’écarte doucement et s’immobilise le nez au vent, comme si elle voulait sentir l’air de ce matin calme avant de se décider à avancer.

Christine arrange les pare battages le long de la coque et en avant lente. Nous nous présentons à la première écluse à 0850 bientôt rejoints par un oldtimer à voile Danois. Ils ont à bord un terre-neuve tout rasé et bouclé, il me fait penser au gros wahouh comme j’appelle Zultan le terre-neuve de mes parents.

Les danois vont nous accompagner dans cette fastidieuse échelle de 14 écluses. Nous croisons un 38 mètres français avec à la barre une patronne pas très avenante, qui nous fait tout de même un signe, son portable collé à l’oreille.

Nous perfectionnons notre technique, nous sommes avalants cette fois, j’entre dans les sas sans utiliser la barre, uniquement en travaillant sur les moteurs et les embrayages, j’arrive neuf fois sur dix à placer Christine exactement au bollard qu’elle a choisi. Au sortir du sas, même chose, je sors sans la barre, en jouant uniquement sur les moteurs et surtout en mettant les gaz, car c’est la vitesse qui donne la vie au bateau.

Une écluse est en panne, coup de fil à l’agent régulateur et 10 minutes plus tard, un agent est là pour dépanner, le bateau danois est toujours derrière nous, pas pour longtemps, car au bout d’un moment il nous laisse filer, il s’arrête le long d’un ponton équipé qui se trouve le long d’une aire pour camping-cars.

L’écluse suivante est aussi défectueuse, l’agent nous suit, on parle ensemble, il connait Germain et regrette le temps où il y avait des gens comme Germain et Monique, des gens qui comprenaient les problèmes techniques, il m’explique que le 38 mètres rencontré ce matin a fait scandale parce-que les agents n’étaient pas aux écluses pour les préparer afin de ne pas leur faire perdre de temps. Ben tient, si on appliquait les mêmes règles imaginaires au transport routier, il faudrait équiper les poids-lourds de feux de priorité de sirènes. Soyons sérieux tout de même !

Ce bateau possède une priorité de passage aux écluses, c’est exact, mais la télécommande ne distingue pas les uns des autres. Lorsqu’on sait que pour les trente écluses il ne reste plus que six agents, soit deux dans chaque sens et les autres en congé, il est difficile de faire mieux que ce qu’ils font déjà ! La patronne au portable à houspillé le personnel de dépannage, téléphoné au régulateur, à l’ingénieur responsable pour obtenir que toutes les écluses soient préparées sur son passage.

Je le disais, il n’y a pas que des gens sympa sur la voie d’eau, mais deux 38 mètres pas sympa en deux jours ça fait grimper les statistiques tout de même.

Quelle triste situation, je pense que vouloir appliquer au transport fluvial des règles de rapidité comme on les applique sur la route est un stupidité, des délais bien sûr, mais raisonnables et adaptés au système de transport, il faut quinze minutes pour franchir une écluse, quelque soit le type de bateau, alors il faut en tenir compte dans ces délais.

Nous sommes en sympathie avec les agents, car j’ai l’impression qu’ils veulent nous aider ce soir, après avoir dépassé un bateau de location qui a bloqué un sas, l’agent va nous précéder six écluses durant pour nous permettre d’atteindre un port confortable, celui de Charmes où nous stationnons juste à l’aval du pont routier. Coût : 7€ pour la nuit, électricité et eau compris les douches sont à jetons et nous n’en n’avons pas, en plus, stationnés trop loin du point d’eau, impossible de remplir les réservoirs. On se paie le luxe d’une pizza et on s’endort dans la chaleur résiduelle des moteurs.S7304483redS7304484redS7304485redS7304486redS7304487redS7304488red

19:23 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

08/06/2010

23 mai 2010

   Ce matin, debout à 0800, petit déjeuner et le rituel du branchement de la batterie avec la clé de 13. Avant de tourner la clef de contact il y a toujours un petit pincement au cœur, un peu d’inquiétude tout de même, mais les moteurs démarrent gentiment dans un ronronnement de gros chats. Départ en douceur et de suite on attaque de suite les écluses.

Le paysage est magnifique mais il faut bien avouer que nous n’avons guère le temps de le contempler car avec une écluse tous les huit cent mètres en moyenne ça ne donne pas beaucoup de temps pour bailler aux corneilles ou pour rêver au décor.

Après avoir passé la première écluse, un agent de VNF nous précède au pont tournant de Thunimont, qui est manœuvré manuellement par un homme seul qui le pousse. Ce pont est posé sur des roulettes en acier placées de part et d’autre de son axe de pivotement, il date de 1880 et fonctionne toujours. Il possède quatre frères en France, mesure 13,35 mètres de long pour 4 mètres de large et un poids de 15 tonnes. Un monument historique qui sera poussé pour nous par l’agent de VNF.

Petite parenthèse sur cet accompagnement et sur l’organisation sans faille de ce service public. A Corre, j’ai signalé que nous naviguions selon l’horaire, à savoir de neuf à dix-huit heures.

L’éclusier de Corre à tout de suite calculé que nous n’irions pas au-delà de l’écluse 25 et c’est ce que nous avons fait.

Ce matin, un agent nous attendait à la sortie de l’écluse suivante et nous a accompagné jusqu’au pont où nous n’avons pas attendu. A l’écluse suivant, l’agent est là pour préparer l’écluse. Et tout ça dans la bonne humeur et un amour visible et palpable du métier. Nous en tout cas on leur tire notre chapeau

Une écluse passé et de suite, la suivante se profile à l’horizon et quand je dit « horizon », croyez bien que je ne lève pas les yeux bien loin, car ici l’horizon est de quelques centaines de mètres.

Jusqu’à la 12 on utilise la télécommande, mais au-delà, une affichette nous apprend qu’elles sont automatiques jusqu’à la 9 ce qui veut dire qu’une fois la première enclenchée, on est condamnés à franchir les autres dans la foulée. Pas question de baguenauder ici.

Arrivés sans encombre à l’écluse numéro 8 où une jeune employée de VNF nous attend. On se demande pourquoi puisque le guide fluvial nous indique que les sas sont automatisés.

Que nenni, elles sont manuelles, ce qui veut dire que la jeune femme va devoir préparer l’écluse, exécuter la bassinée, refermer les portes pendant que nous avançons vers la suivante, remonter dans sa voiture et aller préparer la suivante.

L’ouverture des portes et des vantelles étant entièrement manuelle comme il y a cinquante ans et plus.

Mais, nous assure t’elle, elles seront automatiques dès l’an prochain.

C’est tant mieux car nous nous sentons mal à l’aise de voir quelqu’un travailler aussi dur pour notre plaisir. Un peu plus loin, je sortirai même du bateau pour l’aider à débloquer une porte. Et elle souri, incroyable, quand je pense à la postière de ma commune qui ne daigne sourire que lorsqu’elle se pince le doigt dans une porte tant son travail lui semble pénible.

Mais les fluviacartes sont exactes, du moins pour la prochaine édition, nous remarquerons que ces ouvrages sont entachés d’erreurs tout au long de notre périple.

La jeune femme nous fait ses adieux et nous terminons seuls les deux dernières écluses vraiment automatisées celles-ci.

Il nous faut trouver un refuge pour la nuit et ce dans le bief de partage que nous abordons, pas question de faire les 14 écluses sur 4 km qui nous séparent de la ville d’Epinal. Il existe deux pontons dans ce bief, le premier est occupé par un Belge, le second par un Danois. Pas de chance. En avançant, je vois une échancrure dans la berge, un petit élargissement, je coupe les gaz, débraye les arbres d’hélices et je me laisse glisser vers la rive, lorsque j’estime être assez près pour ne pas tomber à l’eau, je saute sur la berge avec une amarre et je bloque le bateau.

Sans trop tirer à cause des cailloux, je vais passer l’amarre autour d’un arbre (on ne peut pas, mais tant pis, je n’ai pas de piquets, ni de grappin) un tour mort et deux demi-clefs, ça ne lâche jamais a dit Pierre-Yves, on verra ça à l’autopsie.

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Je coupe les moteurs, après avoir répondu par la négative à un plaisancier Britannique qui me demandait si j’avais un souci. Bien ça !

Demain il me faudra à nouveau retendre les courroies du moteur tribord, mais pas ce soir, il fait chaud et les moteurs sont à 80°C.

Un peu de calme un verre et on verra demain.

Sauf qu’en voulant remonter dans la timonerie, je me tape la tête dans le couvercle de l’écoutille du carré et que je suis sonné, un peu de sang, mais rien de grave, Christine dit que c’est juste éraflé et si Christine le dit… N’empêche qu’il y a une belle bosse !

Je reste assis sur la banquette à me laisser aller à rêver de cet endroit et de notre premier mouillage forain, au loin, les bruits de véhicules n’arrivent pas à troubler les coucous et autres piverts, nous sommes en forêt et sur un bateau pour la seconde fois et c’est merveilleux, même avec un crâne qui enfle.

Je laisse mon regard se perdre dans le feuillage d'un grand arbre.

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21:13 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

22 mai 2010

Ce matin, ce qui devait arriver est arrivé, l’ordinateur s’est planté, mais alors là bien ! Pas de solution sauf le « rebooter » avec le disque de sauvegarde que je n’ai pas avec moi, bien sûr !

Je pense  que le programme de navigation a causé un bug dans vista.

 

Partis du port de Corre ce matin vers neuf heures, nous nous sommes présentés à la première écluse, où un agent de VNF nous a aimablement accueilli et nous a remis une télécommande.

Appareil frustrant pour les « zappeurs » invétérés, car il ne comporte qu’un bouton.

Le principe : à l’approche d’une écluse, il faut repérer le panneau indiquant l’emplacement du récepteur, appelé improprement « radar » et arrivé à sa hauteur pousser sur le bouton vert de la télécommande pour vous enregistrer.

Dès que le feu d’entrée de l’écluse passe au vert, il suffit d’entrer, de s’amarrer et de pousser vers le haut la perche bleue pour enclencher le cycle.

Facile sauf lorsqu’on confond le « radar » de sortie avec celui d’entrée de l’écluse suivante. Nous on la fait et un agent de VNF est venu tout sourire pour réparer nos bêtises.

On a promis de bien s’appliquer et on ne s’est plus trompé durant le reste du voyage et ses plus de 150 écluses.

Mais bon, pour l'heure, nous abordons le canal de l'est, branche sud, maintenant appelé Canal de la Saône.

 

Nous croisons beaucoup de bateaux hollandais, ils vont vite, certainement plus vite que les 8 km/h autorisés, certains font un signe et d’autre pas. On croise même un 38 mètres chargé et… Hollandais. Je me laisse aller tout contre la berge car il n’y a pas beaucoup de place et je désire montrer que je lui laisse le passage. Pour me remercier, la matrone qui pilote le bateau, relance son moteur à fond avant de nous avoir croisé, elle fait remonter plein de boue vers le haut, et secoue notre bateau comme un bouchon. Une chance que les défenses sont bien à poste, sinon on tapait la coque sur les cailloux.

Comme quoi il n’y a pas que des gens sympathiques sur l’eau !

Nous repartons dans un paysage magnifique, nous nous promenons dans une forêt, pas sur un chemin, mais avec un bateau sur un canal. Les écluses se succèdent, à chaque virage, un nouveau tableau, les sous-bois éclairés par le soleil, le ronron sourd des moteurs donne écho aux chants d’oiseaux, c’est magique nous avons l’impression d’être seuls sur la planète.

Parfois, un village est traversé. Dans l’un d’eux, une passerelle piétonne est en construction et une allonge électrique fait une sorte de boucle en-dessous. J’y vais piano, les mains sur les embrayages, Christine déborde le câble, mais voilà qu’au moment où on pense être hors d’atteinte, que le câble se déroule et menace de se prendre dans le mât et les antennes.

Réaction immédiate, couper les gaz, placer les commandes au neutral, basculer en arrière et donner des gaz pour stopper le bateau.

Christine écarte le câble et on repart.

On passe les écluses de mieux en mieux, grâce à un travail d’équipe qui doucement se rode, Christine place directement ses amarres, et moi j’amène le mieux possible le bateau à l’aplomb du bollard qu’elle choisi.

Et pourtant, ce n’est facile pour aucun de nous deux, elle doit passer l’amarre autour d’un bollard qu’elle ne voit pas bien puisqu’il se trouve au-dessus d’elle, elle doit donc grimper sur le toit du carré, voir de la timonerie et à l’aide de la gaffe, passer le cordage autour de ce sacré bollard. Que ceux qui sourient en coin se rassurent, nous pouvons les mettre à l’épreuve quand ils le désirent, rira bien qui rira le dernier !

Pour moi, c’est une autre histoire, il faut amener le bateau au bon endroit et assez près du bajoyer pour que Christine n’aie pas à allonger exagérément les bras pour faire sa manœuvre et Paquita est très sensible au vent qui s’engouffre dans les sas vides, peut être une manière pour elle de me faire comprendre qu’elle est de la mer et pas de l’eau douce.

Il faut jouer avec le bateau, les moteurs, le vent et le courant engendré par l’eau qui s’écoule des fuites dans les portes amont. Pas simple, mais je commence vraiment à anticiper ses réactions, elle n’arrive presque plus à me piéger, sauf lorsqu’elle veut montrer qu’elle reste maîtresse du jeu. Réaction très féminine à laquelle je réponds avec diplomatie en la laissant aller un peu avant de reprendre les commandes et d’imposer mon point de vue. Non ce n’est pas une réaction de « macho », c’est une démonstration d’efficacité, rien de plus !!!

 

Nous nous arrêtons péniblement en pleine nature, amarrés à la rive d’une aire de pique-nique. Le vent se joue de nous, comme un enfant qui prend son bain avec ses canards en plastique, il souffle sur nous dès que j’approche de la rive, il faut reculer, pousser les moteurs, je m’énerve, ça ne marche pas bien !

Mais soudain, comme dit Germain, je comprends que je dois jouer aussi avec lui, je recommence ma manœuvre, une fois au bord, on débarque, amarres en mains, et là, le vent s’arrête, il a perdu et ça ne l’amuse plus, il s’en va jouer ailleurs, peut-être avec un autre bateau ou un cerf-volant.

Je regarde Paquita de la rive, c’est vrai qu’il y a du travail pour la remettre en état, mais déjà comme ça, je trouve qu’elle a déjà belle allure.

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A la soirée, j’allume un feu dans le barbecue en pierre et nous devisons éclairés seulement par les flammes, moment de calme dommage que je n’aie pas de grille et de viande. Pas de marshmallows à griller pour Christine, quel dommage pour elle, pas pour moi.

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21:02 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

21 mai 2010 De Savoyeux à Corre

Réveil à six heures, et départ à sept heures trente, manœuvre sans problèmes, on sent le métier qui entre, je joue des deux moteurs pour sortir de mon trou et prendre le canal.

Il n’y a que nous dans cet air frais, le jour est à peine levé et une brume fantomatique stagne sur l’eau, comme je navigue vers l’est, le soleil commence à jouer avec l’eau et la brume et mis à part le ronronnement des moteurs et le bruit de la coque de Paquita qui fend l’eau, il n’y a rien pour troubler la quiétude de la rivière. Le monde est sans humains, mis à part nous. L’odeur de la terre qui s’éveille nous rappelle que nous ne sommes pas des gens de l’eau mais des terriens perdus dans un monde nouveau. Les hérons nous laissent approcher pour s’envoler avec des élans de ptérodactyles dans l’air lourd d’humidité. L’eau n’est même pas troublée devant l’étrave, nous sommes sur un lac vaporeux qui nous aspire vers le futur.

