07/09/2010

Remise en état du pont

 

Gris, c’est la couleur de ce qui n’est pas net, du linge terni, du ciel bas chargé de tristesse et d’eau.

 

Gris c’est la couleur du cafard qui ronge novembre.

Gris c’est la couleur des jours moroses.

Gris, c’est la couleur de mon pont en teck.

Je n’aime pas le gris !

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Si je ne peux rien faire pour le ciel, en revanche pour le pont du bateau il est possible de faire quelque chose pour lui rendre la couleur chaude qui l’habille lorsqu’il pleut.

J’ai cherché partout pour obtenir des « trucs », des conseils de pros pour rendre sa jeunesse au beau pont de Paquita, mais je n’ai pas trouvé grand-chose, d’exploitable s’entend, comme toujours, dans les forums de discutions, il y a tout et son contraire, difficile de trier le bon grain de l’Ivrée.

Alors, dans des cas similaires, il faut se poser et faire fonctionner ses neurones en observant bien les surfaces à traiter.

Constatations : La surface des lames est constituée de bois oxydé, fibreux et friable et les joints de SikaflexÒ font saillie au-dessus du plan des lames.

Les joints sont en bon état, bien réguliers et sans retrait, ce qui veut donc dire qu’il est possible de les conserver moyennant leur nivellement au niveau du plan des lames.

our la partie friable, je prends la décision de poncer les lames une à une avec un papier de verre grain 40, donc assez abrasif, à utiliser délicatement.

Je n’utiliserai pas une ponceuse à bande comme je l’ai lu sur le net, mais ma ponceuse vibrante Black et Decker.

Nous commençons par réduire l’épaisseur des joints à l’aide de ciseaux à bois très très aiguisés, à manier avec précaution, la partie oblique vers le pont afin d’empêcher l’outil de pénétrer dans les lames de bois.

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Au bout d’un moment, le pont est couvert de « spaghettis » noirs de SikaflexÒ signe qu’il est temps de passer au ponçage mécanique, ce qui donne une quantité incroyable de poussières sous laquelle disparait un pont tout doré de sa jeunesse retrouvée.

Mais il reste des traces grises qui ne pourraient être enlevées que moyennant un ponçage trop vigoureux. Une solution existe et c’est l’acide oxalique, qui a pour effet de « dégriser » le bois, mais aussi la pierre et d’autres matériaux.

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Grâce à une connaissance de Christine qui nous a fait cadeau d’un bidon de ce produit, destiné au départ au traitement des meubles de jardin en teck et autres bois exotiques, nous pouvons passer à l’étape suivant, l’enduisage du pont avec cette gelée bleue.

Mais comme la notice précise que ce produit doit être posé sur une surface mouillée, et que de l’eau suinte encore à la jointure entre le pont et le châssis avant, je décide de démonter la latte qui cache ce joint afin de voir ce qu’il y a derrière et aussi de nettoyer et étancher ce panneau.

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Comme de bien entendu, la dernière vis en inox ne veut pas venir et la tête cruciforme est devenue ronde. On envoie des fusées dans l’espace, mais les ingénieurs ne sont pas foutus de donner une dureté convenable à la visserie inox, mais qu’est-ce qu’ils font dans les bureaux de recherche et développement ? Ils jouent aux cartes ou quoi !

C’est ce que je me dis en râlant sur cette p… de vis qui ne veut pas tourner, alors, je pose tout et je regarde.

J’empoigne le ciseau de 10mm, et je creuse un petit puits autour de la tête de cette satanée vis, et à l’aide d’une pince étau à fin bec, j’entreprends de faire tourner 32è de tour par 32è de tour la vis récalcitrante qui, c’est certain est déjà condamnée à terminer dans la poubelle.

Au bout de quinze minutes, son compte est bon et je me fais un plaisir de la jeter dans le seau.

Bien m’en prend, car une fois la latte déposée, le gâchis du travail de ces bricoleurs du dimanche m’apparait, avant de poser le joint, l’ouvrier espagnol n’a pas nettoyé sous le panneau et le produit n’a pas adhéré, le joint ne tient pas partout, et là où il ne tient pas, fatalement, l’eau s’infiltre, c’est aussi simple que ça !

J’enlève donc le vieux joint, gratte sous le panneau et je creuse un peu les lames de pont afin d’avoir de la place pour poser le joint neuf.

 Le SikaflexÒ est un polymère, mais je n’en n’ai pas trouvé à Namur, Luc, mon voisin du bout du quai, me conseille de chercher dans les autres marques de colles polymères.

