29/05/2011

Dans les startings blocs

Cette fois on y est, j'ai acheté la machine qui manquait à l'exécution des travaux de remise en état.

Il faut savoir que tout ce qui peut paraître simple à un bon bricoleur à terre, devient un casse tête sur un bateau, simplement parce-que à bord, les éléments sont difficiles d'accès, impossible de faire une découpe propre à ras d'une cloison sans endommager celle-ci, difficile de démonter tout un panneau afin de le placer bien fixé sur un établi afin de le travailler. L'espace est exigu, la manipulation d'éléments de grande longueur est difficile voir impossible dans certains cas.

Les machines traditionnelles, scies sauteuses et circulaire portatives sont difficiles à mettre en oeuvre et bien des endroits à réparer sont impossibles d'accès pour elles, sans compter que le temps consacré à préparer le champ opératoire pour effectuer un travail propre est nettement supérieur à l'intervention elle-même.

Par exemple, enlever une partie malsaine d'un panneau sans endommager ce qui est sain, et sans devoir en déposer l'entièreté est un travail qui dépasse les moyens normaux du bon bricoleur. Dans le cas d'une dépose totale, il faut détacher proprement le panneau, étançonner pour garder la rigidité structurelle de l'ensemble et pour découper, il faut faire un trou afin de pouvoir y glisser la lame de la scie. C'est comme jongler avec des boules de pétanque, pas impossible, mais demandant de sérieuses qualités.

La solution qui s'impose est de passer par un chantier naval, maisil faut d'abord en avoir les moyens, et ensuite il faut en trouver un qui soit spécialisé dans le bois, et là c'est une autre histoire.

Les travaux de remise en état de Paquita relèvent plus de la menuiserie que de la construction navale, encore que sur un bateau, chaque élément joue un rôle sur la rigidité et l'intégralité de la structure, moins important sur les canaux mais capital en mer là où le bateau est soumis à des forces croisées qui fatiguent sa construction.

Après avoir cherché un peu partout sans trouver de réponses à mes questions et ne trouvant pas de professionnels pour y répondre, je me suis tourné vers le net et aux hasard de mes déambulations sur la toile, j'ai trouvé une marque qui m'a convaincu, au travers d'une éloquante vidéo, qu'elle proposait la solution idéale, l'oeuf de Colomb quoi.

La société se nomme FEIN, c'est une société allemande qui a inventé la première perceuse électrique et les premier outils électriques portatifs. Son outil, le "multimaster super cut" est basé sur le mouvement oscillatoire à haute fréquence de l'outil, l'amplitude du mouvement donnant l'efficacité à l'outil monté.

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Avec un tel porte outil, il est possible de faire des découpes sans scie sauteuse, à ras d'un panneau, de découper un élément sans endomager ce qui l'entoure.

Mais ce sont de outils professionnels qui ne sont pas en vente dans les magasins de bricolage, là on trouve une imitation à destination du bricoleur dans la gamme "Bosch". Ce produit, tout en étant moins cher, n'offre pas les même performances de coupe, mouvement oscillatoire de moindre fréquence et surtout de moindre amplitude et puissance machine moindre.

L'achat du multimaster nécessite de casser sa tire-lire, ou comme moi, d'y sacrifier une bonne partie du pécule de vacances. En effet, le kit d'entrée de gamme est à 350€ TVA non comprise alors que l'outil Bosch est à une centaine d'euros, somme à laquelle il faut ajouter les outils qui ne sont pas bon marché.

J'ai donc porté mon choix sur l'outil "FEIN Multimaster supercut marine" et au vu de la qualité de construction de la machine et de l'équipement du kit, je pense avoir fait le bon choix. J'ai complété cet achat, par l'acquisition de douze serre-joints supplémentaires, d'une solide bâche (240gr) afin de recouvrir l'entièreté des zone en chantier.

J'ai enfin trouvé du multiplex marin aux normes et aussi un revendeur des époxy "West System".

A partir de mercredi prochain, je commence les travaux pour une durée de quinze jours.

Je publierai des photos au fur et à mesure de l'avancement des travaux.

la suite bientôt.

10:29 Écrit par alaro11 | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook | |  Imprimer |

22/05/2011

Après l'hiver... Le printemps

Cette année nous avons été gâtés par un hiver long et mouvementé. Après la crue de la Meuse, il y a eu la neige  qui interdisait de se rendre sur le bateau tant elle était épaisse.