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Au bout de quelques kilomètres, la première écluse automatique nous rappelle que nous sommes bien dans un monde où l’homme n’a plus beaucoup de place, ici, il y a quelques années, il y avait une famille, un homme qui chaque jour manœuvrait son écluse, faisait vivre sa famille au gré des bassinées. Maintenant, il y a un câble en travers de la rivière, avec un gros interrupteur sous lequel pend une sorte de tuyau d’arrosage qu’il convient de faire tourner d’un quart de tour pour déclencher la bassinée. Ensuite il faut entrer dans l’écluse, s’y amarrer et lever un levier de couleur bleue pour terminer le processus. Pas très humain tout ça ! Et combien d’emplois perdus ?

 

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La journée se passe en alternances de navigation et passages d’écluses, je me prends au jeu et  je dirige mon bateau sans l’aide de la barre, uniquement à l’aide des deux moteurs. Bref, je joue avec le bateau et j’apprends à connaître ses réactions. J'ai bien assimilé que le mieux est d'entrer avec de la vitesse pour ensuite casser son erre en battant en arrière et pour sortir, ne pas toucher à la barre, mais utiliser la puissance et l'équilibre entre les deux moteurs pour diriger.

Les paysages se succèdent, bientôt nous arrivons dans un pays qui ressemble à nos Ardennes, avec une rivière qui se rétrécis, semble parfois vouloir nous avaler, on a soudain l’impression de remonter à la source, que soudain nous n’allons plus avoir devant nous qu’un simple ruisseau avec un panneau « fin de parcourt ». Mais à chaque fois, la rivière s’ouvre à nouveau pour nous prendre en elle et nous faire monter plus haut.

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Et encore un tunnel en vue

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Nous décidons de pousser jusqu’à Corre, où se trouve un nouveau port de plaisance. Je téléphone au capitaine du port, qui avec un délicieux accent un peu suisse, me souhaite la bienvenue et m’indique la marche à suivre. Christine me montre une photo du port où je ne vois que des pieux, sorte de forêt de ducs d’albe. Je ne veux rien savoir.

 

Mais à l’arrivé, la forêt existe bel et bien et il va me falloir entrer en marche arrière entre ces grands poteaux métalliques. Je tente ma chance, et je réussi presque, quoique j’ai mal évalué la force du vent et le fait que Paquita « farde » beaucoup (je parle de la prise au vent de la coque et non pas de classeurs, les esprits ouverts auront compris, les autres ont un dictionnaire). Je recommence ma manœuvre, et le capitaine du port, qui est un homme aimable et d’expérience, me tire de ce mauvais pas en agrippant l’amarre arrière de Paquita et en l’empêchant de bouger. Le métier doit rentrer et personne n’a dit que c’était facile.

 

 

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Une fois amarré, nous allons faire un tour à l’écomarché du coin pour y trouver de quoi souper. Au retour, je vais prendre une douche dans des installations d’une propreté et d’un luxe à envier. Ensuite, je prépare une sauce bolognaise à ma manière et nous faisons un délicieux repas.Demain on peut se lever tard, car les écluses n’ouvrent qu’à neuf heures et il faut aller chercher la télécommande ici, plus de tuyau d’arrosage, mais une zappette ! Vive la modernité et vive dodo !

 

A demain !

 

20:47 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

20 mai 2010

Ce matin, nous partons à l’aise, les batteries sont chargées et les moteurs démarrent au quart de tour, sauf le bâbord qui est un peu capricieux quoiqu’il fasse un peu moins de bruit que son jumeau. Mais il ne faut pas les contrarier, ils ont leur propre vie.

 

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Le journée se passe doucement, le paysage change lentement, comme si quelque part, on voulait nous préparer à accepter de n’avoir plus de grandes largeurs à partager.

 

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Arrivé à Saint-Jean de Losne, nous voulons faire le plein et en me basant sur le guide de fluvial, je me dirige dans le port et j’en fais le tour pour ne voir aucune pompe. Alors, je sors et je vois un plaisance français qui s’avance lentement vers un ponton occupé par l’allemand qui nous a précédé hier, celui qui connait tout et qui nous a bloqué dans une écluse parce qu’il ne voulait pas s’amarrer.

Ici, comme il est en pays conquis, il stationne tout simplement au quai de l’avitailleur, un peu comme si vous alliez planter votre tente dans une station service. Où il y a de la gêne il n’y a pas de plaisir et celui-ci je vous assure qu’il prend son pied !!!

Je décide de continuer et de faire le plein à Savoyeux, juste après la sortie du tunnel du même nom.

 

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Le machin blanc est le poste de contrôle de l'écluse régulant l'entrée du canal de la Saône au Rhin.

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En gros plan. Bizarre hein!

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Petite leçon pratique au sujet du fonctionnement des écluses automatiques à commande par perche.

D'abord, approcher lentement de telle manière que votre équipier (ère) puisse attrapper la perche constituée d'une sorte de tuyau d'arrosage, ce qui est mieux que le bois ou le métal lorsque la distraction vous le fair prendre en pleine poire.

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On fait tourner la perche d'un quart de tour dans le sens anti-horlogique.

Le feu est rouge, faut attendre.

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Rouge vert, on peut avancer lentement, il va passer au vert mais il ne faut ps entrer dans le sas tant que le feu n'est pas vert.

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A l’écluse qui précède le tunnel, nous causons avec l’agent de VNF, qui est un vrai éclusier, une espèce en voie de disparition, qui de plus habite encore la maison éclusière, une sorte d’écomusée en vrai. Il nous parle de la grande distribution et de cette chaine de magasins belges, qui s’appelle "Colruypt", je traduis instantanément par « Colruyt » vous l’aurez compris vous qui êtes Belges. Il nous parle d’un magasin très propre et pas cher, qui a un concept de caisses un peu bizarre. Bizarre Colruyt ? Tout ça parce qu’ils transfèrent le contenu de votre charriot dans un autre qui est vide et qu’il n’y a pas de caisses ? Ben oui, c'est une histoire belge, mais vous verrez que dans quelques années on trouvera des magasins sans caisse un peu partout, pour réduire les coûts.

Nous y sommes tellement habitués que ce concept ne nous étonne plus et que nous sommes étonnés que d’autres soient étonnés par cette manière de faire. C’est un peu brumeux comme explication mais je ne peux que conseiller à ceux qui n’ont pas compris de bien relire, lentement ou de passer plus loin.

Bref, il nous garde gentiment dans l’écluse, histoire de ne pas aller faire le bouchon devant le feu rouge du tunnel qui annonce des bateaux arrivant en face. Un mec sympa comme tous les agents de VNF que nous avons rencontré d'ailleurs!

Mais parlons un peu du tunnel, quelle idée de faire passer les bateaux dans un tunnel, c’est un peu comme des trains sous la mer, idée saugrenue vous en conviendrez avec moi.

 

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L’entrée est vraiment très étroite, il reste un mètre de chaque côté. Facile me direz vous, ben sûr, c’est facile devant son écran d’ordinateur, mais venez-y avec Paquita qui parfois n’en fait qu’à sa tête. Il faudra tout de même que je parle de la manière dont réagit la gente féminine pour que tout le monde comprenne que Paquita est vraiment une vedette, donc féminine. Mais ce sera pour plus tard.

 

Nous voilà donc devant le feu vert et je m’engage à 1200 tours à la vitesse de six km à l’heure.

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Pas vite, mais si vous prenez ma place vous rirez moins je vous l’assure. 630 mètres à ne pas pouvoir bouger d’un poil, avec une blonde qui photographie à tout va sur le pont, sur les plats bords et qui rentre toute excitée de ce qu’elle vient de voir en vous faisant les commentaires. Pas facile je vous le jure.

Au bout du tunnel, à gauche, le port, que je rate à cause de saint GPS qui ne supporte pas les tunnels. Demi-tour malgré l’avis de Christine qui voudrait que je refasse les cinq cent mètres en marche arrière, ben voyons !!!

Arrivée au port, et je me gare en marche arrière, impeccable !

 

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On fait le plein, 338 litres pour 45 heures de navigation dont plus de dix à 13 litres à l’heure à cause du Rhône.  Moyenne plus que satisfaisante de moins de six litres.

Petite soupe, douche et dodo, fin de jour. A demain.








19:47 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

20/05/2010

19 mai 2010

Ce matin, on se lève de bonne heure, six heures, pour allonger les heures de navigation, je fais le café, me rase, ensuite rituel de branchement des batteries, je tourne la clé de contact du moteur tribord et… rien. Je me dis que c’est encore une démonstration de la grande loi de la frustration universelle, mais il n’en n’est rien, car le moteur bâbord refuse aussi. Mais j’ai mon arme secrète, la grosse batterie de réserve on va voir ce qu’on va voir !

Je branche, je tourne la clé et même chose. Je me prends alors à bien examiner en détail mes deux batteries principales, celle bâbord est bien connectée et les bornes sont exemptes de sels d’oxydation. Par contre, la batterie tribord est mal foutue, avec deux énormes câbles sur la borne négative et le câble positif corrodé et mâchouillé comme un vieux cigare. J’essaye de les démonter et ça résiste, en plus je suis mal mis pour travailler, mes lunettes glissent sur mon nez et je n’y vois plus rien, en plus je suis à genou sur les escaliers du carré, penché en avant dans le compartiment moteur avec les côtes sciées par le bord supérieur de l’escalier.

Pas le pied je vous assure.

En plus, ce salaud d’alternateur tribord s’est desserré et donc il ne charge plus. Je m’occupe de débrancher la batterie et de la sortir de son logement, 150 ampères, un poids de fou ce truc là et à bout de bras en plus.

 Je la sors dehors avec l’aide de Christine et je casse les deux cosses de batterie puisqu’elles ne veulent pas venir je suis pas du genre à me laisser emm. par un morceau de ferraille! Je place la batterie de réserve et je rebranche les cochonneries des ouvriers espagnols. Pour ce faire, je dois couper la partie pourrie du câble positif, dénuder et poncer un nouveau tronçon et le placer dans la cosse neuve que j’ai eu la présence d’esprit de prendre avec moi. Ensuite au tour de la cosse négative avec ses deux énormes câbles qu’il faut glisser dans une cosse prévue pour un seul. Au bout de vingt minutes, c’est chose faite, ne reste plus qu’à retendre les courroies. Je m’y applique, positionne mon levier à talon pour pousser l’alternateur à fond de tension et je commence à serrer l’écrou lorsque le levier qui n'attendait que ça glisse, il l’a fait exprès je le sais et je me retrouve basculé tête en avant sur le moteur. C’est dur un Volvo Penta je le jure, d’ailleurs, ça saigne, pas le moteur, ma tête. Mais les courroies sont tendues. Victoire ! Je tourne à nouveau les clés et cette fois, ça démarre au quart de tour. Je vais donc devoir tout refaire sur ce bateau!

On range tout et à dix heures, nous sommes partis pour huit heures de navigation sans problèmes, sauf à Auxonne où se trouve notre première écluse automatique.

Devant nous un luxemotor Suisse, méfiez-vous des Suisses !!!

Il s’arrête et ne bouge plus. Je dis à mon mousse blond que l’écluse doit être en panne, et pendant que nous faisons le bouchon devant l’écluse, les agents de VNF viennent réparer.

Au bout d’une heure, on peut passer devant un anglais sur un bateau de location, qui ne comprend pas qu’il doit se placer derrière moi pour lever la tige bleue qui déclenchera le mécanisme d’éclusage. Il se met en travers, manque de me rentrer dedans à un tel point que je me demande si je ne vais pas le couler de suite pour être tranquille. C'est vrai qu'on à l'air con vu de l'extérieur lorsqu'on rate sa manoeuvre, mais je ne vais pas lui jeter la pierre hein!

Tout d'un coup, un sursaut lui fait comprendre qu’il doit monter à l’échelle, faire le tour de l’écluse pour actionner la chevillette, en plus c'est pas compliqué, c'est écrit dessus. Enfin l’écluse fonctionne, et une fois le cycle terminé, nous plantons là cet anglais pour aller nous réfugier au port d’Auxonne pour la nuit.

Nous appontons (action d’apponter…) comme des vrais pros et une fois Paquita amarrée, je vais voir à l’accueil pour obtenir du courant, je paie par carte à l’automate, en suivant les instructions de l’aimable dame de l’office du tourisme. Nous sommes assurés de l’électricité cette nuit, cela veut dire chauffage et batteries chargées.

Je suis crevé et une fois le repas avalé, je vais me coucher.

Alors, pour ce soir, dodo. A demain.

21:42 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

18 mai 2010

Le réveil nous cueille à six heures et nous nous réveillons, je ne sais pas si c’est comme les cailloux, mais on se réveille.

 

Petit déjeuner rapide comme d'hab, rangement, j’allume l’ordinateur et son GPS, ensuite le GPS du bord et la radio de bord, je tourne la clé de contact du moteur tribord (nous sommes sur un navire pas sur un bateau, ne pas l’oublier) et…Rien !

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Je branche la batterie de secours. Toujours rien ! je coupe le circuit et je le réenclenche et enfin le moteur démarre. Caprice ? Pas en mécanique, mais je suis trop occupé pour réfléchir plus avant. Germain était là tout à l’heure, sur son vélo et puis il a disparu, j’aurais aimé lui dire au revoir et savoir qu’il regardait ma manœuvre.

Je vais frapper à la porte de la timonerie de « Marvin » et je réveille Jean-Louis qui me débranche l’électricité, et moi, dans l'excitation du moment j’ai oublié de lui demander combien je lui devais. Il s’habille en vitesse et vient me donner un coup de main pour larguer. Je suis triste de quitter tous ces gens gentils qui nous ont ouvert leur vie et offert leur amitié sans réserve, comme ça, parce que c’est ainsi que l’on vit sur l’eau.

Je resterai en contact avec eux.

J’exécute mon appareillage sans problème en jouant avec mes moteurs, sans barre et nous voici partis. Je passe la barre à Christine qui sent facilement le comportement parfois un peu rebelle de Paquita, mais ici elle ne se rebelle pas. A mon avis, la Suédoise doit être blonde, comme toutes les Suédoises et entre blondes hein…

Arrive le moment de la première écluse. Je n’ai aucune appréhension pour y entrer, grâce à Germain qui m’a rendu confiance, mais il en va différemment de mon mousse. Je lui explique la manœuvre et tout se passe bien, j’arrête Paquita pile à la hauteur du bollard et Christine attrape celui-ci du premier coup. Mais l’éclusier nous demande d’avancer car un autre bateau entre avec nous. On recommence, comme des pros et arrive le bateau, un monstre de 110 mètres qui fait des croisières. Il s’appelle « Camargue » et en le voyant entrer, j’espère qu’il a été à l’entretien et  que ses plaquettes de freins sont bonnes sinon...

Concentrée! elle est concentrée!

 

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Elles le sont car il s’arrête derrière nous. Sympathique l’éclusier, car les transports de passagers ont priorité sur nous. La bassinée se passe bien, je sors de l’écluse et je me range sur le côté pour laisser passer le monstre sans être remercié de mon geste par ailleurs.

 

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Par contre je remercie l’éclusier pour son bon accueil ce qui ne doit pas lui arriver tous les jours je suppose et il me souhaite bonne route en retour.

 

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Châlon sur Saône que nous contournons par la dérivation pour ne pas perdre de temps. Convoyer n'est pas flâner!

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Sortie de la dérivation.

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BaCyRouge et TriCoVert!

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Désiré, avalant. A plus tard, sait-on jamais?

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Nous naviguons à l’aise, de temps à autre je passe la barre au mousse (vous avez essayé de le dire au féminin ?).

Seconde écluse et là Camargue est devant nous. On passe l’écluse comme la première, sans difficultés. Mais il faut s’arrêter et je choisi une halte où d’après le guide, l’eau et l’électricité sont gratuites. Il y a déjà du monde, et je rate mon approche. J’ai retenu les leçons de Germain, mais ici il n’y a pas de courant et le bateau ne dérive pas. Je fais comme il m’a dit, je recommence ma manœuvre et cette fois, pile poil au quai.

