10/06/2010

27 mai 2010

 

La journée commence avec la pluie et pour ne pas troubler notre habitude, par une écluse. Nos compatriotes s’en vont vers la Moselle avec leur chien. Nous larguons à notre tour et sous la pluie car rien ne nous arrête, nous dirigeons vers l’écluse numéro cinq. Il faut bien sortir pour amarrer et Christine, vêtue de mon imper et de ma casquette « Continental » s’en va effectuer ces opérations. Lorsque le bateau est en sécurité et stoppé, je sors à mon tour pour l’aider et surtout pour aller déclencher le cycle puisque le fameux levier bleu se trouve à gauche et que comme d’habitude, nous sommes à droite.

Une camionnette de la Gendarmerie est stationnée à côté de l’écluse, je m’en vais saluer les pandores et la conversation s’engage, voilà que j’ai affaire à deux gendarmes « belgophiles «, le plus jeune est fiancé à une Belge et le plus âgé, (le chef hein Tassin !) à des amis à Evere.

On cause de Belgique et de belgitude, des problèmes linguistiques, nous dérivons sur le séparatisme et la volonté, en cas de scission, de la part de certains francophones de rejoindre la France. Ils trouvent qu’historiquement ce n’est pas correct, que les Français sont des Français et les Belges francophones non. Nous voilà partis dans un cours d’histoire et il semble que l’histoire de France enseignée de l’autre côté de la frontière ne commence qu’avec les premiers Capétiens, avant était le néant ! Je leur rappelle que la Gaule Belgique s’étendait jusqu’aux portes de la banlieue parisienne actuelle puisque le territoire des peuples belges s’arrêtait vers l’Isle Adam et même plus bas puisque la limite extrême de cette partie de la Gaule était la Seine elle-même. Le plus âgé reste coi. Bref, au bout d’une heure, sous un arbre, un second bateau arrive, et lorsque je veux enclencher la bassinée, il ne se passe rien. Je téléphone à VNF et je leur explique que les gendarmes… Le régulateur me répond que c’est normal, que l’écluse s’est mise en sécurité et qu’il m’envoie un agent et me demande jusqu’où je désire aller aujourd’hui. Ma réponse est toujours la même : »le plus loin possible » la réponse est que ce jour, justement, c’est jour de grève nationale et que je peux aller jusqu’à Dieue-sur-Meuse, soit 25 km plus loin.

On fait contre mauvaise fortune bon cœur, car sans la loi sur le service minimum, nous aurions du faire demi-tour.

Dix minutes plus tard, nous passons, avec derrière nous le voilier Allemand qui met un temps fou à sortir de l’écluse. Au bout d’un quart d’heure, il a disparu et j’avoue accélérer un peu pour faire l’écluse suivante seul. Pas bien hein!

C’est ce que nous faisons, et encore après, si bien qu’au bout de huit écluses, nous l’avons définitivement largué, ce qui semble bien arranger le jeune agent envoyé pour nous faire passer. Normalement il doit regrouper les bateaux, mais il explique à son chef que le second bateau n’est pas là et qu’il ne peut raisonnablement pas nous laisser attendre l’arrivée hypothétique du second bateau. Il a raison ce ne serait pas raisonnable de nous laisser attendre.

Comme nous avons pris de retard à cause de la grève, le régulateur nous promet de nous envoyer un agent le lendemain à 0830 pour nous faire gagner du temps. Voilà ce que j’appelle un service public !

Nous arrivons à Dieue-sur-Meuse vers 1515, effectuons un amarrage de pros, je bricole à nouveau la prise électrique, nous faisons le plein d’eau, et comme la mairie met cet emplacement gracieusement à la disposition des plaisanciers, nous décidons d’aller faire quelques courses dans le bourg. Première halte, la pharmacie, immense. Ensuite le bar-tabac d’où nous sortons pour nous rendre chez le boulanger, qui est fermé.

Déçus mais têtus, nous partons en expédition à la recherche du commerce alimentaire renseigné sur les panneaux directionnel, et nous ne trouvons rien. Comme le ciel commence à se couvrir, nous rentrons vite au bateau, juste à temps pour voir les premières gouttes s’écraser sur les vitres.

Bref, une journée calme, moins éprouvante que les autres, mais qui signifie encore du retard.

Tout de même, j’oubliais l’agression dont Christine a été victime alors qu’elle patientait sur le pont lors d’une bassinée. Nous étions tous deux à notre poste, moi à l’arrière et elle assise sur le toit à l’avant. Tout est calme, la pluie a cessé et les oiseaux chantent, tous sauf deux qui visiblement cherchent quelque chose d’autre, ils volent en paire, aile dans l’aile.

Nous ne le savons pas encore, mais il s’agit d’un apprenti bombardier en piqué et de son instructeur. Celui-ci s’écarte, reprend un peu d’altitude et sur un signe convenu entre eux, indique à son élève que tout est en ordre et qu’il peut y aller. Voilà le jeune apprenti qui monte et qui au sommet de son ascension se retourne et plonge à une vitesse folle. Moi, d’en bas je n’ai pas encore compris l’attaque et comme le bateau est désarmé je n’ose même pas imaginer que des oiseux nous ont pris pour cible somme si nous étions un porte avion durant la guerre du Pacifique. Il plonge toujours, et soudain je vois quelque chose qui se détache de son ventre et qui plonge vers le pont avant. Attendant l’explosion fatale, je rentre la tête dans les épaules et je me bouche les oreilles intérieurement, mais si c’est possible ! L’instant d’après, paf ! le projectile atteint la cuisse de Christine heureusement sans exploser, il devait s’agir d’une munition d’exercice !

J’entends la protestation de mon mousse, et je tchiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip désespéré de l’apprenti qui a raté son objectif, je pense qu’il visait la tête ! Quelle idée aussi de se promener en blonde sous les oiseaux. Encore heureux pour elle que l’élève était un petit et non pas un héron, car eux question style, c’est plutôt le bombardement stratégique avec un chapelet jaunâtre de plus d’un mètre de long.

Alors, si vous le permettez, nous allons réparer les dégâts. Je vous laisse jusqu’à demain. Ah oui, pas de photos aujourd'hui à cause des batteries de l'appareil qui sont plates comme ma bourse!

 

19:28 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

Les commentaires sont fermés.