21/02/2012

Hibernatus!!!

On ne l'attendait plus, on scrutait l'apparition de premiers perce-neige et on se serait presque laisser convaincre par les adeptes du réchauffement climatique.

Et puis, sans prévenir, nous voilà envellopés dans des tourbillons d'air polaire à observer le témoin du thermomètre plonger vers les profondeurs abyssales de son cadre.

Bon, au début je ne me suis pas trop inquiété puisque les climatologues nous disaient que le climat se réchauffait lentement mais sûrement, cet épisode n'était selon moi que les derniers soubressauts de la bête climatique en train d'agoniser.

Au bout de quelques jours, j'ai pris mon courage à deux mains et je suis retourné voir la belle au bois dormant plongée dans son sommeil cataleptique. Bien m'en a pris, car par ces températures de moins douze degrés, les sorties des évacuations d'eau avaient gelé, et les deux pompes avaient pompé, sans rien pouvoir évacuer et s'étaient mises en sécurité et quand une pompe se met en sécurité, elle ne pompe plus et... L'eau monte!

Pas de chance donc, mais comme je suis quelqu'un de prévoyant, j'ai une pompe de réserve 12 volts et une autre en 220 volts. J'ai donc assemblé un tuyau flexible de quatre mètres sur ma petite pompe, mais qui peut évacuer 4000 litres par heure, et je suis retourné au bateau pour pomper cette eau qui stagnait dans les fonds.

Petzel sur le front, j'ai descendu la pompe pour l'immerger et "clock" elle ne s'est pas immergée, posée sur cette flotte qui avait eu la mauvaise idée de geler.

Là, je comprend que je suis dedans (vous avez deviné ce à quoi je pense!) car l'eau qui gèle se dilate et en se dilatant, pousse vers l'extérieur et lorsque on pousse vers l'extérieur d'une coque en bois, les planches se disjoignent et au dégel...

Bon, c'est vrai que dans les premiers moments ont flippe, mais tout de même, au bout d'un moment la raison l'emporte.

Je prends donc un pied de biche et je... Frappe délicatement la surface gelée, pour me rendre compte que la couche est très mince et que je peux tout de même immerger ma pompe. Je vide donc l'eau et au bout d'un certain temps, il ne reste que la fine couche supérieure de glace et un sourire béat sur mon visage, je ne le vois pas, mais je le sens.

Au dehors, l'eau commence à geler à grandes plaques, sauf autour de Paquita qui, je le pense, sera épargnée par la banquise due, comme les climatologues l'on précisé sur TF1, à l'air froid descendu du pôle à cause de la fonte des glaces qui refroidissent cet air, fonte due au réchauffement du climat. J'espère que vous me suivez!

Deux jours plus tard, c'est fait, tout est gelé et la coque est prise, mon inquiétude monte jusqu'à ce que je me rende compte que la ligne bleue qui délimite la ligne de flottaison est clairement hors de l'eau, enfin de la glace, ce qui veut dire que la coque s'est soulevée et est donc à l'abri des mâchoires de glace.

L'intérieur du compartiment des machines (que je nomme pompeusement "salle des machines") est à l'abri du gel grâce au radiateur électrique que j'ai placé, c'est du moins ce que je crois, car en fait il ne fonctionne plus et lorsque je m'en apperçois, il est trop tard et les canalisations ont gelé aussi. A l'avant, c'est pareil, tout est pris dans la glace, au moins l'eau n'entre plus c'est déjà ça!

Lorsqu'enfin le dégel est annoncé et que les températures positives nous libèrent des glace, je prends trois jours de congé que je passe à bord, en compagnie du poêle à pétrole afin de surveille le dégel de la coque et des canalisations.

Mais Paquita est solide et son équipement de qualité, car une fois dégelées, les pompes ont redémarré et tout est comme avant l'hiver.

J'ai tout de même décidé de la sortir de l'eau en juin afin de mettre la coque à nu et de terminer les réparation de superstructure au sec. Elle ne retournera à l'eau qu'une fois en état, ça coûte de l'argent, mais je n'ai plus envie de stresser comme je l'ai fait et de risquer mon bateau comme ça.

Voici quelques photos de cet hiver de réchauffement...

DSC07857.JPG

Ca commence à prendre, mais Paquita est encore en eau libre.

DSC07858.JPG

DSC07861.JPG

DSC07880.JPG

Là c'est pris!

DSC07885.JPG

Pas marrant!

DSC07882.JPG

DSC07885.JPG

DSC07888.JPG

Chez nous, quand le climat se réchauffe, il se réchauffe hein!!!

DSC07890.JPG

Mais comme le laisse penser le tendeur d'amarre de Kénavo, ça fond!

DSC07891.JPG

Pas vite, mais on est dans le bon!!!

Hélas ça ne fond pas partout, surtout à l'intérieur.

DSC07894.JPG

DSC07896.JPG

 

Mais bon, tout est bien qui fini bien et tout est rentré dans l'ordre. Par contre, quelques kilomètres en amont, un bateau est coulé, encore amarré par l'avant et l'arrière. Triste!!!

 

20:18 Écrit par alaro11 | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

Les commentaires sont fermés.