 

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Mais pas de courant ni d’eau, merci au guide fluvial pour les renseignements pas vérifiés !

En tout cas, un bateau de location est stoppé et nous ne comprenons pas pourquoi, la fatigue sans doute, je leur ai fait signe pour savoir s’ils voulaient s’amarrer et ils ont répondus par l’affirmative.

Ce n’est que lorsque nous voyons nos voisins Britanniques se déborder que nous comprenons qu’ils sont échoués, avec 40 cm de tirant d’eau, faut vraiment être c.. pour aller se planter là. En plus, ils n’ont pas la radio, fatal il faut une licence et ils n’en n’ont pas, ils n’ont même pas de radio d’ailleurs. Je trouve criminel d’envoyer des gens sans connaissances aucune et sans moyens de communication. Moi, je ne peux même pas les aider avec mes deux moteurs de 150 cv à cause de mon tirant d’eau de près d’un mètre en eau douce.

Et cela fait douze heures de navigation et je suis fatigué, tant pis, je débranche tout sauf la pompe du surpresseur, petit repas et à 21h00 je vais dormir comme un loir (au moins eux je sais qu’ils dorment !).

20:58 Écrit par alaro11 dans Général, Loisirs, Navigation | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

15 16 et 17 mai 2010 en attente à Villefranche sur Saône

Ce matin, Germain est venu me chercher afin que je puisse mettre à jour mon blog en me connectant sur son réseau. Il a une jolie maison, toute proprette avec un joli jardin d’agrément. Après quelques difficultés, j’ai pu me connecter envoyer mon article, répondre à Christine et placer un autre article sur le site bord à bord. Ensuite il m’a conduit au supermarché, m’attendant patiemment dans sa voiture. Une fois rentré, j’ai rangé les achats dans la cambuse et j’ai installé le drapeau breton sur le côté bâbord de mon mât.

Ensuite, un peu de farniente, sans le soleil et sans cigales, simplement avec le chauffage d’appoint.

16 mai

Ben je m’étais trompé, il fait plus chaud et j’ai eu droit à un peu de soleil et pas de farniente, j’ai fixé mes deux taquets chromés à l’arrière du bateau afin de faciliter les manœuvres d’amarrage dans les écluses ensuite il m’a pris l’idée de démonter un morceau de la cloison de la salle d’eau pour voir pourquoi l’extracteur d’air ne fonctionnait pas. En fait il fonctionnait mais n’était plus alimenté j’ai placé une ligne provisoire. Il va falloir refaire certaines parties de l’installation d’origine et remplacer cet extracteur qui fait presque autant de bruit que les moteurs.

Germain est venu me voir aussi, pour prendre de mes nouvelles, simplement.

Il viendra me chercher demain pour me conduire à la gare et aller chercher Christine.

J’ai écrit un article sur bord à bord et le reste de la journée est passé rapidement. Je me suis fait un nouveau copain, un superbe cygne mâle, énorme, je lui donne à manger, il est resté aux abords du bateau. Le soir un DVD que m’a prêté Jean-Louis et vers 22h30 au dodo.

 

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17 mai

J’ai passé une bonne nuit, j’ai même eu trop chaud, bon signe. Petit déjeuner rapide et ensuite j’ai fait les lits et placé un verrou sur le couvercle de l’espace cuisson. Puis mon copain le cygne est venu me voir, je lui ai donné le reste de la baguette d’hier et quelques minutes plus tard, il est venu m’appeler à nouveau alors je lui ai donné le reste des biscottes ; Pour l’heure il fait sa toilette posé sur la pointe de la petite presqu’île à ma droite.

 

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C’est bientôt l’heure et Germain y est. Arrivé à la gare, j’achète les billets de train et à la question qui m’est posée de savoir si je prends le premier train, je réponds par l’affirmative. Le quai d’où part mon train est le quai un qui contre toute logique se trouve à l’opposé de la gare (dans les chemins de fer, le quai un est toujours le quai le plus proche de la gare sauf ici).

Je demande à un employé qui me confirme que c’est bien là et je monte dans le train qui est à l’heure. Arrive Lyon Vaise, puis Lyon Perrache puis… On sort de Lyon ! M… je vais voir l’accompagnatrice du train, je lui explique mon problème elle me répond que je suis dans un train pour Valence et que le bon train était à 13h09 et pas à 13h05.

Ben tiens voilà des trains qui arrivent à se suivre à quatre minutes ici, je lui explique que chez nous, le train de 13h05 arrive à 13h12 et que le train de 13h09 est passé à 13h10, donc dans ma logique d’utilisateur des transports de la SNCB, le premier devait-être le bon ! Ben c’est raté. Mais comme elle est sympa et que je l’ai fait rire, elle me fait une annotation sur mon billet et il ne me reste plus qu’à descendre à Vienne (en France hein pas en Autriche je vous imagine déjà en train de sourire bêtement) et ensuite prendre le train Marseille Lyon Part Dieu, ce que je fais avec une petite appréhension tout de même. J’arrive à la gare en même temps que le train de Christine qui n’arrivait pas à 15h21 mais à 15h01 (toujours le même souci de précision dans les renseignements donnés à la gare de Gembloux, ils ajoutent automatiquement vingt minutes de retard à tous les horaires, c’est plus facile ça doit être une déformation professionnelle).

 

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Enfin elle est là ma p’tite blonde. Je vais déposer sa valise à la consigne, à ne pas faire, c’est cher, et nous voilà partis chez carrefour pour y faire quelques emplettes. Ensuite nous retournons à Villefranche où Germain et son épouse Monique nous attendent pile devant la gare. Ils nous invitent gentiment à prendre un café et nous passons là un agréable moment à deviser. Monique rassure Christine à propos du passage des écluses, elle s’y fera vite. A voir la mine de mon mousse blond (ce qui ne peut absolument pas se mettre au féminin. Essayez !) je comprends qu’elle est septique. Et moi je ne sais pas encore qu'il nous faudra un certain temps de rôdage avant d'avoir une technique au point.

Nous rentrons à bord, nous nous installons et ensuite coucouche panier dodo tiroir ! (vieille expression familiale).

Nous dormons comme des cailloux, dixit Christine, je ne savais même pas que les cailloux dormaient, d’ailleurs comment fait-on la différence entre un caillou endormi et un caillou éveillé ? Quelqu'un connait?

20:50 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

15/05/2010

14 05 2010 direction Villefranche sur Saône via Lyon.


Lever un peu plus tardif aujourd’hui puisqu’il nous faut attendre huit heures avant d’aller nous présenter à la pompe à carburant.

Le capitaine du port arrive à l’heure convenue et on commence à remplir les réservoirs, elle boit encore et encore, à tribord comme à bâbord ce qui est inutile puisque les deux réservoirs sont interconnectés, mais ça je ne le sais pas encore. Au total elle va avaler 294 litres, ce qui me donne une consommation de 12 litres à l’heure pour les deux moteurs, compte tenu du courant de fou qui a sans arrêt tenté de nous repousser vers la mer, c’est raisonnable.

Je décide néanmoins de réduire un peu l’allure pour diminuer ma consommation.

Ensuite nous faisons nos adieux au capitaine du port et nous partons.

Le courant force un peu moins et le bateau avance à bonne vitesse ce qui me permet de laisser les moteurs tournrt cinq cent tours plus lentement.

Les écluses géantes se succèdent, et après nous avoir annoncé quinze minutes d’attente, l’écluse de Vaugris, connue aussi sous le nom de Pierre Bénite nous laisse bouchonner presque une heure en attendant un commerce et… Jupiter qui ne veut plus nous lâcher.

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C’était la dernière écluse du Rhône, Germain s’est fâché sur l’éclusier qui nous a laissé poireauter aussi longtemps.

Nous repartons vers Lyon, Jupiter derrière nous, quelques kilomètres plus loin c’est la Saône qui nous tend ses eaux et nous traversons Lyon en contournant la colline de Fourvière, le tout sous la pluie. Pas marrant, mais Lyon est une superbe ville.

 

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Le Rhône et la Saône

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Christine m’a téléphoné pour m’annoncer qu’elle viendra me rejoindre à Villefranche-sur-Saône pour terminer le voyage avec moi. Voilà la meilleure nouvelle qui soit. Simplement je vais perdre deux jours à attendre, mais c’est ainsi, cela fait partie de la navigation. La Saône est nettement plus calme et Paquita flirte avec les sept nœuds à 1800 tours.

Un peu avant d’arriver, Germain me propose de pousser les moteurs à fond, ce que je fais et aussitôt, le nez de Paquita pointe vers le ciel et sa vitesse grimpe jusqu’à 18 nœuds, c’est fabuleux, faudra que je montre ça à Christine.

Germain reprend la barre pour nous amarrer au 38 mètres de son copain Jean-Louis, bateau qu’il transforme en bateau logement. C'est un ancien commerce qui vient de Belgique sous sa devise d'origine: le Marvin.

 

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Je leur donne un coup de main pour bâcher le bateau, car Jean-Louis s’est ouvert méchamment le doigt avec un verre qui lui a explosé dans les mains à cause d’un coup de vapeur sortie du robinet d’eau chaude.

Il m’invite à prendre un verre et après avoir connecté Paquita à l’électricité, je vais le rejoindre, lui et son compère chaudronnier exceptionnel.

Nous passons la soirée ensemble, autour d’un verre et d’un repas improvisé d’une salade, une omelette et le reste de mes pâtes du jour précédent.

Nous avons pas mal de points communs, et il est Breton de Concarneau, ça ne s’invente pas ces choses là !

Retour à bord à une heure tardive pour passer une nuit au calme.




















15:10 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

13 Mai 2010


Le chauffage ayant donné toute la nuit, au matin nous nous réveillons dans une douce chaleur, sans humidité et nos vêtements sont secs. Que voilà un grand bonheur que l’on ne peut apprécier qu’après en avoir été privé. Petit déjeuner rapide et après avoir rangé le carré, nous nous préparons à appareiller.

Tout semble annoncer un excellent début de journée, je sors pour larguer les amarres et ranger les cordages et... Je rentre glacé par un mistral qui n’a rien du café chaud de Roland Marci (pour les amateurs de « plus belle la vie », clin d'oeil à Christine!).

Je passe un polar qui me sera bien utile tout au long de la journée, car une fois en route il n’y a plus de chauffage à bord.

La route se poursuit, à bonne vitesse, soit un peu plus de 8 Km/h avec des pointes à 12. Germain me montre comment augmenter la vitesse et diminuer la consommation de carburant en dirigeant le bateau vers les endroits abrités du courant et du vent.

Je passe aussi mon brevet de « bouchonnage », ne cherchez pas dans un dictionnaire, ça n’existe pas mais je vais expliquer cette technique très spéciale qui consiste à s’opposer au courant dans les biefs d’attente aux écluses  en jouant avec les moteurs pour faire du surplace.

Vous me direz que ce n'est pas très utile alors qu’il y a des pontons d’attente qui permettraient de s’amarrer et de couper les moteurs et  donc d’économiser le fuel.

Correct, mais dans ces longues minutes où Paquita bouchonne, j’apprends à lui laisser le nez dans le courant, à l’obliger de rester immobile en attendant que l’écluse ouvre. J’apprends à mieux sentir ses réactions, je l'apprivoise cette fille de viking. Ah ces blondes!

Grâce à ces exercices, je passe plusieurs écluses et la manœuvre, loin de m’angoisser, commence à bien me plaire. Il a raison Germain, dans la navigation, un des plaisirs est de manœuvrer le bateau.

Nous rencontrons des monstres que les écluses semblent avoir des difficultés à vomir.

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Un grand automoteur entre avant nous, nous le retrouverons quelques fois encore, jusque sur la Saône.

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Le désiré.

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En chemin, nous rencontrons un compatriote sur une vedette nommée « Jupiter » il remonte aussi en Belgique, avec son fils.

 

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Nous avons beau le distancer et marchant fort, il est derrière nous à toutes les écluses suivantes. Leçon à retenir, il ne sert à rien de forcer l’allure, il suffit de marcher à la vitesse la plus économique.

 

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Tant de vignobles et même pas le temps de s'arrêter!

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La table du Roi! Mieux vaut refuser l'invitation!!!

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Désiré nous attend!

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Prêt à entrer, fin de l'exercice du bouchon.

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Le soir, nous couchons dans le joli port des Roches-de-Condrieu où nous sommes accueillis par un capitaine de port très sympathique, il nous aide à amarrer le bateau, nous explique le code pour aller aux sanitaires et rendez-vous est pris le lendemain pour les formalités et aussi pour faire le plein de la belle.

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Vient ensuite le même rituel que les autres jours, repas, douche et ensuite un peu d’ordi avant une nuit toujours au chaud grâce au chauffage portatif.













14:46 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

Troisième jour, de Laudun l’Ardoise à Le Pouzin

 


La crue n’aura pas lieu, en tout cas pas aujourd’hui. Nous passons l’écluse de Caderousse sans problèmes.

Cette fois Germain m'a laissé à la manoeuvre et j'ai appliqué ce que je lai vu faire hier. J'en apprendrai encore beaucoup dans les jours qui vont suivre.

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Voici comment nous nous y sommes pris pour amarrer le bateau, c'est efficace et plus tard, Christine et moi allons développer notre propre méthode. Mais chaque chose en son temps.

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En gros plan.

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Ensuite, la navigation se déroule  à une bonne vitesse, car Paquita coupe bien de son nez tout fin le courant que le fleuve lui oppose. Germain a constaté en jouant avec les « trims » que le bateau était plus manœuvrable volets baissés à basse vitesse et volets relevés à partir de six nœuds soit plus ou moins 9 km/h.

 

 

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On se prend au jeu de pousser un peu, et voilà la belle suédoise qui retrouve sa vigueur d’antan et lève son étrave. Je vais voir sur le côté et je constate qu’elle commence à déjauger à cette vitesse et que tout d’un coup elle reste stable sur sa trajectoire et se conduit presque comme une voiture (enfin là j'exagère tout de même un peu).

 

J’en apprends sur elle à chaque minute, il faut dire que j’ai Germain avec moi et qu’il semble trouver d’indéniables qualités au bateau. Quant à moi, je commence vraiment à prendre conscience que ce bateau est bien le mien. Le temps est vraiment moche, pluie et orages au menu, heureusement l’orage se défile devant nous, comme s’il craignait notre colère, il s’éclipse et nous laisse un ciel chargé de pluie qui elle ne nous craint pas et nous arrose en abondance.

Vers dix-huit heures, nous arrêtons à le Pouzin, amarrés à un quai équipé de deux bollards et d’une borne avec l’électricité et l’eau gratuite. Voilà un bel exemple d’initiative destinée à inciter les plaisanciers de passage à venir dans ce village. Espérons que les profiteurs indélicats n’en profiteront pas pour venir vampiriser ce qui est offert chaleureusement, je ne vise personne, suivez mon regard (vers le nord, là où poussent les tulipes, les caravanes et le gouda !!!).

Je pars faire des courses, acheter du pain entre autre et me voici à la poursuite d’un Intermarché qui indiqué à une minute se trouve finalement coincé à trois kilomètres de là. Il pensait qu’en s’éloignant il allait me décourager, et bien c’est raté. J’y achète les dernière baguettes, un pain multi céréales et un pain de mie pour faire bonne mesure. Je rentre sous un crachin à faire pâlir de rage un Breton et la soirée se passe rapidement avec un repas vite expédié et la rédaction de ce récit.

Je vais me coucher, mais je me replie vite dans le carré, car ma couchette est toujours mouillée (ce n’est pas moi je le jure, c'est Paquita) et cette humidité venue du ciel m’empêche de dormir.

