20/05/2010

19 mai 2010

Ce matin, on se lève de bonne heure, six heures, pour allonger les heures de navigation, je fais le café, me rase, ensuite rituel de branchement des batteries, je tourne la clé de contact du moteur tribord et… rien. Je me dis que c’est encore une démonstration de la grande loi de la frustration universelle, mais il n’en n’est rien, car le moteur bâbord refuse aussi. Mais j’ai mon arme secrète, la grosse batterie de réserve on va voir ce qu’on va voir !

Je branche, je tourne la clé et même chose. Je me prends alors à bien examiner en détail mes deux batteries principales, celle bâbord est bien connectée et les bornes sont exemptes de sels d’oxydation. Par contre, la batterie tribord est mal foutue, avec deux énormes câbles sur la borne négative et le câble positif corrodé et mâchouillé comme un vieux cigare. J’essaye de les démonter et ça résiste, en plus je suis mal mis pour travailler, mes lunettes glissent sur mon nez et je n’y vois plus rien, en plus je suis à genou sur les escaliers du carré, penché en avant dans le compartiment moteur avec les côtes sciées par le bord supérieur de l’escalier.

Pas le pied je vous assure.

En plus, ce salaud d’alternateur tribord s’est desserré et donc il ne charge plus. Je m’occupe de débrancher la batterie et de la sortir de son logement, 150 ampères, un poids de fou ce truc là et à bout de bras en plus.

 Je la sors dehors avec l’aide de Christine et je casse les deux cosses de batterie puisqu’elles ne veulent pas venir je suis pas du genre à me laisser emm. par un morceau de ferraille! Je place la batterie de réserve et je rebranche les cochonneries des ouvriers espagnols. Pour ce faire, je dois couper la partie pourrie du câble positif, dénuder et poncer un nouveau tronçon et le placer dans la cosse neuve que j’ai eu la présence d’esprit de prendre avec moi. Ensuite au tour de la cosse négative avec ses deux énormes câbles qu’il faut glisser dans une cosse prévue pour un seul. Au bout de vingt minutes, c’est chose faite, ne reste plus qu’à retendre les courroies. Je m’y applique, positionne mon levier à talon pour pousser l’alternateur à fond de tension et je commence à serrer l’écrou lorsque le levier qui n'attendait que ça glisse, il l’a fait exprès je le sais et je me retrouve basculé tête en avant sur le moteur. C’est dur un Volvo Penta je le jure, d’ailleurs, ça saigne, pas le moteur, ma tête. Mais les courroies sont tendues. Victoire ! Je tourne à nouveau les clés et cette fois, ça démarre au quart de tour. Je vais donc devoir tout refaire sur ce bateau!

On range tout et à dix heures, nous sommes partis pour huit heures de navigation sans problèmes, sauf à Auxonne où se trouve notre première écluse automatique.

Devant nous un luxemotor Suisse, méfiez-vous des Suisses !!!

Il s’arrête et ne bouge plus. Je dis à mon mousse blond que l’écluse doit être en panne, et pendant que nous faisons le bouchon devant l’écluse, les agents de VNF viennent réparer.

Au bout d’une heure, on peut passer devant un anglais sur un bateau de location, qui ne comprend pas qu’il doit se placer derrière moi pour lever la tige bleue qui déclenchera le mécanisme d’éclusage. Il se met en travers, manque de me rentrer dedans à un tel point que je me demande si je ne vais pas le couler de suite pour être tranquille. C'est vrai qu'on à l'air con vu de l'extérieur lorsqu'on rate sa manoeuvre, mais je ne vais pas lui jeter la pierre hein!

Tout d'un coup, un sursaut lui fait comprendre qu’il doit monter à l’échelle, faire le tour de l’écluse pour actionner la chevillette, en plus c'est pas compliqué, c'est écrit dessus. Enfin l’écluse fonctionne, et une fois le cycle terminé, nous plantons là cet anglais pour aller nous réfugier au port d’Auxonne pour la nuit.

Nous appontons (action d’apponter…) comme des vrais pros et une fois Paquita amarrée, je vais voir à l’accueil pour obtenir du courant, je paie par carte à l’automate, en suivant les instructions de l’aimable dame de l’office du tourisme. Nous sommes assurés de l’électricité cette nuit, cela veut dire chauffage et batteries chargées.