La neige ce n'était rien, le pire fut la crue qui nous a obligé de déplacer le bateau deux fois.

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La première fois, elle se promenait dans le courant violent à huit mètres du quai, toujours bien amarrée mais à bout de ses amarres. Il fallait de toute urgence la ramener à quai, monter à bord et la faire reculer d'une quinzaine de mètres. Plus facile à dire qu'à faire car elle ne voulait pas revenir, préférant jouer dans le courant comme un gamin qui saute dans les flaques. Au bout d'un quart d'heure de traction humaine sur les cordages, elle a fini par se rapprocher suffisamment pour que je puisse grimper à bord. Je bien dit grimper, car le pont était à 60 centimètres du quai, l'eau étant seulement à moins de dix centimètre du quai.

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Une fois à bord, j'ai compris que Christine et Luc n'arriveraient pas à tirer les dix tonnes de Paquita dans le courant à la seule force de leurs bras et de leur bonne volonté et j'ai mis les moteurs en marche.

Ensuite ce fut le début de la bataille entre le bateau et le courant, l'amarre arrière étant larguée et tenue par Christine, qui n'avait plus en main qu'une dizaine de centimètres de cordage libre. A bord, je voyait arriver le moment où elle devrait lâcher.

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Alors, poussée par les deux volvo penta Paquita s'est ébrouée et a commencé à avancer. En jouant alternativement avec les deux moteurs, j'ai réussi à la ramener à quai, pendant que Christine et Luc tiraient comme des forcenés sur les cordages. Une fois collée au quai, nous lui avons fait faire un demi-tour et nous l'avons placée quinze mètres plus loin, dans une zone de calme.

Une fois amarrées en double dans sa zone hors courant, elle est restée sagement contre le quai.

C'est alors que je me suis rendu compte que ce déplacement de quinze mètres nous avait pris toute l'après-midi et dans un froid de canard en plus.

Mais je savais que là où était installé le bateau, se trouve un haut-fond sableux et que lorsque la décrue interviendrait, il faudrait avance et retourner le Bateau, nous avons efectué cette opération avec Jean-Pierre en quelques minutes, le courant étant redevenu normal. Maintenant, elle est toujours au même endroit, là où elle a passé le reste de l'hiver, les passe-coque fermés et le circuit de refroidissement secondaire rempli d'antigel écologique.S3010057.JPG

Mais le gel n'a pas pu pénétrer à l'intérieur, la température interne étant toujours restée positive. J'ai installé un poêle à pétrole et lorsque j'avais un peu de temps libre, j'allais à bord une heure ou deux pour chauffer et sécher l'intérieur.

Résultat de ce premier hiver belge, assez satisfaisant dans l'ensemble, aucuns dégâts dans la partie avant ni dans la timonerie, par contre dans la cabine arrière, les lattes du plafond ont gonflé, et étant donné qu'elles ont été montées sans joint de dilatation, deux d'entre elles se sont fendues ce qui fera encore un poste de travail supplémentaire.

Et voici le printemps qui annonce la reprise des travaux de réfection. Au départ, je n'ai rien fait, par manque de moyens et de temps, mais depuis, nous avons désarmé le bateau en enlevant du bord tout ce qui ne concernait pas les travaux à venir. Ensuite, j'ai cassé ma tirelire pour acheter une machine professionnelle FEIN supercut marine top, qui est une sotre de petite scie vibrante qui permet de couper proprement partout, là où les autres scies n'ont pas accès. En plus elle se transforme en ponçeuse et avec l'outil adapté, on peut enlever facilement les joints de pont. Cher, mais puissant et universel. Je ne veux pas utiliser d'outils qui me laiseront tomber au bout de quelques jours d'utilisation.

Maintenant il me reste à acheter le contre-plaqué marin, et surtout de trouver où on en vend, du vrai. J'ai une adresse à Ciney et je vais y aller voir bientôt.

J'ai décidé de garder les vitres d'origine et de remettre en état leur système d'écoulement d'eau de condensation à la manière des châssis d'habitation. La pose de nouveaux hublot est reportée de cinq ans, lorsque je placerai Paquita dans un chantier naval breton spécialisé dans les bateaux en bois et qu' j'aurai touché ma retraite complémentaire. L'argent est toujours le nerf de la guerre.

La suite très bientôt.

09:50 Écrit par alaro11 | Lien permanent | Commentaires (4) | | |  Facebook | |  Imprimer |