Je vais donc m’installer sur la banquette du carré où je ne dors pas si mal que ça tout compte fait.

J’ai la bonne idée de laisser tourner le chauffage toute la nuit, car avec la pluie, la température plonge vers le bas.




14:31 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

Avignon et second jour de navigation fluviale.

 

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Hier, Edmond est revenu dormir un peu à bord en attendant l'heure de son train, il est parti tôt ce matin et je l'ai vu quitter le bord encore plongé dans un état de semi coma causé par le somnifère que j'ai pris hier soir.

Ce matin, je me suis levé presqu’après le départ d’Edmond, bref et sans émotion. Trop tôt pour faire quoi que ce soit d’utile dans le bateau, j’ai préféré me recoucher et tenter de voler quelques heures à la nuit. Mais à sept heures, j’ai abandonné ma couchette pour me faire à déjeuner. Au menu, une boite de thon mayonnaise et des biscottes et le reste d’eau en bouteille.

Ensuite j'ai installé la nouvelle batterie, que j’ai équipée de deux bornes sur lesquelles j’ai fixé les deux câbles avec pinces, accessoire inutile de l’onduleur, ensuite j’ai placé la batterie entre les deux batteries moteurs et je l’ai fixée avec des vis, la borne positive est branchée, ne reste que la négative à brancher pour disposer d’une batterie de démarrage si je ne pouvais pas me raccorder au secteur le soir.

 

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Ensuite, j’ai la visite de Claude, le capitaine du port qui me demande les renseignements habituels et à qui je demande pour avoir un peu de courant, vu l’état de mes batteries. Il ouvre la boite à fusibles et me montre que deux des prises de la borne étaient branchées, évidemment, j’ai essayé les deux autres, celles qui ne fonctionnaient pas. Il me branche et c'est un vrai bonheur que d'avoir à nouveau du courant à bord.

Mon moral en légère hausse, je vais réparer ce cher vieux Georges le pilote automatique, l'électronique membre d’équipage permanent, celui qui reste toujours à bord.

C’est fait en dix minutes dans le calme, ce que j'aurais pu faire en mer si je n'avais pas été aussi stressé. 

Après avoir rangé mes outils dans cette saleté de boite fourre tout, je m’en vais prendre une douche avant de partir en expédition dans la ville afin d’acheter du ravitaillement. 

 

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Il pleut, mais il fait doux, chaud pour moi, mais visiblement pas pour les habitants de la ville qui sont tous couverts comme en automne chez nous. Je me coltine un sac de plusieurs kilos, et il me manque encore des choses, je dépose tout au bateau et je repars avant la fermeture déjeuner des magasins.

 

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L’après-midi, vers 14h00, Germain arrive avec son sac bleu et sa bonne humeur. Je ne sais pas pourquoi, mais je me sens immédiatement à l’aise avec cet homme, son calme me rassure, il jauge le bateau, assez vite, nous parlons quelques minutes, puis je lui expose mon problème pour faire le plein et nous nous rendons sur place et aussi à la capitainerie pour prévenir Claude de notre intention de donner du gasoil à boire à la belle qui doit avoir soif depuis l'Espagne.

Nous rentrons à bord, je démarre les moteurs, et pendant que Germain tâte des commandes, je fais du café, à la belge et comme chez les ch’tis, à la chicorée.

Ensuite je largue les amarres et me voici parti pour ma première leçon, avec explication de mes erreurs. En accostant contre le courant, il faut dépasser légèrement l’endroit où on veut accoster et ensuite se laisser pousser par le courant en corrigeant à l’aide des moteurs et ne pas faire ce que j’ai appris à l’école, à savoir prendre un angle de plus ou moins trente degrés par rapport au quai et s’y glisser. C’est le meilleur moyen d’aborder les autres me dit Germain. Il a raison, quoiqu'en matière d'abordage, je me débrouille pas mal, j'aurais certainement fait un bon pirate!

Toutefois, j'ai expliqué à Germain que j'avais perdu les pédales, la confiance en moi et tout le toutim; c'est donc lui qui se met aux commandes et moi à l'amarrage et au portefeuille.

Une fois le plein effectué; nous appareillons pour du bonet Germain teste le bateau, l’apprécie et nous devisons, assez fort car les moteurs sont bruyants tout de même à près de 2500 T/min.

 

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Nous retournons vers l’aval afin de reprendre le lit principal du fleuve et nous suivons un énorme bateau hôtel que Germain reconnait comme étant celui piloté par un de ses amis.

Il entre en contact par radio avec lui, et c’est en le suivant que nous arrivons à l’écluse d’Avignon. L’éclusier nous bassine avec le bateau passager, énorme masse d’acier devant la menue Paquita.

 

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Le capitaine de ca bateau, le Viking, est sympa car au départ de l’écluse, il est tout doux avec ses moteurs pour ne pas nous secouer et risquer de nous endommager, il repart doucement presque imperceptiblement presque sans remous.

Moi, j’ai vu comment amarrer et aussi un peu la manœuvre, la confiance revient, mais pas encore totalement. Le reste de la navigation se déroule sans incidents, il y a de l’eau sur le Rhône comme dit Germain, ce qui veux dire que la pluie des jours derniers va venir gonfler les eaux du fleuve et qu’en prévision, les barrages vont lâcher de l’eau, ajoutant du courant au courant on va atteindre plus de six km/h suivant les instruments de bord.

 

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Je ne touche pas aux commandes, Germain me laisse le temps de reprendre confiance, j'observe ses manoeuvres et enregistre ses conseils.

Encore une écluse géante.

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La nuit nous nous réfugions dans un port situé au bout d’un bras mort du Rhône à Laudun l’Ardoise après avoir remonté sur près de quatre kilomètres ce bras mort tout en louvoyant entre les branches et les morceaux de bois libérés des rives par la montée des eaux.

En effet, en prévision d’une crue due aux orages qui frappent la région, les gestionnaires ouvrent les barrages, ce qui fait monter le niveau des biefs et enlève des rives les branches et troncs d’arbres déracinés durant l’hiver. Germain les repère de loin et vire à gauche ou à droite suivant le cas.

L’accueil dans ce port est charmant comme l’est la capitaine du port, aimable et directement au service des plaisanciers. En plus de l’accueil, ce petit port bien abrité a un caractère frais et on s’y sent tout de suite chez soi.

Nous y branchons Paquita sur l’électricité, un repas rapide et ensuite dormir, car demain on part de bonne heure afin de passer avant la crue éventuelle.

Mais les batteries de mon appareil photo sont à plat et je n'ai aucune photo personnelle du port en voici une en provenance du net.

 

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14:16 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

La tempête et le premier jour de navigation en eau douce

Départ de Mataro à sept heures trente. La mer est houleuse, mais pas trop, il fait relativement beau et le vent du sud réchauffe l’atmosphère humide de la nuit.

 

 

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À six nœuds, le bateau semble faire du sur-place, mais je n’ai pas le choix, elle embarque encore de l’eau et il faut enclencher la pompe toutes les trente minutes. J’ai peur de forcer et d’endommager la coque. Mon compère semble se moquer de moi, il faut dire qu’il a d’autres chats à fouetter et que s’il est là, son esprit n’y est pas. Mon plan est d’aller jusqu’à Banyuls et d’y passer la nuit avant d’entamer la traversée du golfe du lion le lendemain. D’heures en heures, nous progressons et bientôt, le cap Creus se profile devant nous, après que nous avoir coupé la baie de Rosa et navigué au large. Je stresse à cause d’une panne éventuelle, la houle nous chahute par le travers arrière et cela devient vite très inconfortable, long et inconfortable. Quand je pense qu’il y a des gens qui aiment ça, c’est tout pour eux ! Même si je sais déjà que la mer m'a mordu et que c'est justement naviguer sur cette eau mouvante qui me manquera plus tard, mais n'anticipons pas!

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Le bateau roule, elle souffre, c’est certain, sa coque trop longtemps au repos grince et craque, mais elle ne se laisse pas faire. Le cap Cerbère est atteint, je monte mon pavillon de complaisance français et je range l’espagnol. La radio commence à parler notre langue, le moral remonte, une fois le cap passé, la mer se calme et Paquita se redresse, sa course s’allonge et la vitesse monte un peu, en même temps que le confort à bord.

Sur bâbord, au-dessus des montagnes, une sorte de voile enveloppe les sommets et je sais que c’est mauvais signe. Je le dit à Edmond, qui semble me prendre pour un doux dingue qui ne sait pas ce qu’il raconte. La radio se met à crachoter et j’entend pour la première fois en vrai le massage « Sécurité ! Sécurité ! Sécurité ! ici le CROSSMED qui va diffuser un Bulletin Météo Spécial sur le canal 79, 7. 9. Alors ça, ça pue le coup fourré à plein nez!!!

 

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Je passe sur le canal soixante dix-neuf et j’entends clairement qu’un avis de coup de vent « Warning Gale » est annoncé pour le lendemain dimanche sur le sud du cap d’Agde de 0900 GMT au lundi 0300 GMT.

Le sud du cap d’Agde, c’est là où je suis et où je serai encore demain si je passe la nuit dans le port de Banyuls. Il est 1800 et je prends la décision de naviguer toute la nuit, d’abord en direction d’Agde afin de pouvoir le cas échéant me réfugier sur le canal du midi via l’écluse ronde ou via Sète sur le canal du Rhône à Sète. Je descends dans le carré afin de calculer mes routes et « waypoints » et me revoilà dans la timonerie pour programmer Georges. J’informe les miens de mon intention, avec déjà la certitude que je vais leur causer beaucoup d’inquiétudes. Je suis formé, mais novice en la matière, même si mon comparse semble croire que tout est simple. Le capitaine à bord, c’est moi et la loi à bord, c’est moi qui la fais, après Dieu !

Sitôt la décision prise, voilà que la mer se change en un lac même pas ridé, à peine un soupçon de houle longue et douce presque langoureuse.

 

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Je n’aime pas ça, mon instinct et ce que j’ai lu me dicte de me méfier, c’est vraiment le calme avant la tempête. Qu’importe, le vin est tiré, il faut le boire. Nous photographions des thons en train de saute hors de l’eau calme, tout en faisant des réflexions à propos des thons que nous sommes venus voir si loin alors que chez nous, dans les rues… je passe !

Soudain, devant nous, un groupe de trois bouées à perche dérive en travers.

Je débranche « Georges » et je vire franchement sur tribord et… rien ! Le bateau ne répond plus du tout, mou comme une motte de beurre, Georges se met à gueuler d’un bip énervant et affiche un message inconnu.

Edmond part chercher le mode d’emploi et moi, je vire au moteurs, inversant le tribord pour éviter l’obstacle. Edmond traduit, un problème au transmetteur d’ordre.

Je fonce dans le roof, soulève sans ménagements le matelas tribord ainsi que le lattage. Rien, tout est normal. Je continue par le côté bâbord. Horreur ! La rotule du vérin est désolidarisée, pas cassée pas endommagée simplement sortie du filet de fixation sur le piston du vérin, le filet est intact, mais le gouvernail bâbord est inopérant.

Vite, les outils, je réagis en terrien et je panique, alors que rien ne presse et que j’ai le temps de réparer, je suis tout de même mécano il ne faut pas l’oublier.

Edmond a compris, il place les moteurs au ralenti et débranche Georges qui n’arrête pas de gueuler. Il m’apporte la caisse à outils, une saleté d’espèce de fourre-tout où il faut tout vider à chaque fois, et je la vide sans ménagements sur le plancher de la timonerie pour trouver les clés multi-crans coudées, les clés plates et les douilles.

Comment le vérin à-t’il pu lâcher, la rotule est fixe et le contre-écrou du vérin est toujours en place. Une seule solution, il n’était pas serré, simplement vissé sur un ou deux filets, c'est de la malfaçon, de la négligence criminelle car si cela nous était arrivé dans les rochers du cap Creux, c’en était terminé de nous.

Je remonte le tout très vite, Georges gueule encore, mais moins fort et il se remet à fonctionner en nous avertissant qu’il va aller mais moins bien, on s’en fout, qu’il fonctionne c’est tout ce qu’on lui demande.

Je retourne à la table à carte pour corriger ma route, et range mes outils dans la boite à con, vu que je n’aime pas le désordre, surtout dans un milieu fermé comme un bateau où on doit pouvoir mettre la main sur ce qu’il faut dans la seconde, ce que ne semble pas comprendre mon compère qui vit dans une sorte de b… organisé comme dit sa compagne. Moi, je veux que tout soit à sa place question de principe !

Le route reprend, longue, monotone, sans vie, loin des côtes que nous ne voyons plus, elles sont à plus de vingt kilomètres.

Autour, du bleu, gris-bleu et rien d’autre et la mer, qui lentement, comme pour nous endormir, se met à grossir et à enfler, et le vent du sud-est qui forcit, se durcit pour à nouveau chahuter le bateau.

Je dis à mon comparse d’aller se coucher, parce-que nous devons économiser nos forces. Je le réveillerai après le changement de cap au large du cap d’Agde.

Il part se reposer, car dormir est un vœu pieux dans un bateau secoué par les lames de travers, dans le bruit assourdissant des deux moteurs lancés à près de deux mille tours minutes. Je m’accroche à mon siège n’ayant rien d’autre à faire que de surveiller le GPS, Georges, l'écran radar et d’aller brancher la pompe dès que l’eau dans la cale avant arrive au niveau du dessus du corps de pompe.

Deux heures plus tard, Edmond émerge de la cabine, il n'a pas bien dormi dans ce roulis qui le rend presque malade, et dans ce bruit. Je décide d’aller à mon tour me reposer un peu, lui explique la situation, montre le cap à tenir et je vais me blottir calé sur ma bannette et enroulé dans ma couette, car il fait froid à bord !

Dormir, juste un peu, mais pas trop, car j’entends les coups que la mer porte à mon bateau, et j’ai mal pour elle, je sens sa coque qui résiste à la mer des romains la « mare nostrum », celle qui voudrait bien nous bouffer et nous faire entrer entiers dans ses entrailles. C'est incroyable le bruit que peuvent faire les vagues qui s'écrasent à quelques centimètres de votre visage, là de l'autre côté de la coque.

Paquita plonge, se tord sous les assauts des vagues, mais elle tient bon, elle se prend même au jeu de surfer sur les rouleaux, comme si elle voulait dire à la mer qu’elle ne gagnera pas sur un bateau qui a résisté à une mer de force neuf en 1969. J’ai confiance en elle, je sais qu’elle est solide et que la mer n’aura pas le dessus, mais nous, allons-nous tenir ?
Toute la nuit, avec pour seul horizon le balcon avant éclairé de blanc de rouge et de vert, au-delà, c’est la nuit, le noir total. Aussi ch... qu'une nuit mal éveillé dans un corps de garde!

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Mes yeux, c’est le radar, qui montre les vagues qui se préparent à monter à l’assaut, qui tentent de nous encercler, de nous contourner.

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A chaque fois qu’une grosse tache apparait, dans les secondes qui suivent, le bateau monte et tape dans un bruit sourd.

 L’eau jaillit sur l’étrave, se pulvérise en gouttelettes que le seul essuie-glace efface du pare-brise bâbord. Mes lunettes sont pleines de sel à cause de l’eau en poudre qui entre par la fenêtre de côté que j’ai laissé ouverte pour mieux voir la mer sur mon côté bâbord. 

A l’horizon, au travers de la brume des embruns, j’ai repéré le phare de Leucate, facilement, alors qu’au cours je me demandais comment on faisait pour les reconnaître de loin, ici je trouve ça facile, on regarde et on compte le temps entre les éclats ensuite on consulte la carte, on prend un relèvement, hauteur du phare et on trace le point.