Je suis crevé et une fois le repas avalé, je vais me coucher.

Alors, pour ce soir, dodo. A demain.

21:42 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

18 mai 2010

Le réveil nous cueille à six heures et nous nous réveillons, je ne sais pas si c’est comme les cailloux, mais on se réveille.

 

Petit déjeuner rapide comme d'hab, rangement, j’allume l’ordinateur et son GPS, ensuite le GPS du bord et la radio de bord, je tourne la clé de contact du moteur tribord (nous sommes sur un navire pas sur un bateau, ne pas l’oublier) et…Rien !

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Je branche la batterie de secours. Toujours rien ! je coupe le circuit et je le réenclenche et enfin le moteur démarre. Caprice ? Pas en mécanique, mais je suis trop occupé pour réfléchir plus avant. Germain était là tout à l’heure, sur son vélo et puis il a disparu, j’aurais aimé lui dire au revoir et savoir qu’il regardait ma manœuvre.

Je vais frapper à la porte de la timonerie de « Marvin » et je réveille Jean-Louis qui me débranche l’électricité, et moi, dans l'excitation du moment j’ai oublié de lui demander combien je lui devais. Il s’habille en vitesse et vient me donner un coup de main pour larguer. Je suis triste de quitter tous ces gens gentils qui nous ont ouvert leur vie et offert leur amitié sans réserve, comme ça, parce que c’est ainsi que l’on vit sur l’eau.

Je resterai en contact avec eux.

J’exécute mon appareillage sans problème en jouant avec mes moteurs, sans barre et nous voici partis. Je passe la barre à Christine qui sent facilement le comportement parfois un peu rebelle de Paquita, mais ici elle ne se rebelle pas. A mon avis, la Suédoise doit être blonde, comme toutes les Suédoises et entre blondes hein…

Arrive le moment de la première écluse. Je n’ai aucune appréhension pour y entrer, grâce à Germain qui m’a rendu confiance, mais il en va différemment de mon mousse. Je lui explique la manœuvre et tout se passe bien, j’arrête Paquita pile à la hauteur du bollard et Christine attrape celui-ci du premier coup. Mais l’éclusier nous demande d’avancer car un autre bateau entre avec nous. On recommence, comme des pros et arrive le bateau, un monstre de 110 mètres qui fait des croisières. Il s’appelle « Camargue » et en le voyant entrer, j’espère qu’il a été à l’entretien et  que ses plaquettes de freins sont bonnes sinon...

Concentrée! elle est concentrée!

 

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Elles le sont car il s’arrête derrière nous. Sympathique l’éclusier, car les transports de passagers ont priorité sur nous. La bassinée se passe bien, je sors de l’écluse et je me range sur le côté pour laisser passer le monstre sans être remercié de mon geste par ailleurs.

 

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Par contre je remercie l’éclusier pour son bon accueil ce qui ne doit pas lui arriver tous les jours je suppose et il me souhaite bonne route en retour.

 

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Châlon sur Saône que nous contournons par la dérivation pour ne pas perdre de temps. Convoyer n'est pas flâner!

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Sortie de la dérivation.

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BaCyRouge et TriCoVert!

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Désiré, avalant. A plus tard, sait-on jamais?

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Nous naviguons à l’aise, de temps à autre je passe la barre au mousse (vous avez essayé de le dire au féminin ?).

Seconde écluse et là Camargue est devant nous. On passe l’écluse comme la première, sans difficultés. Mais il faut s’arrêter et je choisi une halte où d’après le guide, l’eau et l’électricité sont gratuites. Il y a déjà du monde, et je rate mon approche. J’ai retenu les leçons de Germain, mais ici il n’y a pas de courant et le bateau ne dérive pas. Je fais comme il m’a dit, je recommence ma manœuvre et cette fois, pile poil au quai.

 

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Mais pas de courant ni d’eau, merci au guide fluvial pour les renseignements pas vérifiés !

En tout cas, un bateau de location est stoppé et nous ne comprenons pas pourquoi, la fatigue sans doute, je leur ai fait signe pour savoir s’ils voulaient s’amarrer et ils ont répondus par l’affirmative.