Comme par hasard, PattexÒ sort un nouveau produit « hight polymère » qui se décline en plusieurs couleurs, noir, brun, blanc et transparent. Qui plus est, il est meilleur marché que le SikaflexÒ mais le noir est… Moins noir !

 

 

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Tant pis, je l’utiliserai pour la partie non visible du joint, à savoir la partie qui sera cachée par la latte « quart de rond » qui court le long du panneau et je terminerai par un joli joint congé avec le SikaflexÒ 291 lorsque j’aurai reposé la latte après sont nettoyage.

On passe donc à l’humidification du pont, je m’initie très vite à la technique de prise d’eau à l’aide d’un seau métallique, un nœud de chaise frappé sur l’anse et plouf, le récipient est jeté ouverture vers le bas. C’est réussi lorsque le bruit est sourd, alors le seau est rempli, un bruit de ferraille et c’est raté, l’engin flotte. Au bout de quelques minutes, je déverse un torrent d’eau partout, même sur mes pieds et aussi sur ceux de Christine, mais là j’avoue que j’ai un peu visé.

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Ensuite on badigeonne partout, largement, sans s’arrêter et c’est long tout de même onze mètres à parcourir courbé, une main pour soi et une autre pour la brosse et en marche arrière en plus, avec ces taquets qui n’attendent que vos pieds pour vous pousser vers l’eau.

Au bout d’une demi-heure, c’est fait, on laisse agir et ensuite il faut rincer en brossant, Christine brosse et moi, j’inonde à tour de bras, relayant la p’tite blonde lorsqu’il faut insister autour des obstacles formés par les taquets et les cordages, là il me faut enlever la brosse du manche pour mieux la manipuler.

Le résultat est spectaculaire, l’eau est grise du bois décomposé par l’acide (sans danger pour l’environnement, je rassure les écologistes de tout poils, inutile de m’envoyer un zodiac de greenpeace, l’acide oxalique est contenu dans les épinards et dans l’oseille.

C’est le dos fourbu que nous contemplons le pont mouillé tout paré de sa couleur naturelle, celle qu’il aura une fois le produit de protection appliqué, dans 24 heures, car il doit sécher au soleil.

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Pour effectuer cette opération, j’ai acheté un produit destiné à la protection des terrasses, mais de qualité « marine » de la marque V33, un bidon de 2,5 litres plus 20% gratuit à 30€.

Mais il faut agir vite et couvrir les couches mouillé sur mouillé, seul il faut s’appeler Clarck ken pour le faire, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est le nom « civil » de superman.

J’engage donc une superwomen pour m’assister en la personne de Virginie, la marraine du bateau.

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Nous voilà donc à couvrir le pont de trois couches, glissant sur le produit, les mains collantes d’huile spéciale.

Au bout d’un peu plus de deux heures, nous avons terminé et là ! C’est beau ! Nettement mieux que ce gris qui est dit-on à la mode dans les marinas « branchées ».

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Nous on s’en fiche, nous seront débranchés, mais nous auront un pont de yacht, pas de barque à deux rames !

On va pouvoir aller en Bretagne l’esprit léger, Paquita sera bien à l’abri.

Merci à Christine et à Virginie pour leur participation active et efficace. Elles auront encore l’occasion de participer dans le futur, c’est certain car il y a encore du boulot.

A bientôt

 

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Avant!

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Après!

 

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 Cette fois, le pont est vraiment étanche et l'eau fait des perles comme sur une voiture simonisée. A peu de frais, seulement de l'huile de bras, quelques feuilles de papier émeri et de l'huile pour pont.

 J'ai commencé aujourd'hui, à rechercher comment sont agencées les pompes, il en manque une, fixe, pour remplacer celle de secours que j'ai installé en Espagne.

 J'en ai ôté une autre de 220 volts du style "vide-cave" qui est bloquée et que je vais essayer de réparer. J'ai aussi réparé et réglé la jauge à carburant du réservoir tribord dont le bras était monté à l'envers et mal réglé, j'en ai profité pour refaire les connexions et les étamer. J'ai aussi constaté que mes réservoirs font chacun 500 litres et non pas 250 comme ceux d'origine. Et ils sont pleins au trois-quart! Bonne surprise, moi qui les croyait presque vides. Décidément ce bateau est un chameau, j'ai fait le plein à Savoyeux pour la dernière fois. Incroyable.

Demain on va déplacer la barque en acier de Jean-Pierre, sur le bateau, pas grand chose à faire pour l'instant si ce n'est ranger les outils.

On avance!!!

 

 

 

 

 

 

 

21:40 Écrit par alaro11 | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook | |  Imprimer |