Seulement à quelques millimètres de la route tracée, bien ! Mais ce ne sont que quelques minutes volées à la nuit qui sera encore longue et dure, secoués que nous sommes de gauche à droite, jetés de nos sièges par cette mer invisible, ces vagues noires dans une nuit d’encre.

Au loin, les lumières de port Leucate, sorte de halo qui nous rappelle que là-bas la vie existe, que des gens se disent bonsoir avant de passer une nuit au chaud sans se préoccuper de ceux qui, comme nous sont ballottés au large.

Je suis perdu dans mes pensées « quelle riche idée j’ai eu là, pouvais pas acheter un camping-car comme tout le monde ? » le cauchemar ne semble pas vouloir se terminer.

Il est temps d’aller enclencher la pompe qui recrache l’intrusion sournoise de la mer par une planche de bordé qui a trop travaillé.

La nuit se passe et voilà Edmond de quart, je vais m’allonger, je somnole, secoué par les mouvements du bateau, inquiet du bruit sourd des vagues sur la coque, je fais taire mon imagination qui m’empêche de me détendre, je pense aux miens, qui doivent se ronger les sangs là-bas au nord. Je dois rester positif même si ce n’est pas simple. Je reste en contact avec Jacques, mon condisciple du cours de navigation, je lui envoie ma position par sms à chaque fois que le réseau s'établi, et lui, là-bas à Lustin me répond jusqu'à bien tard dans la nuit. Il connait la situation météo et il me transmet son évolution au fur et à mesure, j'imagine un peu ce que les grand solitaires ont du ressentir accrochés au fil invisible de leurs liaisons radio.

Deux heures plus tard, engourdi, je remonte dans la timonerie, reprends les commandes, enfin, si on peut dire, car c’est Georges qui fait le boulot tant bien que mal. Je scrute des yeux les rivages de Sète, je cherche le balisage du chenal d’accès, non pas que je veuille y entrer, mais il servira à confirmer ma route. Je retourne à la table à carte et je calcule que bientôt une bouée d’eaux libres devrait se trouver à un nautique sur bâbord. Quatre éclats blancs groupés. Je cherche et puis soudain, là-devant, je crois voir une lueur fugace au ras de l’eau. J’attends, j’enfonce mon regard dans celui de la nuit, je la transperce et oui ! C’est elle, ma bouée. Je suis heureux, après une si longue route, j’ai tracé celle qui m’a amené exactement là où je voulais aller.

Au loin, une lueur commence à poindre. L’aube, enfin la mer commence à se montrer, sombre et honteuse de la nuit qu’elle vient de nous faire passer les constructions bizarres de la grande motte sont sur notre bâbord et devant, deux amers identiques alors que le bloc marine ne parle que d’un, je penche pour celui le plus au sud mais comme j’en ai marre de me faire secouer, je décide de remonter la côte pour faire face aux vagues et reconnaître par la même occasion le premier amer un château d’eau identique à l’autre. En Bretagne un seul aurait été peint en blanc et l’autre serait resté couleur béton.

Mais bon, je fini par trouver l’entrée et je me présente devant le pont tournant qui ne tourne pas, je recule, on s’amarre, c’est terminé, aujourd’hui je ne bouge plus, même si ça fait faire grise mine à Edmond qui n’aura pas saint-wifi aujourd’hui, tant pis! Je peux comprendre sa déception, mais je suis fatigué. Je vais voir à la capitainerie, non sans avoir téléphoné à ma petite blonde pour la rassurer et qu’elle rassure les autres. Il n’y a personne, pas de douches, pas de courant. Je veux dormir et je vais dormir. Edmond reste sur sa faim dans le carré. Il faut se reposer, naviguer par ce temps ce ne sont pas des vacances, d’ailleurs je ne suis pas en vacances, je convoie mon bateau !

Je propose à Edmond de le déposer à Avignon, afin qu'il puisse prendre le TGV et rentrer au pays s'occuper de sa petite, ce sera mieux pour tout le monde, la tension est presque audible, comme le chant des haubans dans les rafales d'une tempête d'octobre.

Il reste le problème de trouver un accompagnateur expérimenté de préférence, j'envoie un sms à Jean-pierre en lui demandant de bien vouloir écrire un post sur le site de bord-à-bord, un peu comme une bouteille lancée à la mer.

Le lendemain matin, les batteries sont toujours à plat et pendant qu' Edmond qui se sent pousser des ailes à l'idée de partir tôt, trouve un garagiste qui ouvert aux aurores, accepterait de nous prêter une batterie ainsi que des câbles, je reçois un appel sur mon portable, il s'agit d'un marinier retraité qui se propose de venir me rejoindre à Avignon afin de m'accompagner jusqu'à Villefranche sur Saône. Je téléphone à ma p'tite blonde pour lui demander si elle peut trouver quelqu'un pour continuer le voyage à partir de Villefranche.

Edmond est revenu avec la batterie espérée et les câbles. Une fois les moteurs démarrés, Edmond retourne rendre les câbles seulement, car j'ai décidé d'acheter la batterie.

Une fois que tout le monde est à bord, nous appareillons et nous nous présentons juste à l'heure devant le pont tournant qui... Tourne et nous laisse le passage vers le suivant qui lui reste immobile et désert.

 

 
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Comme si nous étions au bord d'une route, nous abordons un pêcheur sur sa barque à qui nous demandons notre chemin; Il nous confirme que nous somme sur la bonne route. Ouf!
Mais voilà qu'au loin, tel un barage, se dessine le premier pont sous lequel il va falloir passer. Après la mer, il est difficile de s'habituer à une réduction de l'horizon et là, j'ai l'impression de me précipiter à la vitesse folle de 8 km/h vers un barrage perçé d'un tout petit trou en son centre. Je ne suis pas rassuré, surtout que le trou semble bien s'élargir au fur et à mesure que je m'en approche, mais il n'augmente pas en hauteur. Comme j'ai la nette impression que je vais y laisser ma superstructure, je ralenti au maximum tout en restant manoeuvrant et Edmond monte sur le pont et me donne toutes les dix secondes les infos au sujet du tirant d'air. Je suis immobile derrière la barre, mes mains collées dessus, je ne veut même pas la lâcher pour saisir mon appareil photo afin d'immortaliser les derniers instants, j'en suis sûr, de la superstructure de mon bateau. elle avance franchement la bougresse, comme si elle se moquait de moi. Elle veut se suicider ou quoi?
 
Tout d'un coup, nous sommes sous le pont, la vitesse au plus bas, si nous étions un avion, nous serions en décrochage. Edmond me crie "soixante centimètres au moins au-dessus du radar!" Et dans ma tête, une petite voix me sussure:" pôvre pôvre couillong". Ben quoi, j'ai le droit non? Je débute alors laissez-moi avoir peur, laissez-moi douter et apprendre.
 
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Le paysage est d'un calme absolu et il fait doux.

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Des gens récoltent les roseaux qui serviront peut-être à couvrir un toi breton?

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On croise un monde étrange!

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Et puis zut, encore un pont, mais cette fois je suis rassuré, il y a visiblement de la place!

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Vient ensuite la première écluse, celle de Saint-Gilles sur le canal du Rhône à Sète. Dire que mon entrée fut une réussite serait un bien grand mot, en fait j'y entre comme avec l'automoteur de mon brevet, ce qui est une erreur, car lui bénéficiait de son inertie pour ne pas trop farder, mais Paquita avec ses presque dix tonnes ne fait pas le poids, et l'amarrage est disons un peu bizarre. Mais l'éclusier en a vu d'autres, et il me met en confiance par sa gentilesse et son acceuil. Comme c'est la première écluse du réseau de VNF (Voies Navigables de France), j'accompagne l'agent au sommet de la tour afin d'y régler ma vignette. Hélas, le système informatique est planté et il est impossible de faire le paiement, en plus les agents de VNF ne peuvent plus encaisser d'argent en espèces. L'agent me conseille de tenter à nouveau le coup lorsque je quitterai le Rhône qui est en concession à la compagnie du Rhône.

 
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Nous continuons à naviguer cabriolet déposé pour profiter de la douceur de l'air dans un paysage reposant, mais tout de même assé monotone.
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On croise enfin un automoteur qui descend à fond la caisse, du côté gauche du chenal sans arborer son panneau bleu. Il n'y a pas que sur les routes que le code n'est pas respecté, cela devient une habitude partout. Pas de gendarme, donc pas vu pas pris. Le code on s'en fout ça ne sert à rien, sauf bien sûr lorsqu'on coule un plaisancier à Paris pour ne pas avoir respecté les vitesses imposées ce qui fait deux morts... Lamentable attitude tout comme celle de ce patron (jeune) de pousseur qui râlait parce-qu'il y avait des plaisanciers sur la Seine et qui avait décidé une fois pour toute de ne plus ralentir. Heureusement, tous les utilisateurs de la voie d'eau ne sont pas comme ça!
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Ensuie, c'est le Rhône qui nous acceuille dans son lit, non sans essayer de nous rejeter vers la mer de toute la force de son courant, et comme il a pas mal plu depuis quelques jours, "il y a de l'eau" comme disent les pros. Plus ou moins 10 Km/H, ce qui n'est rien pour les deux Volvo Penta de Paquita, mais la largeur du cours d'eau est vraiment impressionnante, la Meuse à côté fait figure de ruisseau.
 

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Arrive la première écluse géante du Rhône très impressionnante malrgé le fait que ce n'est pas encore la plus haute!

 

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On s'en approche lentement, trop lentement comme je l'apprendrai plus tard.

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Une fois dedans, plus rien ne va, j'y suis entré avec trop peu de vitesse, je ne manoeuvre plus, et comme je ne suis pas encore assez au fait de la manipulation des deux moteurs, je ne parviens pas à tenir le bateau. Pire encore, comme nous n'avons aucune expérience sur la manière d'amarrer, nous commettons l'erreur de commencer par l'amarre avant, ce qui fait que le bateau obéissant aux lois de la physique, se met à pivoter sur son étrave, se positionnant en travers de l'écluse. Réflexe du débutant, on s'accroche à son amarre comme à son cordon ombilical et... On à l'air con! La solution dans ces cas là est de laisser filer pour rendre sa liberté au bateau, qui sait mieux que nous comment faire, et de l'amarrer par l'arrière pour commencer, et de seulement attacher l'avant lorsque la coque est rangée le long du bajoyer. Mais cela, je l'apprendrai plus tard!

En tout cas, je présente mes excuses au personnel de l'écluse qui me rassure en me disant qu'ils ont déjà vu bien pire!

A l'intérieur, on se sent tout petit et encore sommes-nous seul dans cette tranchée.

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Mais on fini par en sortir intacts, sauf au niveau de l'amour propre!

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Le grand fleuve continue à dérouler ses rives pour nous.

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Ici nous ne sommes plus seuls, des paquebos fluviaux de 110 mètres partagent l'eau.

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Arrive enfin Avignon et son pont, terminus de la première étape et lieu de débarquement pour Edmond. Le port de plaisance se trouve de l'autre côté du pont Saint-Bénézet.

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L'arrivée au port de plaisance se passe vraiment mal, je ne tiens pas compte du courant et engage trop tôt l'avant du bateau, avec un angle de plus ou moins 30° avec le quai, mais je suis repoussé contre un joli tjalk britannique dont le propriétaire vient au secour d'Edmond pour me sortir de ce mauvais pas.

Je suis découragé, j'ai perdu confiance en moi et je me sens prêt à tout laisser tomber.

Quelques minutes à peine après l'arrêt des moteurs, Edmond s'en va vers la gare avec ses bagages pour rentrer en Belgique. C'est triste, ça c'est mal passé, nous étions si proches avant et nous voilà comme chien et chat. j'ai le sentiment d'avoir perdu quelqu'un et c'est très désagréable.

 

 
 
 
 

 

11:55 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

07/05/2010

Le départ

 
 

Voici le moment des adieux à ma petite blonde, j’ai été chercher Edmond, mon complice pour ce voyage

 

et nous sommes partis vers Charleroi Airport pour y prendre l’avion vers Tarragone. Adieux brefs, il ne faut pas retourner le couteau dans la plaie. Vol sans histoire dans un autocar volant et à l’arrivée, le taxi puis le port. Le temps de nous débarrasser du superflu et nous voilà partis vers le magasin d’accastillage où m’attends le matériel commandé, à savoir mes bras d’essuie-glace et les fermetures éclair. Hélas, le vendeur n’a pas cherché après mes pièces et il n’y a rien. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, nous allons faire quelques courses au magasin EROSKI, rien à voir avec un quelconque lieu de perdition, je vous vois venir, mais c’est un supermarché, où je trouve des balais d’essuie-glace, c’est déjà ça. Au retour, le magasin d’accastillage du port est ouvert, j’entre et je demande, en français, au patron, qui parle notre belle langue s’il est possible de ma fournir très vite deux fermetures éclair de plus ou moins 90 cm. Il téléphone aussitôt et me demande si je les veux en blanc, je réponds par l’affirmative et aussitôt après il me demande si en noir cela pose problème. Non bien sûr, il me les faut ces fermetures. Je paie et il me promet de me les apporter le lendemain matin. 

Le jour dit, alors qu’Edmond et moi venons de terminer de remonter le bras d’essuie-glace gauche euh non, bâbord !, les fermetures éclair sont livrées, j’en profite pour demander aussi une cartouche de « SIKAFLEX » pour refaire le joint des cabines et du pont, trente minutes après c’est livré et payé. Je passe la journée à coudre les quatre mètres de fermetures éclair dans ma bâche. Edmond ravive le cabriolet avec de l’acétone et la toile retrouve une blancheur oubliée.

Le lendemain, c’est le grand jour, le départ. Je fixe le mâtereau de poupe ainsi que notre pavillon national, les moteurs tournent

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et nous allons faire le plein du bateau 464 litre de mazout. Je paie, et je remonte à bord, tourne les clés de contact et… Rien ! clicclicclic ! M…

Je demande à Jésus, pas celui que vous croyez, l’employé du port, souriant comme un doigt écrasé sous un marteau, s’il a un chargeur de batterie, aussitôt, il m’apporte un chargeur, déroule une allonge et nous chargeons les batteries. Edmond constate que les courroies du moteur tribord sont détendues, je les retends et enfin les moteurs redémarrent. Cette fois ça y est nous sommes partis.

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Vitesse modérée, six nœuds pour ménager le bateau qui est immobilisé depuis plus de quatre ans et aussi pour consommer le moins possible, les jauges sont en panne !!!

Au bout d’un moment, Edmond lance un trait d’humour en affirmant qu’il doit y avoir une entrée d’eau car le bateau plonge du nez, normal, la houle est forte et les vagues de deux mètres.

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Il me rassure sur le ton de la plaisanterie, mais le vers est dans le fruit. Sous prétexte d’aller à la toilette, j’ouvre la cale et je constate avec horreur qu’elle est pleine d’eau et que la pompe ne fonctionne plus. Urgence ! vite dans un port ! Il y en à un à dix minutes et on s’y précipite. Amarrage en catastrophe, je vois déjà le bateau couler, je n’ai plus de jambes et l’estomac au bout des lèvres, très au bout d’ailleurs.

 

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Et nous voilà Edmond et moi à pomper avec la pompe de vidange moteur, à coup de six litres pour arriver au bout de deux heures, à vider la cale, qui tout d’un coup ne se rempli plus. Je téléphone à Gert le courtier qui me dit qu’il sera là dans la soirée. Et il est là. Il me promet de venir me chercher le lendemain pour aller acheter une pompe de remplacement et tout le nécessaire. Le lendemain à dix heures, je suis de retour et j’installe la pompe en question pendant qu’Edmond change la prise 32 ampères contre une de 16 que j’ai acheté afin d’avoir du courant pour charger les batteries et démarrer les moteurs qui refusent à nouveau.