Ce n’est que lorsque nous voyons nos voisins Britanniques se déborder que nous comprenons qu’ils sont échoués, avec 40 cm de tirant d’eau, faut vraiment être c.. pour aller se planter là. En plus, ils n’ont pas la radio, fatal il faut une licence et ils n’en n’ont pas, ils n’ont même pas de radio d’ailleurs. Je trouve criminel d’envoyer des gens sans connaissances aucune et sans moyens de communication. Moi, je ne peux même pas les aider avec mes deux moteurs de 150 cv à cause de mon tirant d’eau de près d’un mètre en eau douce.

Et cela fait douze heures de navigation et je suis fatigué, tant pis, je débranche tout sauf la pompe du surpresseur, petit repas et à 21h00 je vais dormir comme un loir (au moins eux je sais qu’ils dorment !).

20:58 Écrit par alaro11 dans Général, Loisirs, Navigation | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

15 16 et 17 mai 2010 en attente à Villefranche sur Saône

Ce matin, Germain est venu me chercher afin que je puisse mettre à jour mon blog en me connectant sur son réseau. Il a une jolie maison, toute proprette avec un joli jardin d’agrément. Après quelques difficultés, j’ai pu me connecter envoyer mon article, répondre à Christine et placer un autre article sur le site bord à bord. Ensuite il m’a conduit au supermarché, m’attendant patiemment dans sa voiture. Une fois rentré, j’ai rangé les achats dans la cambuse et j’ai installé le drapeau breton sur le côté bâbord de mon mât.

Ensuite, un peu de farniente, sans le soleil et sans cigales, simplement avec le chauffage d’appoint.

16 mai

Ben je m’étais trompé, il fait plus chaud et j’ai eu droit à un peu de soleil et pas de farniente, j’ai fixé mes deux taquets chromés à l’arrière du bateau afin de faciliter les manœuvres d’amarrage dans les écluses ensuite il m’a pris l’idée de démonter un morceau de la cloison de la salle d’eau pour voir pourquoi l’extracteur d’air ne fonctionnait pas. En fait il fonctionnait mais n’était plus alimenté j’ai placé une ligne provisoire. Il va falloir refaire certaines parties de l’installation d’origine et remplacer cet extracteur qui fait presque autant de bruit que les moteurs.

Germain est venu me voir aussi, pour prendre de mes nouvelles, simplement.

Il viendra me chercher demain pour me conduire à la gare et aller chercher Christine.

J’ai écrit un article sur bord à bord et le reste de la journée est passé rapidement. Je me suis fait un nouveau copain, un superbe cygne mâle, énorme, je lui donne à manger, il est resté aux abords du bateau. Le soir un DVD que m’a prêté Jean-Louis et vers 22h30 au dodo.

 

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17 mai

J’ai passé une bonne nuit, j’ai même eu trop chaud, bon signe. Petit déjeuner rapide et ensuite j’ai fait les lits et placé un verrou sur le couvercle de l’espace cuisson. Puis mon copain le cygne est venu me voir, je lui ai donné le reste de la baguette d’hier et quelques minutes plus tard, il est venu m’appeler à nouveau alors je lui ai donné le reste des biscottes ; Pour l’heure il fait sa toilette posé sur la pointe de la petite presqu’île à ma droite.

 

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C’est bientôt l’heure et Germain y est. Arrivé à la gare, j’achète les billets de train et à la question qui m’est posée de savoir si je prends le premier train, je réponds par l’affirmative. Le quai d’où part mon train est le quai un qui contre toute logique se trouve à l’opposé de la gare (dans les chemins de fer, le quai un est toujours le quai le plus proche de la gare sauf ici).

Je demande à un employé qui me confirme que c’est bien là et je monte dans le train qui est à l’heure. Arrive Lyon Vaise, puis Lyon Perrache puis… On sort de Lyon ! M… je vais voir l’accompagnatrice du train, je lui explique mon problème elle me répond que je suis dans un train pour Valence et que le bon train était à 13h09 et pas à 13h05.