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Le temps de faire tout ça et les moteurs démarrent, nous larguons les amarres et nous voilà partis dans une belle manœuvre de demi-tour.

Direction le large puisque la mer est "calme" et la houle du sud "longue et confortable!!!" ce qui n'est pas tout à fait exact, disons plutôt que nos corps commencent à s'adapter.

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Huit heures de navigation plus tard, nous entrons dans le port de Mataro pour y faire le plein et y passer la nuit. Bonne surprise, Paquita à un appétit d’oiseau de mer, six litres à l’heure pour les deux moteurs. Moins bonne nouvelle, le prix de la nuitée est de 36 euros !!! Mais bon, il y a tout le confort, y compris internet qui me permet de poster ceci.

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Demain, départ sept heures, direction la France. A bientôt donc, en France.

23:53 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

Préparation au voyage

Nous sommes partis le 24 avril à 1330 avec une voiture pleine comme un œuf. Je remercie en passant les concepteurs et ingénieurs qui ont élaboré ma « Passat Variant », car j’ai pu tout y caser, même s’il a fallu transférer les affaires d’Edmond dans des boites en carton pour mieux ranger.

Pour l’élaboration du trajet, j’ai fait confiance au dieu GPS, qui m’a lâché à la frontière espagnole pour cause de carte incomplète, j’avais pourtant acheté la carte complète d’Europe ! Heureusement, j’en avais un second, lequel d’une marque moins connue, avait toutes les cartes en mémoire, avec comme défaut, on ne peut pas tout avoir, un temps d’acquisition des satellites très long.

Mais bon, après avoir dormi assis deux fois deux heures, nous sommes tout de même arrivés à VILLANOVA I LA GELTRU où Gert est venu nous apporter la télécommande, sésame indispensable pour accéder à la marina.

On galère un peu autour de Tarragone avant de retrouver enfin le chemin du port et je peux enfin arrêter la voiture derrière le bateau. Sans attendre, je descends la passerelle et me met en œuvre d’ôter la bâche de plastique bleue que Gert à installé en novembre.

Les bras m’en tombent, le bateau est dans un état de saleté incroyable il n’est plus blanc mais gris, couleur « isabelle » comme dit maman !

Ajoutez à cette vision la fatigue et la chaleur et vous obtenez un cocktail absolument imbuvable, le moral fait de la plongée sous-marine, les jambes ne portent plus et une soudaine envie de couler bas ce tas de crasse vous traverse l’esprit.

Il faut impérativement reprendre ses esprits afin de voir la situation telle qu’elle est et non pas déformée par le miroir concave de la fatigue. Nous nous mettons donc en œuvre afin d’aérer la cabine arrière, sortir les matelas afin de les faire sécher au soleil, ôter les côtés de la bâche trouée afin de favoriser la circulation d’air.

Ensuite vérifier et brancher le frigo, la toilette… Là, c’est la galère qui commence, l’eau n’arrive pas et le contenu de la cuvette ne s’évacue pas. Après un peu de recherche, je trouve une vanne à deux voies qui est calée en position médiane, c'est-à-dire que rien ne peut sortir. Je la place vers la sortie directe et tout d’un coup le contenu de la cuvette s’évacue, mais toujours pas d’arrivée d’eau. Qu’importe, on utilisera un seau d’eau.

Pendant ce temps, Christine s’active dans la cabine arrière et au bout d’une heure, nous décidons de nous étendre enfin. Il est 1430 et vers 1700, nous nous réveillons, reposés et les yeux à nouveau en face des trous. La réalité reprend sa place, elle relativise la première impression et le moral remonte encore plus vite lorsque nous constatons que le petit frigo fonctionne du tonnerre et que l’apéro sera réussi, ce qu’il fut. J’en profite pour faire le plein d’eau au moyen du tuyau acheté en kit, mais il ne prévoit qu’une connexion rapide en ½ et le robinet est en ¾ pas de chance. Heureusement, un voisin possède l’embout nécessaire et nous pouvons donc remplir les réservoirs.

Vers 2100, dodo ! Une nuit passée à dormir comme des pavés, bercés par les doux balancements de notre bateau. Avant de basculer, je prends conscience que ce bateau, il va falloir le mériter.

Le lendemain matin, petit déjeuner frugal, car dimanche oblige, les magasins sont fermés et il me faut composer avec le pain que j’ai fait spécialement pour le voyage, des œufs et de l’édulcorant en poudre puisque mon mousse n’aime pas le salé au petit déj. Je confectionne donc une sorte de pain perdu.

Ensuite, on entre dans le vif du sujet. Le rangement de la quantité incroyable de choses apportées, les produits de nettoyage, les outils et les vivres.

Pour commencer, Christine s’attaque à la propreté de la cabine arrière afin d’y installer les vêtements, les chaussures et les objets de couchage, ce qui me laisse le champ libre à l’avant pour vider l’eau qui s’est accumulée dans la cale. Une fois qu’elle en a terminé avec l’arrière, elle m’appelle pour me faire admirer le résultat, qui est admirable, l’odeur de vieille caravane qui régnait dans cette pièce à presque disparu et les boiseries sont brillantes. Je profite que les caillebotis sous les couchettes sont ôtés pour graisser les rotules et les axes du pilote automatique ainsi que des deux aiguillots de safrans. Je vois qu’il y a deux réservoirs de plus ou moins 140 litres chacun, réservoirs destinés à l’eau douce.  Pas mal, cela explique la durée du plein d’eau d’hier. Je referme le côté bâbord et j’ouvre le côté tribord pour découvrir une trace humide entre deux planches du bordé et en examinant de plus près, je constate que deux couples sont cassés ou plutôt fendus ce qui revient à peu prêt au même.

Pas question de naviguer ainsi, si ces deux pièces essentielles cassent, c’est le trou dans l’eau assuré. Il faut réparer. Immédiatement, j’ai ma petite idée sur la manière de procéder.

Je laisse cela de côté pour le lendemain car à chaque jour suffit sa peine et son lot de, mauvaises, surprises.

Vers 2200, on arrête les frais, petite soirée de lecture et vite dans les bras de la belle qui se fait pardonner en nous berçant à nouveau.

Lundi, enfin ! Départ de bonne heure à la recherche de l’hypermarché repéré lors de mes premiers voyages pour y faire le complément de vivres, acheter deux casseroles etc.

A la sortie nous allons faire le plein de la voiture et des deux jerricans pour le bateau, ensuite recherche d’un magasin de bricolage pour trouver les matériaux nécessaires à la réparation, bois, serre-joints, peinture époxy, verni… Nos emplettes terminées, nous rentrons avec une poutrelle de 240 X 4 X 9 cm et je me mets au boulot, prise d’un gabarit à l’aide d’un bout de carton et je commence mes découpes, la poutrelle fixée solidement sur le bastingage arrière à l’aide des serre-joints la vieille scie sauteuse Black et Decker peine du haut de ses 350 watts et la lame chauffe, prenant une courbure qui déforme un peu la gabarit tracé, mais qu’importe, la courbe générale est respectée. Je les numérote de I à IV et je les colle en place à l’aide de « Pattex montage » je laisse l’assemblage en place en attendant la prise de la colle.

Bref, lorsque le jour du retour vers le pays sonne, j’ai l’impression de ne pas être prêt et qu’il me faudrait encore des semaines pour que tout soit terminé. Nous travaillons jusqu’à la dernière limite, soit une heure avant notre départ et nous plions bagages, le cœur gros et l’estomac noué de laisser le bateau là !

23:48 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

23/04/2010

Le chargement

Le salon est transformé en arrière port de Tarragone, la chaîne hi-fi disparait cachée derrière les boites, les défenses et tout le reste. Le cubage ? Je n’en sais rien, je pense que tout va rentrer, mais il faudra défaire le sac militaire d’Edmond, qui est pire que Christine au niveau emport de vêtements. Mais lui, c’est une déformation professionnelle, l’habitude des manœuvres, disons plutôt des voyages de travail c’est plus correct.

Hier, la journée a été chargée, bien avant l’auto, laquelle est allée faire son check-up annuel, et malgré ses neufs ans et ses 303.000 km, elle est passée sans aucune remarque, grâce à son excellent état d’entretien, c’est ce qu’ils ont dit. En tout cas, voilà une station, celle de Onhaye, où les gens sont affables, accueillants et visiblement heureux de travailler là. En plus, le système des rendez-vous est excellent et efficace. Tout n’est pas foutu dans ce pays, quoique l’actualité semble démontrer le contraire, mais bon, ras-le-bol de cette politique à la c..

Ensuite, direction le Makro pour y acheter une pompe à main pour vidanger mes moteurs par le puits de jauge, merci Cédric pour le conseil et de là, direction Nieuport pour enlever ma commande chez « Accastillage Diffusion » 500 km aller et retour, bon entrainement pour demain.

Au retour, faire deux pains pour le voyage et la semaine au port, pour ne pas avoir à aller faire trop d’achats sur place et garder le temps pour le bateau, car une fois là-bas, chaque heure comptera et devra être utilisée pour la préparation, il y a beaucoup de choses à faire.

La nuit courte mais reposante et dès huit heures trente, opération chargement, durée une heure trente, il ne faudrait pas que quelqu’un me demande de décharger, car je ne sais pas si tout y entrerait à nouveau.

Maintenant, je m’en vais aller prendre un bain et me restaurer avant de partir, direction Reims, Troyes, Clermont-Ferrand, Montpellier, Narbonne, Barcelone et Tarragone soit 1478 km.

La suite des l’histoire dimanche après les premières opérations de maintenance.chargement1 réduit
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11:07 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : depart, paquita, chargement, premiers pas sur l eau | | |  Facebook | |  Imprimer |

14/04/2010

Compte à rebours lancé!

Après ces mois d’absence, certains auraient pu croire que j’étais disparu, gelé par un hiver trop rude.

Eh bien non, le projet continue, il accélère même.

Pas d’hibernation ni de retour à la vie végétative, mais la préparation théorique à la navigation côtière et hauturière avec un cours intensif donné au Royal Nautique Club Sambre et Meuse à Wépion, club dont un des fondateurs est Félicien Rops, eh oui !!!

Les cours, donnés par Jean-Pol Halleux nous ont conduit vers la réussite des brevets sanctionnant ces formations. Ce fut l'occasion de connaître  Caroline, Bernard, Jacques, les deux Alex et l'autre Bernard, le complice de Jean-Pol.

Je sais donc me servir d’une carte, calculer ma route, en fonction des courants, des vents etc. Et même s'il me reste beaucoup à apprendre, je me sent tout de même prêt, même si un peu d'angoisse face à l'inconnu fait de temps à autre surface.

Ensuite, j’ai reçu les documents attestant de la radiation du pavillon Espagnol du bateau. Tout ça grâce à Juan, le beau-frère de Christine, qui a su réveiller les fonctionnaires de son pays natal et aussi grâce à l’enquête de satisfaction faite par la société à laquelle appartient le courtier qui m’a vendu le bateau. En fait j’ai dit mon désarroi de rester sans nouvelles de mon bateau malgré la promesse faite de continuer la surveillance de mon bien et de me tenir au courant.

Efficaces les Britanniques, trois jours après l’envoi du questionnaire, le courtier reprenait contact et depuis tout est rentré dans l’ordre.

Une fois le document espagnol en ma possession, j’ai constitué un dossier, accompagné de la traduction, faite avec la même mise en page que l’original et je me suis rendu au Service Public Fédéral Mobilité et Transport, à Bruxelles.

Au sujet des demandes d’immatriculation en eaux intérieures et de lettre de pavillon, les formulaires « Word » disponibles sur le site du ministère, ne génèrent pas un numéro d’ordre comme indiqué sur la page. Le système d’activation des macros nécessaires à l’automatisation des formulaires ne fonctionne pas, car Word refuse de libérer les macros à cause des risques d’infection virale. Il faut donc remplir les exemplaires proposés, les imprimer et se rendre en personne au guichet du ministère où un numéro d’ordre sera attribué par le fonctionnaire qui vous accueille de manière très aimable et qui se démène pour essayer de régler votre problème.

La plaque de navigation en eaux intérieures vous est remise immédiatement, par contre la lettre de pavillon (uniquement pour les « navires », c’est-à-dire les embarcations destinées à naviguer en mer) demande un délai plus long, car cela demande un travail administratif plus important et les fonctionnaires doivent tenir le guichet le matin et faire les travaux administratifs l’après-midi. Avec un effectif réduit depuis que partout l’État ne remplace plus les départs à la retraite, pas étonnant que cela prenne du temps.

Bref, je m’en suis retourné heureux et déçu à la fois, car je pensais que tout serait fait en une fois, mais heureux d’avoir mon immatriculation fluviale.

Car pour la première fois, « PAQUITA » avait une existence légale et ça c’était un peu toucher du bout des doigts le rêve devenu réalité.

Restait ensuite à obtenir ma licence radio, mon numéro ATIS pour le fluvial et MMSI pour la mer, mais comment faire lorsque les formulaires de demande exigent d’inscrire le numéro de la lettre de pavillon ?

J’ai écrit au fonctionnaire qui avait signé mon brevet SRC en lui expliquant que mon temps était compté pour aller chercher mon bateau, que je devais encore faire programmer ma radio de bord et que l’emplacement du bateau me coûtait cher. Ces gens sont reconnus pour leur serviabilité et l’énergie qu’ils dépensent sans compter pour aider leurs concitoyens me suis-je dit alors qui ne risque rien n’a rien.

Le lendemain, un courriel me demandait de bien vouloir envoyer ma demande de licence accompagnée des documents du ministère des transports prouvant que j’avais bien introduit une demande de lettre de pavillon.

J’ai donc constitué mon dossier, comme si c’était un des dossiers sur lequel je travaille, avec une lettre d’introduction, respect oblige et quatre jours plus tard, j’ai reçu un courrier avec ma licence, mon indicatif et les numéros ATIS et MMSI.

Durant tout ce temps le compteur tournait, et jour après jour, le temps et l’eau filaient, mars touchait à sa fin et il était temps de passer aux choses pratiques, acheter l’armement du bateau et tout le nécessaire à la vie à bord si je voulais ramener le bateau en mai.

Les jours ont passé, les visites de shipchandlers en tout genre se sont succédées et le matériel a commencé à s’accumuler, envahissant petit à petit le salon, le tout s’empilant en une succession de caisses, de pare-battages, d’extincteurs, de couettes tout comme pour un déménagement, ce qui inquiète les chattes

J’en arrive à me demander si tout cela rentrera dans ma vieille « VW passat ».

Mais bon, il faut rester positif. A l’heure actuelle, il me reste à trouver une bonne pompe pour vidanger les moteurs et un petit tapis en mousse pour protéger mes vieux genoux.

Dans dix jours nous partons, le cœur et le coffre plein et le compte en banque… à sec.

En avant toute. La suite au prochain épisode.

20:03 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paquita, preparation au voyage, premiere navigation | | |  Facebook | |  Imprimer |

29/12/2009

Quand on s'promène au bord de l'eau...

29/12/2009

 

Le moral est remonté d'un ou deux crans ce jour, hier nous sommes allés nous promener à Beez, de la marina jusqu'au chantier naval « Meuse et Sambre » et retour bien sûr ! C'est une jolie promenade, bruyante à cause de la nationale qui passe rive droite de la Meuse, mais sur un halage bien entretenu et pour cause, il abrite une canalisation de gaz. La vue sur les rochers éclairés par le couchant était superbe, nous avons également découvert un magnifique hêtre et aussi des vagues sur le fleuve, en oblique et dans le sens aval-amont du courant, le tout en absence de vent au niveau du chemin de halage.

C'est vrai que nous ne sommes pas descendus au niveau de l'eau pour vérifier la présence d'Éole.