Ben tiens voilà des trains qui arrivent à se suivre à quatre minutes ici, je lui explique que chez nous, le train de 13h05 arrive à 13h12 et que le train de 13h09 est passé à 13h10, donc dans ma logique d’utilisateur des transports de la SNCB, le premier devait-être le bon ! Ben c’est raté. Mais comme elle est sympa et que je l’ai fait rire, elle me fait une annotation sur mon billet et il ne me reste plus qu’à descendre à Vienne (en France hein pas en Autriche je vous imagine déjà en train de sourire bêtement) et ensuite prendre le train Marseille Lyon Part Dieu, ce que je fais avec une petite appréhension tout de même. J’arrive à la gare en même temps que le train de Christine qui n’arrivait pas à 15h21 mais à 15h01 (toujours le même souci de précision dans les renseignements donnés à la gare de Gembloux, ils ajoutent automatiquement vingt minutes de retard à tous les horaires, c’est plus facile ça doit être une déformation professionnelle).

 

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Enfin elle est là ma p’tite blonde. Je vais déposer sa valise à la consigne, à ne pas faire, c’est cher, et nous voilà partis chez carrefour pour y faire quelques emplettes. Ensuite nous retournons à Villefranche où Germain et son épouse Monique nous attendent pile devant la gare. Ils nous invitent gentiment à prendre un café et nous passons là un agréable moment à deviser. Monique rassure Christine à propos du passage des écluses, elle s’y fera vite. A voir la mine de mon mousse blond (ce qui ne peut absolument pas se mettre au féminin. Essayez !) je comprends qu’elle est septique. Et moi je ne sais pas encore qu'il nous faudra un certain temps de rôdage avant d'avoir une technique au point.

Nous rentrons à bord, nous nous installons et ensuite coucouche panier dodo tiroir ! (vieille expression familiale).

Nous dormons comme des cailloux, dixit Christine, je ne savais même pas que les cailloux dormaient, d’ailleurs comment fait-on la différence entre un caillou endormi et un caillou éveillé ? Quelqu'un connait?

20:50 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

15/05/2010

14 05 2010 direction Villefranche sur Saône via Lyon.


Lever un peu plus tardif aujourd’hui puisqu’il nous faut attendre huit heures avant d’aller nous présenter à la pompe à carburant.

Le capitaine du port arrive à l’heure convenue et on commence à remplir les réservoirs, elle boit encore et encore, à tribord comme à bâbord ce qui est inutile puisque les deux réservoirs sont interconnectés, mais ça je ne le sais pas encore. Au total elle va avaler 294 litres, ce qui me donne une consommation de 12 litres à l’heure pour les deux moteurs, compte tenu du courant de fou qui a sans arrêt tenté de nous repousser vers la mer, c’est raisonnable.

Je décide néanmoins de réduire un peu l’allure pour diminuer ma consommation.

Ensuite nous faisons nos adieux au capitaine du port et nous partons.

Le courant force un peu moins et le bateau avance à bonne vitesse ce qui me permet de laisser les moteurs tournrt cinq cent tours plus lentement.

Les écluses géantes se succèdent, et après nous avoir annoncé quinze minutes d’attente, l’écluse de Vaugris, connue aussi sous le nom de Pierre Bénite nous laisse bouchonner presque une heure en attendant un commerce et… Jupiter qui ne veut plus nous lâcher.

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C’était la dernière écluse du Rhône, Germain s’est fâché sur l’éclusier qui nous a laissé poireauter aussi longtemps.

Nous repartons vers Lyon, Jupiter derrière nous, quelques kilomètres plus loin c’est la Saône qui nous tend ses eaux et nous traversons Lyon en contournant la colline de Fourvière, le tout sous la pluie. Pas marrant, mais Lyon est une superbe ville.

 

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Le Rhône et la Saône

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Christine m’a téléphoné pour m’annoncer qu’elle viendra me rejoindre à Villefranche-sur-Saône pour terminer le voyage avec moi. Voilà la meilleure nouvelle qui soit. Simplement je vais perdre deux jours à attendre, mais c’est ainsi, cela fait partie de la navigation. La Saône est nettement plus calme et Paquita flirte avec les sept nœuds à 1800 tours.

Un peu avant d’arriver, Germain me propose de pousser les moteurs à fond, ce que je fais et aussitôt, le nez de Paquita pointe vers le ciel et sa vitesse grimpe jusqu’à 18 nœuds, c’est fabuleux, faudra que je montre ça à Christine.

Germain reprend la barre pour nous amarrer au 38 mètres de son copain Jean-Louis, bateau qu’il transforme en bateau logement. C'est un ancien commerce qui vient de Belgique sous sa devise d'origine: le Marvin.

 

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Je leur donne un coup de main pour bâcher le bateau, car Jean-Louis s’est ouvert méchamment le doigt avec un verre qui lui a explosé dans les mains à cause d’un coup de vapeur sortie du robinet d’eau chaude.

Il m’invite à prendre un verre et après avoir connecté Paquita à l’électricité, je vais le rejoindre, lui et son compère chaudronnier exceptionnel.

Nous passons la soirée ensemble, autour d’un verre et d’un repas improvisé d’une salade, une omelette et le reste de mes pâtes du jour précédent.

Nous avons pas mal de points communs, et il est Breton de Concarneau, ça ne s’invente pas ces choses là !

Retour à bord à une heure tardive pour passer une nuit au calme.




















15:10 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

13 Mai 2010


Le chauffage ayant donné toute la nuit, au matin nous nous réveillons dans une douce chaleur, sans humidité et nos vêtements sont secs. Que voilà un grand bonheur que l’on ne peut apprécier qu’après en avoir été privé. Petit déjeuner rapide et après avoir rangé le carré, nous nous préparons à appareiller.

Tout semble annoncer un excellent début de journée, je sors pour larguer les amarres et ranger les cordages et... Je rentre glacé par un mistral qui n’a rien du café chaud de Roland Marci (pour les amateurs de « plus belle la vie », clin d'oeil à Christine!).

Je passe un polar qui me sera bien utile tout au long de la journée, car une fois en route il n’y a plus de chauffage à bord.

La route se poursuit, à bonne vitesse, soit un peu plus de 8 Km/h avec des pointes à 12. Germain me montre comment augmenter la vitesse et diminuer la consommation de carburant en dirigeant le bateau vers les endroits abrités du courant et du vent.

Je passe aussi mon brevet de « bouchonnage », ne cherchez pas dans un dictionnaire, ça n’existe pas mais je vais expliquer cette technique très spéciale qui consiste à s’opposer au courant dans les biefs d’attente aux écluses  en jouant avec les moteurs pour faire du surplace.

Vous me direz que ce n'est pas très utile alors qu’il y a des pontons d’attente qui permettraient de s’amarrer et de couper les moteurs et  donc d’économiser le fuel.

Correct, mais dans ces longues minutes où Paquita bouchonne, j’apprends à lui laisser le nez dans le courant, à l’obliger de rester immobile en attendant que l’écluse ouvre. J’apprends à mieux sentir ses réactions, je l'apprivoise cette fille de viking. Ah ces blondes!

Grâce à ces exercices, je passe plusieurs écluses et la manœuvre, loin de m’angoisser, commence à bien me plaire. Il a raison Germain, dans la navigation, un des plaisirs est de manœuvrer le bateau.

Nous rencontrons des monstres que les écluses semblent avoir des difficultés à vomir.

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Un grand automoteur entre avant nous, nous le retrouverons quelques fois encore, jusque sur la Saône.

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Le désiré.

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En chemin, nous rencontrons un compatriote sur une vedette nommée « Jupiter » il remonte aussi en Belgique, avec son fils.

 

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Nous avons beau le distancer et marchant fort, il est derrière nous à toutes les écluses suivantes. Leçon à retenir, il ne sert à rien de forcer l’allure, il suffit de marcher à la vitesse la plus économique.

 

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Tant de vignobles et même pas le temps de s'arrêter!

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La table du Roi! Mieux vaut refuser l'invitation!!!

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Désiré nous attend!

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Prêt à entrer, fin de l'exercice du bouchon.

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Le soir, nous couchons dans le joli port des Roches-de-Condrieu où nous sommes accueillis par un capitaine de port très sympathique, il nous aide à amarrer le bateau, nous explique le code pour aller aux sanitaires et rendez-vous est pris le lendemain pour les formalités et aussi pour faire le plein de la belle.

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Vient ensuite le même rituel que les autres jours, repas, douche et ensuite un peu d’ordi avant une nuit toujours au chaud grâce au chauffage portatif.













14:46 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

Troisième jour, de Laudun l’Ardoise à Le Pouzin

 


La crue n’aura pas lieu, en tout cas pas aujourd’hui. Nous passons l’écluse de Caderousse sans problèmes.