Au retour, nous nous sommes intéressés à la marina, qui me plaît bien de par sa situation pas loin de chez nous et aussi parce qu'elle est sécurisée par un portillon d'accès et que sa position géographique permet un accès aisé vers Liège, mais aussi à la Sambre et à la haute Meuse.

Les pontons sont bien disposés, et tous ces avantages rachètent les défauts qui sont le bruit des deux nationales, rives droite et gauche, ainsi que la voie de chemin de fer Namur Liège qui passe à cent mètres.

C'est vrai que nous avions étés conquis par la marina d'Anseremme, tout à fait charmante et calme, mais les évènements de la nuit du 27 octobre 2009, où deux jeunes ont détaché les amarres des bateaux stationnés le long de la Meuse et vandalisé d'autres stationnés dans la darse ne nous encouragent pas à aller y installer notre bateau. Voir le lien ci-contre http://www.yca.be/asp/articles/detailed.asp?doc_id=47

A ce sujet, j'aimerais que pour une fois, on arrête de nous bassiner avec ces « pauvres jeunes désœuvrés », qui s'ennuient, qui prennent leurs jours pour leurs nuits, qui vagabondent une fois le soleil couché, détruisent ou couvrent les biens d'autrui, publics ou privés à grand coup de bombe de peinture. La prévention en la matière à démontré largement ses limites.

Quant à moi, si je tombe sur la bosse d'exemplaires de ce genre de racailles, je n'aurai pas besoin de « Kärcher », mais deux solutions leur seront offertes. Soit ils seront champions de course de fond, soit ils devront nager !

Mais passons à un autre sujet, plus calme pour mes nerfs.

Nous avons vu des bateaux emballés comme des bonbons, bien à l'abris sous leur cocon d'hiver, ce qui prouve qu'il y a des gens soigneux qui aiment leur bateau, mais nous avons vu également des bateaux couverts de mousse verte, sales et repoussants, un peu comme ces caravanes abandonnées dans certains campings.

Triste de voir ça, il vaudrait mieux vendre ces jolies vedettes à des gens qui sauront les entretenir plutôt que de les laisser à l'abandon. En plus, ça fait vraiment « tache » dans le décor des autres bateaux bien entretenus.

Ce matin, nous avons commencé le cours de matelotage, à l'étude ce jour : les nœuds de cabestan et de chaise. Pour commencer avec le livre, ensuite sans le livre et pour terminer, les yeux fermés.

Pas facile du tout, mais au bout de quelques dizaines de minutes, on y arrive aisément. Les explications les mieux détaillées se trouvent dans le livre « Manœuvres de port et de mouillage » d'Yvar DEDEKAM, édité par Voiles et voiliers dans la collection comprendre.

J'ai toujours avec moi un bout de garcette, pour m'entrainer, dans la mallette de transport de mon portable ou simplement dans ma poche, c'est vrai que les gens se demandent ce que je vais faire avec ce bout, mais en observant, ils ont vite compris.

J'ai un avantage, j'ai été scout et j'ai appris pas mal de ces nœuds dont le souvenir de la confection me revient peu à peu à chaque fois que je les construis, surtout le nœud de chaise et son histoire du serpent qui tourne autour de l'arbre avant de fuir par le puits.

Je m'en vais maintenant me replonger dans les cours de navigation.

A bientôt pour un prochain épisode.

 

Alain

10:03 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

28/12/2009

Fin de l'année, petit à petit...

28/12/2009

L'oiseau fait son nid!

En décembre, j'ai passé avec succès mon brevet VHF SRC (pour Short Range Certificate), qui me permet d'utiliser une VHF DSC (pour Digital Selective Calling ou Appel Sélectif Numérique) en mer mais aussi la VHF en eaux intérieures.

Dimanche, je vais commencer les cours de yachtman, en vue de l'obtention des permis côtier et hauturier en mars 2010.

Toujours pas de nouvelles de la radiation du pavillon espagnol de mon bateau, on va dire que c'est la trêve des confiseurs, mais dès début janvier, on va secouer à nouveau le cocotier.

Plusieurs personnes se sont proposées pour m'accompagner durant le voyage de retour du bateau, mais à chaque fois que je prends contact, je reste sans réponse. Bizarre, peut-être encore un coup des confiseurs faiseurs de trêves?

Je vais téléphoner au dernier candidat en date qui m'a contacté via le site de "bord à bord".

Aujourd'hui, je me plonge dans les codes "Vagnon" pour me remettre en mémoire les notions que j'ai déjà accumulées et que je vais suivre durant les cours.

Chaque jour qui passe apporte sa pierre à la construction de l'édifice, le tout est d'avoir de la patience en réserve.

La nuit, lorsque je me réveille, je calcule, le carburant, les apparaux à acheter pour équiper le bateau, je cherche maintenant après une annexe, un « pneu » comme on dit pour nommer une embarcation pneumatique genre « zodiac ». C'est indispensable pour partir, il me faut aussi un radeau, des fusées, des signaux lumineux, Un pavillon National, les pavillons réglementaires, deux gaffes, 100 mètres d'amarres et de cordages divers, plus un compas fixe, un compas de relèvement, des jumelles de marine avec idéalement un compas de relèvement intégré, ce qui m'économise l'autre, un jeu de pagayes, obligatoire en eaux intérieures suivant la législation Belge, des pinoches de différents diamètres, un seau rigide, une écope et la liste n'est pas limitative bien sûr.

En attendant, je vais essayer de retrouver un peu de quiétude d'esprit afin de passer un bon réveillon de Saint-Sylvestre. Il faut parfois laisser faire le temps et se donner, justement, le temps de voir les choses se dérouler simplement.

Donc, je souhaite une bonne année à celles et ceux qui sont venus me lire un peu et j'ai encore une pensée pour mon bateau qui se dandine, là-bas bien loin, bien au chaud et à l'abri dans son port.

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12:57 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

05/11/2009

05 novembre, on avance un peu

 

J'ai reçu tous les documents du bateau aujourd'hui, en fichier électroniques, j'attends encore le certificat de radiation de la lettre de pavillon espagnol pour lancer la procédure d'attribution du pavillon belge et l'immatriculation pour la navigation intérieure.

J'ai aussi reçu une très intérressante proposition d'assurance, plus de trois fois moins chère que l'assurance belge. Je peux aller partout, en Méditerranée, en Atlantique, limité au maximum aux côtes Françaises jusqu'à Calais et dans toutes les eaux intérieures de l'UE.

Bon, on avance, de plus, Gert va aller m'acheter une bâche et l'installer sur le « cabriolet » de la timonerie, dont la couture, réparée avec de la toile « PATEX » n'a pas tenu. Au moins, en cas de pluie, l'eau ne rentrera plus et je me sentirai plus rassuré pour l'avenir et la conservation du bateau. Mais je pense qu'en janvier ou en févirier, nous irons là-bas pour équiper le bateau et le préparer à sa remontée en Belgique, entre-autre en y installant la VHF et en faisant le plein d'eau et de gasoil.

Mais tout ça c'est pour dans quelques mois, maintenant, je vais souffler un peu et me consacrer à l'étude de la navigation et du GMDSS.

 

La suite à bientôt.

19:51 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

01/11/2009

Veille de Toussaint, lendemain d'haloween. Quelle joie!

 

Le temps est maussade et je n'ai toujours pas reçu les documents officiels du bateau, voilà le problème lorsqu'on traite avec l'étranger.

Les documents, c'est, le contrat de vente avec l'adresse de la propriétaire, les documents de bords attachés au bateau, avec sont numéro de coque, les numéros et type de moteurs et enfin, l'avis de radiation de lettre de pavillon, sans quoi le bateau appartient toujours à l'ancien proprio.

Sans ces documents, pas question de l'assurer ni de l'immatriculer. Impossible d'attribuer un numéro MMSI (Maritime Mobile Service Identity) ou numéro d'identification maritime mobile et donc l'achat d'une VHF-DSC.

Donc, il m'est impossible de déplacer le bateau ou de le faire déplacer, je n'en suis ni l'affréteur, ni le propriétaire ni le capitaine au sens du droit maritime tans que je ne suis pas en possession de ces papiers.

J'espère qu'il s'agit d'un retard administratif, le bateau est en Espagne et peut-être que la vitesse de propagation du courrier est directement proportionnelle à la chaleur.

 

Mais gardons la moral, même avec une gerbe de chrysanthèmes dans la tête.

 

A bientôt.

 

Alain

12:02 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

27/10/2009

27 octobre 2009 Réflexion profonde

 

Aujourd'hui, Paquita hante à nouveau mes pensées. Difficile d'être loin de ce que vous avez espéré durant de longs mois, d'en être séparé par plusieurs centaines de kilomètres. C'est un peu comme si le virtuel avait toujours le dessus, comme si tout cela n'était qu'un rêve.

Parfois, le doute s'insinue en moi comme un sale microbe et je dois vite revivre mon reportage photo pour être certain que tout est réel.

Ce matin, une bête question est descendue de mon cerveau embrumé.

Pourquoi le bateau est-il de sexe féminin? Car « PAQUITA » est un prénom féminin n'est-ce pas? C'est le diminutif espagnol de Françoise.

Petite historique d'abord. Le premier nom de mon bateau devait être « GALATHEE » en souvenir de mon attachement à la danse classique et à un joli feuilleton d'Odette Joyeux diffusé dans les années soixante.

Mais un jour, j'ai vu que ce nom était déjà pris par une péniche habitation. Comme à ce moment, j'avais été invité par Jane à aller voir le ballet « Paquita » à l'opéra Garnier, ce que je n'ai pu faire, j'ai décidé de dédier le nom du ballet au bateau.

Voilà, c'est aussi simple que ça, en plus je ne voulais pas de nom comme l'invincible ou l'insubmersible, encore moins de « mon rêve ».

Mais je dit « elle » en parlant de lui (le bateau)! Là aussi il existe une explication, mon bateau est une vedette suédoise de surcroit, donc du genre féminin, voilà pour une raison, ensuite, pour la seconde, c'est que je l'ai acheté via un site Britannique et en anglais on dit « elle » lorsqu'on parle d'un bateau, ce qui confirmait son côté féminin.

Je vois déjà courir après moi les psy de tous bords en me disant que si j'attribue le genre féminin à mon embarcation (vous remarquerez que j'ai un certain don pour contourner les obstacles) c'est parce-que je n'ai pas fait le deuil de ma prime enfance, celle où je n'étais qu'un fœtus et que le bateau est une représentation symbolique de l'utérus qui m'a construit.

Eh bien si cela vous fait plaisir, je réponds donc par l'affirmative en vous rétorquant qu'en fait je fut construit dans ce chantier presque naval puisque baigné dans l'eau et que c'est peut-être de là que je tiens cette envie d'aller sur l'eau! Allez savoir!

Il est vrai que j'aime le balancement du bateau, j'aime les vagues et je n'ai jamais navigué plus que quelques heures en eau douce, alors que j'ai passé plus de temps sur la mer, entre Arzon et les îles d'Houat et d'Hoëdic sur un « folie douce » durant les vacances de mes quinze ans. Je me souviens avec ravissement du bruit de l'eau courant le long de la coque de polyester. J'avais été impressionné par le fait que l'eau éclairée par le soleil se voyait par transparence au travers de la coque. Vous comprendrez pourquoi je désirais un bateau en bois maintenant.

Une grande nouvelle aujourd'hui, celle de l'ouverture d'une rubrique sur le site bord à bord, dans la catégorie « plaisance », rubrique où vous trouverez mes réflexions, des idées, des conseils et des réponses aux innombrables questions que se posent tous les débutants navigateurs de plaisance, ainsi que ceux qui ont l'idée occupée à germer quelque part dans un recoin de leur cerveau.

Je vous y attends, mais je continue l'histoire du bateau, qui ne fait que commencer.

A bientôt, naviguez bien, même si ce n'est que sur la toile.

Alain

17:01 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook | |  Imprimer |

26/10/2009

Lorsque l'absence de mouvement engendre le mouvement

 

Je pensais que cette journée ne m'apporterais rien au sujet du bateau, c'est l'automne, il fait moche dehors et même parfois les coeurs s'emplissent du gris du ciel.

Mais voilà, j'ai reçu un coup de fil du chantier naval VANKERKOVEN où j'avais rendez-vous la semaine prochaine. Ils désiraient m'en donner un autre car très occupés.

J'ai exposé mon cas, le transport trop cher et mon impossibilité de remonter avant la fin de l'hiver ou le début du printemps, ils me donnent rendez-vous début mars pour me réserver une place afin d'effectuer les réparations du bateau. Voilà des gens qui comprennent et avec qui on parle vraiment entre gens du même monde. Je comprends pourquoi le chantier est complet.

Ensuite, j'ai reçu de Pascal, un ancien marinier, un fichier excel comprenant trois itinéraires pour remonter mon bateau jusqu'à Pont-de-Loup, au chantier naval.

Voilà qui devrait rassurer ceux qui doutent, ceux qui pensent que les pros sont uniquement des gros bras, des gens qui pensent que les fleuves et rivières sont leur domaine exclusif.

Cela me rappelle que lorsque j'ai commencé à chercher à apprendre, à l'époque où j'en étais encore à vouloir absolument transformer un automoteur en bateau logement, j'avais lancé sur le site bord à bord, http://bab.viabloga.com/ un petit message demandant qui pourrait m'aider à m'écoler sur un automoteur.

Le lendemain, j'avais eu une réponse d'André du DISCOVERY, qui se proposait de m'aider, comme ça, spontanément. Je n'ai jamais pu le remercier, mais l'autre jour, à l'occasion de la journée porte ouverte du chantier VANKERKOVEN,j'ai vu le DISCOVERY amarré le long du quai, ne voyant personne à bord, j'ai salué le bateau en guise de remerciement.

Et je suppose que des histoires comme celle-là il doit y en avoir des centaines.

Lors d'une promenade, nous avons discutés Christine et moi, avec un couple de vieux plaisanciers, qui désiraient vendre leur bateau qui venait de se faire souiller avec de l'huile de vidange, comme on tague un mur. Ces gens étaient tristes et nous aussi que des gens peu respectueux s'en soient pris lâchement à un bateau superbement entretenu. Ils nous ont expliqué que ce n'était pas l'unique raison de leur intention d'arrêter la plaisance, ni l'âge par ailleurs, car ils avaient l'air encore bien verts. Non nous a dit l'homme, ce sont les plaisanciers Hollandais, qui se comportent comme les seigneurs du fleuve, ne respectant ni les règles écrites ni celles non écrites qu'on appelle « usages ».

Ils s'étaient fait copieusement eng... par une flottille de propriétaires de bateau aux couleurs bleu blanc rouge horizontales parce-qu'ils avaient traîné à passer une écluse du côté du canal des Ardennes.

Bien sûr, tous ne sont pas comme ça et il existe des hollandais sympathiques, comme ceux qui nous faisaient signe lors de leur passage aux écluses. Les utilisateurs de la voie d'eau sont des humains, imparfaits, avec leurs qualités et leurs défauts.

Mais si on pouvait observer autant de solidarité sur les routes que sur l'eau, je pense qu'il y aurait bien moins d'accident et que nous nous en porterions beaucoup mieux.

Sur cette pensée, je vous souhaite le bonsoir et de rêver comme moi de vous faire doucement bercer par les mouvements de votre bateau, fut-il encore virtuel ou comme pour moi, trop loin.

 

19:55 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

25/10/2009

25 octobre ou les montagnes russes du moral.

 

Je n'aime pas ce passage de l'heure d'été à l'heure d'hiver et l'inverse aussi d'ailleurs , je n'ai jamais vraiment compris où se situent les économies promises, mais bon, nous n'y pouvons rien changer sauf aller vivre seul au milieu des bois, sans horloge.

Eh oui il y a des jours où l'humeur est terne, mélange de gris et de bois de rose.

Sachez-le, vous passerez souvent par le creux de la vague, parfois ce ne sera que le fond d'une petite houle, mais il y aura des jours où vous serez tout en bas d'une monstrueuse déferlante de 20 mètres. Ce fut mon cas jusqu'il y a quelques heures, j'avais même enlevé la photo du bateau du fond d'écran de mon PC et de mon GSM, je ne voulais plus le voir!

Que voulez-vous, même dans les meilleurs couples il y a des moments où on ne se supporte plus, et là, c'était trop difficile à gérer, le retour, l'emplacement à payer, très cher, la déception de l'impossibilité de retour par la route dans les limites de mon budget, mon impréparation à naviguer en mer, ma propre inexpérience.

Mais aujourd'hui, la nuit douce et calme ma rasséréné et ce matin j'ai replacé une photo prise de la timonerie, en face de la barre, un peu comme si j'étais déjà aux commandes.

Paquita est revenue faire renaître le rêve dans mon cœur et l'espoir dans ma tête.

Car croyez-moi, tout ne sera jamais rose ni plein d'exaltation, il y aura des jours où vous maudirez doucement votre bateau, ou vous maudirez cette idée qui vous est survenue un jour en regardant passer un automoteur ou un petit yacht, même si votre bateau n'existe que dans le pays de vos rêves les plus fous.

Tentez alors d'imaginer votre réaction s'il existe vraiment et dites vous qu'il y aura des instants de doute, des jours où vous vous demanderez si vous avez pris la bonne décision, décidé du bon choix de vie, si vous avez vraiment pesé le pour et le contre et là, le moral en prendra pour son grade. Vous aurez alors besoin de l'assistance morale de vos proches, de vos amis, vous aurez besoin d'être remis en selle, replacé sur les rails, de réfléchir sereinement aussi, de placer les choses les unes derrières les autres dans un ordre croissant de priorité.

Car si l'aventure est belle, elle est aussi parfois pénible à gérer. Avant de se lancer sur ce chemin il est bon de le savoir afin de ne pas se laisser entrainer très loin par le courant de l'exaltation et ce, que vous ayez charge de famille ou pas.

Je ne pense pas qu'il y ait beaucoup de place pour les inconscients du style à foncer d'abord et à se poser les questions ensuite. Si vous faites cela, vous avez neuf chances (chances, tu parles!) de vous ramasser la proue dans le mur et d'y couler corps et âme.

Il faut se préparer à tout.

Pour commencer, l'examen, à ne pas prendre à la légère, naviguer est une grande responsabilité, les erreurs se paient comptant, sortir de la route avec sa voiture, c'est de la boue, un peu de tôle froissée et au pire quelques dizaines de milliers d'euros à la ferraille. Un petit tour à la banque, une bonne assurance et quelques jours après vous êtes repartis avec une neuve.

Un bateau qui va se frotter à la berge, au bajoyer d'une écluse, qui se fronce le nez sur un quai ou se plante sur un rocher, ce sont des dégâts importants, une coque endommagée, une voie d'eau et parfois un naufrage. Il faut sortir le bateau au sec, évaluer les dégâts, expertiser, réparer et payer!

C'est souvent là que le rêve disparait pour de bon, car les réparations sont très chères, un dépannage s'appelle renflouage et c'est autre chose que le tracteur du coin ou la dépanneuse de votre assistance auto qui vient vous chercher.

Il faut d'abord se préparer sur le papier, consulter, devenir un vrai rat de bibliothèque, lisez tout, les vieux livres des années soixante, vous abonner aux revues spécialisées, dévorer les récits de navigation à la voile, même si vous ne voulez comme horizon que celui des fleuves, vous en apprendrez sur la vie à bord, sur les ennuis techniques qu'il faut assumer, sur les gestes qui à terre sont d'une banalité presque stupide et qui sur l'eau prennent une dimension à laquelle vous n'êtes pas préparés.

 

 

Une panne de moteur, avalant, à l'approche d'un barrage avec un fort vent latéral et des bourrasques de pluie, ça arrive plus souvent que vous ne croyez et là, vous regretterez de ne pas vous être préparé en suivant quelques cours de mécanique en cours du soir ou chez un copain garagiste.

 

Lorsque vous aurez lu tous ces récits, lorsque vous aurez conversé avec des plaisanciers, avec les mariniers, qui croyez-moi ne sont jamais avares de conseils et qui aiment volontiers parler de leur métier, mais aussi tout simplement de bateaux, car ce sont des gens qui aiment les bateaux, comme les routiers aiment les camions. On dit que les marins, ceux de la mer devraient tous faire un stage en eau douce, car c'est là qu'on voit le manoeuvrier.

Lorsque votre tête sera pleine de ces enseignements, que vous aurez compris ce qu'est un moteur, un circuit d'alimentation, de refroidissement et que vous aurez manipulé quelques pièces dans l'odeur du gasoil, alors vous pourrez faire une liste des choses à apprendre, dans l'ordre et la méthode et vous aurez aussi une idée un peu plus précise de l'étendue de vos (mé)connaissances.

Il sera temps alors de commencer la préparation proprement dite.

Vous pouvez mener plusieurs choses en même temps, aller chercher un vieux moteur diesel dans une casse et le démonter pour voir ce qu'il a dans le ventre par exemple.

Mais, il faut commencer par étudier les codes et règlements de navigation. Le code avant la pratique!

 

Pas besoin de les acheter tous, ils sont disponibles sur le net, sur les sites des ministères des transports. Imprimez-les, lisez-les, emportez-les partout, en congé, au boulot pour le temps de table, aux toilettes, lisez, même si vous ne comprenez pas tous, imprégnez-vous de tous ces termes nouveaux, commencez à les introduire doucettement dans votre langage courant, avec vos proches, partagez ce nouveau vocable, afin que tous ceux qui vous entourent vous comprennent et arrêtent de vous prendre pour un martien avec votre vocabulaire initiatique.

Achetez les guides, Vagnons et autres,étudiez-les et dans le même temps, si vous ne vous sentez pas capable d'étudier seul, cherchez-vous une école, pas trop loin de chez vous, renseignez-vous sur l'ambiance des cours, c'est important, il faut que vous vous y sentiez entre amis, dans cette agréable complicité des gens de l'eau, catégorie dont vous ferez alors déjà un peu partie.

Lorsque vous aurez un peu assimilé le code, allez vous promener le long des voies d'eau, à proximité des ouvrages d'art et des signaux, observez l'attitude des bateaux et vous remarquerez alors que la manière dont ces règles sont respectées et appliquées est bien différente du code routier que vous utilisez tous les jours.

Pas de radar, pas de gendarme à tous les coins de rues, simplement une seule et unique règle. L'observation du lieu dans lequel on évolue et la prudence qui s'impose lors de chaque manœuvre afin de ne pas endommager le bateau, sorte de matériel vivant, plus vivant qu'une voiture qui ne porte pas de nom, donc n'a pas d'âme. Sur l'eau, lenteur et prudence sont synonymes de sécurité.

Allez vous appuyer aux barrières qui bordent les écluses, restez des heures à observer les sassements, parlez avec les éclusiers, osez tendre la main aux mariniers ou aux plaisanciers afin de capeler ou décapeler une aussière autour ou hors d'un bollard.

Un sourire et quelques mots vous remercieront et vous vous sentirez lentement mais sûrement entrer dans le monde des gens de l'eau.

Pour l'étude, pas de truc, simplement un peu de rigueur et de discipline, vous pouvez même vous engager dans cette préparation sans école et étudier par vous-même.

C'est le chemin que j'ai choisi et j'ai décidé de consacrer six mois à me préparer, mais cool n'est-ce pas!

J'ai réussi haut la main à l'épreuve théorique du brevet général belge.

Ensuite, j'ai pris quelques mois à « digérer » la matière avant de décider de m'inscrire pour la partie pratique, retournant de temps à autre me replonger dans les livres pour me rafraîchir la mémoire.

 

 

 

 

Ici, une grande différence entre la France et la Belgique, si la première impose une épreuve pratique dont l'utilité me paraît douteuse, mais cela n'engage que moi bien sûr, la seconde impose une durée de six heures de pratique dans un centre de formation agréé, ou douze heure avec un moniteur, c'est à dire une personne possédant son brevet de navigation depuis quelques années déjà et qui remplira votre livret.

Une fois le livret rempli et signé, vous n'aurez plus qu'à le transmettre aux autorités compétentes qui vous retourneront votre précieux petit carton plastifié qui vous permettra de naviguer partout en Europe.

Il vous restera ensuite à préparer le brevet restreint pour la VHF, car la présence d'un tel appareil est obligatoire en Belgique et son utilisation liée à une licence octroyée à la suite de la réussite d'une épreuve somme toute assez simple.

Ensuite, vous pouvez penser que vous êtes prêts à courir les petites annonces pour y acheter votre automoteur et l'aménager en l'habitation navigante de vos rêves.

Mais dans la pratique, rien n'est plus faux, il faut demander à participer à des stages pratiques complémentaires, embarquer avec des pros, pour apprendre et boire leurs conseils (c'est une image bien sûr, surtout si vous êtes toujours décidés à naviguer avec un gros bateau. Il y en a plusieurs qui font ce genre de croisières sur de vrais automoteurs de commerce, et qui vous initient, comme Gil Bouchard et son épouse Marine sur « Kairos » http://www.kairos-peniche.com/

ou bien d'autres sur des bateaux logements / chambres d'hôtes.

Naviguer je pense que cela se mérite et surtout rester humble face à certaines situations qui peuvent sembler difficile, mais qui, si elles sont effectuées avec un minimum de règles,se déroulent sans problèmes.

Le « hic » c'est qu'un bateau n'est pas un autre, même à taille égale. Je me suis entraîné pour un bateau monomoteur avec une seule hélice et un safran dans l'axe, un bateau d'au moins quinze mètres, lourd, lent mais doux à la manœuvre et je me retrouve aujourd'hui avec un bateau de onze mètres, avec deux moteurs puissants et deux hélices, dont la vitesse de pointe est supérieure à 14 knots (nœuds), soit plus de 20 km/H.

Je dois tout réapprendre, les manœuvres, l'utilisation du couple des hélices, la manœuvre sans utilisation de la barre, uniquement en jouant sur les deux moteurs. Un vaste programme, mais oh combien exaltant car apprendre, c'est vivre!

Mais comme je suis quelqu'un de raisonnable, je vais me faire entourer de personnes expérimentées qui pourront me montrer et corriger mes erreurs avant que je n'aille froisser le joli nez de Paquita dans le solide bajoyer d'une écluse.

Je vais commencer à étudier la navigation hauturière, car même si sous pavillon Belge, aucun brevet n'est exigé pour aller en mer, ni radio d'ailleurs, je considère qu'il est indispensable de savoir faire le point avec une carte, un compas et un rapporteur breton avant de pousser sur les boutons de mon GPS traceur de carte et ses « waypoints ».

Je ne jouerai pas comme certains à inscrire mon bateau sous pavillon Belge simplement pour ne pas avoir à passer l'examen. Sur l'eau encore plus qu'ailleurs, impréparation et manque de prévoyance son les deux premiers termes d'une équation dont le résultat peut-être une catastrophe.

C'est la raison pour laquelle je vais aussi m'inscrire à un cours opérateur radar afin de bien utiliser mon équipement de bord.

Mais j'en parlerai une autre fois, je vous ai assez saoulé pour ce jour.

 

16:33 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

24/10/2009

24 octobre 2009

 

Peu de choses à dire sinon que j'ai été chercher les lettres P.A.Q.U.I.T.A. de 150mm de haut, alors que la réglementation en vigueur ne demande que 100mm. Mais bon, j'ai acheté ce que j'ai trouvé et de toute manière c'est provisoire, car une fois le bateau rentré, la coque va être poncée et repeinte. J'en profiterai pour faire un marquage définitif avec une couche de verni par dessus. J'ai aussi trouvé la toile autocollante blanche destinée à recouvrir le marquage d'origine, car je n'aurai pas le temps de le faire disparaître avant de placer le nouveau.

J'ai aussi passé mon temps à lire le récit paru dans le fluvial n°193, qui raconte le voyage tout aussi aventureux que celui que je projette et qui a été fait par un couple de français, Didier Delmas et sa compagne Marie lorsqu'ils ont été chercher leur tjalk « LA GARGOUILLE » en Hollande et qu'ils ont traversé la moitié de l'Europe pour rejoindre le sud de la France.

Je cherche un itinéraire qui m'amènera à Profondeville, au bord de la Meuse où noue rejoindrons mes parents pour leur présenter le bateau. Ensuite il ira rejoindre le chantier naval après être passé par le confluant de la Meuse et de la Sambre et de remonter celle-ci pour rejoindre Pont-de-Loup.

 

Mais croyez-moi je n'en suis pas encore là, et il faut d'abord vaincre les craintes de la famille.

Mes parents imaginent que je vais traverser l'Atlantique.

Moi, j'ai un peu d'appréhension, il faut rester honnête et serein, même si je désire par dessus tout me trouver aux commande de mon bateau, je suis conscient des dangers et je ne veux pas m'aventurer sans un minimum de préparation.

Je vais trouver quelqu'un pour m'accompagner et je vais descendre à Tarragone pour préparer le bateau, y installer un chauffage mobile au kerdane, la VHF SRC, remplacer les moteurs d'essuie-glace et les balais, plus les indispensables ustensiles de cuisine, réduits au minimum. Il me faudra encore acheter les cartes marines, les cartes fluviales, les règlements de navigation, bref, ce n'est pas un départ en vacances et je ne part pas en croisière.

Mes parents se demandent si je fais le bon choix, si ... Bref, lorsqu'une décision est prise, il faut la suivre jusqu'au bout et bien s'y préparer.

J'ai encore quelques mois devant moi et il existe plein de gens prêts à m'aider d'une manière ou d'une autre.

Je n'aime pas les choses faites à moitié et je veux être prêt à assimiler ce que les chevronnés voudrons bien m'apprendre. Encore une fois, il faut aborder ce genre d'aventure avec humilité et savoir écouter et observer.

Je n'ai aucune crainte au niveau des mécaniques, c'est mon boulot de travailler sur ces engins et puis, on dit de moi qu'avec un canif de la toile isolante et du fil de fer je peux aller au bout du monde. J'ai effectué des dépannages en Afrique avec trois fois rien alors, la voie d'eau n'est pas la savane.

La crainte, c'est celle de l'inconnu, celle de se lancer, de plonger dans la réalité, sortir du virtuel et là, je suis certain que ceux qui naviguent depuis des années se souviendront de la première fois. Comme la première fois où Maurice, mon chef de stage de voile m'a dit: « OK Alain, c'est à ton tour tu peux y aller » et que je suis monté à bord du « Vaurien CN » pour présenter mon examen pratique.

J'étais sur un voilier dans l'Atlantique, en fait un lac, et j'avais une trouille du tonnerre, mais très vite les gestes sont venus et j'ai réussi tous les exercices, ramener le bateau sans safran, sans voiles, à la pagaie. Ensuite, à chaque fois j'ai eu un petit pincement au cœur avant d'embarquer et je suis certain que même les pros ont parfois encore cette pincée au cœur avant de larguer les amarres.

Mais je suis aussi plein de cette exaltation contenue, et je commence enfin à me voir aux commandes, les mains posées sur les morses, les jambes un peu molle comme lors de l'examen pratique sur le bateau école.

Haut les cœurs, l'avenir est devant. Si vous avez des conseils, je suis preneur, dans tous les sujets.

N'oubliez pas de changer les heures de vos montres.

A bientôt.

21:34 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook | |  Imprimer |