Cette fois Germain m'a laissé à la manoeuvre et j'ai appliqué ce que je lai vu faire hier. J'en apprendrai encore beaucoup dans les jours qui vont suivre.

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Voici comment nous nous y sommes pris pour amarrer le bateau, c'est efficace et plus tard, Christine et moi allons développer notre propre méthode. Mais chaque chose en son temps.

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En gros plan.

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Ensuite, la navigation se déroule  à une bonne vitesse, car Paquita coupe bien de son nez tout fin le courant que le fleuve lui oppose. Germain a constaté en jouant avec les « trims » que le bateau était plus manœuvrable volets baissés à basse vitesse et volets relevés à partir de six nœuds soit plus ou moins 9 km/h.

 

 

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On se prend au jeu de pousser un peu, et voilà la belle suédoise qui retrouve sa vigueur d’antan et lève son étrave. Je vais voir sur le côté et je constate qu’elle commence à déjauger à cette vitesse et que tout d’un coup elle reste stable sur sa trajectoire et se conduit presque comme une voiture (enfin là j'exagère tout de même un peu).

 

J’en apprends sur elle à chaque minute, il faut dire que j’ai Germain avec moi et qu’il semble trouver d’indéniables qualités au bateau. Quant à moi, je commence vraiment à prendre conscience que ce bateau est bien le mien. Le temps est vraiment moche, pluie et orages au menu, heureusement l’orage se défile devant nous, comme s’il craignait notre colère, il s’éclipse et nous laisse un ciel chargé de pluie qui elle ne nous craint pas et nous arrose en abondance.

Vers dix-huit heures, nous arrêtons à le Pouzin, amarrés à un quai équipé de deux bollards et d’une borne avec l’électricité et l’eau gratuite. Voilà un bel exemple d’initiative destinée à inciter les plaisanciers de passage à venir dans ce village. Espérons que les profiteurs indélicats n’en profiteront pas pour venir vampiriser ce qui est offert chaleureusement, je ne vise personne, suivez mon regard (vers le nord, là où poussent les tulipes, les caravanes et le gouda !!!).

Je pars faire des courses, acheter du pain entre autre et me voici à la poursuite d’un Intermarché qui indiqué à une minute se trouve finalement coincé à trois kilomètres de là. Il pensait qu’en s’éloignant il allait me décourager, et bien c’est raté. J’y achète les dernière baguettes, un pain multi céréales et un pain de mie pour faire bonne mesure. Je rentre sous un crachin à faire pâlir de rage un Breton et la soirée se passe rapidement avec un repas vite expédié et la rédaction de ce récit.

Je vais me coucher, mais je me replie vite dans le carré, car ma couchette est toujours mouillée (ce n’est pas moi je le jure, c'est Paquita) et cette humidité venue du ciel m’empêche de dormir.

Je vais donc m’installer sur la banquette du carré où je ne dors pas si mal que ça tout compte fait.

J’ai la bonne idée de laisser tourner le chauffage toute la nuit, car avec la pluie, la température plonge vers le bas.




14:31 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

Avignon et second jour de navigation fluviale.

 

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Hier, Edmond est revenu dormir un peu à bord en attendant l'heure de son train, il est parti tôt ce matin et je l'ai vu quitter le bord encore plongé dans un état de semi coma causé par le somnifère que j'ai pris hier soir.

Ce matin, je me suis levé presqu’après le départ d’Edmond, bref et sans émotion. Trop tôt pour faire quoi que ce soit d’utile dans le bateau, j’ai préféré me recoucher et tenter de voler quelques heures à la nuit. Mais à sept heures, j’ai abandonné ma couchette pour me faire à déjeuner. Au menu, une boite de thon mayonnaise et des biscottes et le reste d’eau en bouteille.

Ensuite j'ai installé la nouvelle batterie, que j’ai équipée de deux bornes sur lesquelles j’ai fixé les deux câbles avec pinces, accessoire inutile de l’onduleur, ensuite j’ai placé la batterie entre les deux batteries moteurs et je l’ai fixée avec des vis, la borne positive est branchée, ne reste que la négative à brancher pour disposer d’une batterie de démarrage si je ne pouvais pas me raccorder au secteur le soir.

 

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Ensuite, j’ai la visite de Claude, le capitaine du port qui me demande les renseignements habituels et à qui je demande pour avoir un peu de courant, vu l’état de mes batteries. Il ouvre la boite à fusibles et me montre que deux des prises de la borne étaient branchées, évidemment, j’ai essayé les deux autres, celles qui ne fonctionnaient pas. Il me branche et c'est un vrai bonheur que d'avoir à nouveau du courant à bord.

Mon moral en légère hausse, je vais réparer ce cher vieux Georges le pilote automatique, l'électronique membre d’équipage permanent, celui qui reste toujours à bord.

C’est fait en dix minutes dans le calme, ce que j'aurais pu faire en mer si je n'avais pas été aussi stressé. 

Après avoir rangé mes outils dans cette saleté de boite fourre tout, je m’en vais prendre une douche avant de partir en expédition dans la ville afin d’acheter du ravitaillement. 

 

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Il pleut, mais il fait doux, chaud pour moi, mais visiblement pas pour les habitants de la ville qui sont tous couverts comme en automne chez nous. Je me coltine un sac de plusieurs kilos, et il me manque encore des choses, je dépose tout au bateau et je repars avant la fermeture déjeuner des magasins.

 

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L’après-midi, vers 14h00, Germain arrive avec son sac bleu et sa bonne humeur. Je ne sais pas pourquoi, mais je me sens immédiatement à l’aise avec cet homme, son calme me rassure, il jauge le bateau, assez vite, nous parlons quelques minutes, puis je lui expose mon problème pour faire le plein et nous nous rendons sur place et aussi à la capitainerie pour prévenir Claude de notre intention de donner du gasoil à boire à la belle qui doit avoir soif depuis l'Espagne.

Nous rentrons à bord, je démarre les moteurs, et pendant que Germain tâte des commandes, je fais du café, à la belge et comme chez les ch’tis, à la chicorée.

Ensuite je largue les amarres et me voici parti pour ma première leçon, avec explication de mes erreurs. En accostant contre le courant, il faut dépasser légèrement l’endroit où on veut accoster et ensuite se laisser pousser par le courant en corrigeant à l’aide des moteurs et ne pas faire ce que j’ai appris à l’école, à savoir prendre un angle de plus ou moins trente degrés par rapport au quai et s’y glisser. C’est le meilleur moyen d’aborder les autres me dit Germain. Il a raison, quoiqu'en matière d'abordage, je me débrouille pas mal, j'aurais certainement fait un bon pirate!

Toutefois, j'ai expliqué à Germain que j'avais perdu les pédales, la confiance en moi et tout le toutim; c'est donc lui qui se met aux commandes et moi à l'amarrage et au portefeuille.

Une fois le plein effectué; nous appareillons pour du bonet Germain teste le bateau, l’apprécie et nous devisons, assez fort car les moteurs sont bruyants tout de même à près de 2500 T/min.

 

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Nous retournons vers l’aval afin de reprendre le lit principal du fleuve et nous suivons un énorme bateau hôtel que Germain reconnait comme étant celui piloté par un de ses amis.

Il entre en contact par radio avec lui, et c’est en le suivant que nous arrivons à l’écluse d’Avignon. L’éclusier nous bassine avec le bateau passager, énorme masse d’acier devant la menue Paquita.

 

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Le capitaine de ca bateau, le Viking, est sympa car au départ de l’écluse, il est tout doux avec ses moteurs pour ne pas nous secouer et risquer de nous endommager, il repart doucement presque imperceptiblement presque sans remous.

Moi, j’ai vu comment amarrer et aussi un peu la manœuvre, la confiance revient, mais pas encore totalement. Le reste de la navigation se déroule sans incidents, il y a de l’eau sur le Rhône comme dit Germain, ce qui veux dire que la pluie des jours derniers va venir gonfler les eaux du fleuve et qu’en prévision, les barrages vont lâcher de l’eau, ajoutant du courant au courant on va atteindre plus de six km/h suivant les instruments de bord.

 

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Je ne touche pas aux commandes, Germain me laisse le temps de reprendre confiance, j'observe ses manoeuvres et enregistre ses conseils.

Encore une écluse géante.

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La nuit nous nous réfugions dans un port situé au bout d’un bras mort du Rhône à Laudun l’Ardoise après avoir remonté sur près de quatre kilomètres ce bras mort tout en louvoyant entre les branches et les morceaux de bois libérés des rives par la montée des eaux.

En effet, en prévision d’une crue due aux orages qui frappent la région, les gestionnaires ouvrent les barrages, ce qui fait monter le niveau des biefs et enlève des rives les branches et troncs d’arbres déracinés durant l’hiver. Germain les repère de loin et vire à gauche ou à droite suivant le cas.

L’accueil dans ce port est charmant comme l’est la capitaine du port, aimable et directement au service des plaisanciers. En plus de l’accueil, ce petit port bien abrité a un caractère frais et on s’y sent tout de suite chez soi.

Nous y branchons Paquita sur l’électricité, un repas rapide et ensuite dormir, car demain on part de bonne heure afin de passer avant la crue éventuelle.

Mais les batteries de mon appareil photo sont à plat et je n'ai aucune photo personnelle du port en voici une en provenance du net.

 

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14:16 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

La tempête et le premier jour de navigation en eau douce

Départ de Mataro à sept heures trente. La mer est houleuse, mais pas trop, il fait relativement beau et le vent du sud réchauffe l’atmosphère humide de la nuit.

 

 

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À six nœuds, le bateau semble faire du sur-place, mais je n’ai pas le choix, elle embarque encore de l’eau et il faut enclencher la pompe toutes les trente minutes. J’ai peur de forcer et d’endommager la coque. Mon compère semble se moquer de moi, il faut dire qu’il a d’autres chats à fouetter et que s’il est là, son esprit n’y est pas. Mon plan est d’aller jusqu’à Banyuls et d’y passer la nuit avant d’entamer la traversée du golfe du lion le lendemain. D’heures en heures, nous progressons et bientôt, le cap Creus se profile devant nous, après que nous avoir coupé la baie de Rosa et navigué au large. Je stresse à cause d’une panne éventuelle, la houle nous chahute par le travers arrière et cela devient vite très inconfortable, long et inconfortable. Quand je pense qu’il y a des gens qui aiment ça, c’est tout pour eux ! Même si je sais déjà que la mer m'a mordu et que c'est justement naviguer sur cette eau mouvante qui me manquera plus tard, mais n'anticipons pas!

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Le bateau roule, elle souffre, c’est certain, sa coque trop longtemps au repos grince et craque, mais elle ne se laisse pas faire. Le cap Cerbère est atteint, je monte mon pavillon de complaisance français et je range l’espagnol. La radio commence à parler notre langue, le moral remonte, une fois le cap passé, la mer se calme et Paquita se redresse, sa course s’allonge et la vitesse monte un peu, en même temps que le confort à bord.

Sur bâbord, au-dessus des montagnes, une sorte de voile enveloppe les sommets et je sais que c’est mauvais signe. Je le dit à Edmond, qui semble me prendre pour un doux dingue qui ne sait pas ce qu’il raconte. La radio se met à crachoter et j’entend pour la première fois en vrai le massage « Sécurité ! Sécurité ! Sécurité ! ici le CROSSMED qui va diffuser un Bulletin Météo Spécial sur le canal 79, 7. 9. Alors ça, ça pue le coup fourré à plein nez!!!

 

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Je passe sur le canal soixante dix-neuf et j’entends clairement qu’un avis de coup de vent « Warning Gale » est annoncé pour le lendemain dimanche sur le sud du cap d’Agde de 0900 GMT au lundi 0300 GMT.

Le sud du cap d’Agde, c’est là où je suis et où je serai encore demain si je passe la nuit dans le port de Banyuls. Il est 1800 et je prends la décision de naviguer toute la nuit, d’abord en direction d’Agde afin de pouvoir le cas échéant me réfugier sur le canal du midi via l’écluse ronde ou via Sète sur le canal du Rhône à Sète. Je descends dans le carré afin de calculer mes routes et « waypoints » et me revoilà dans la timonerie pour programmer Georges. J’informe les miens de mon intention, avec déjà la certitude que je vais leur causer beaucoup d’inquiétudes. Je suis formé, mais novice en la matière, même si mon comparse semble croire que tout est simple. Le capitaine à bord, c’est moi et la loi à bord, c’est moi qui la fais, après Dieu !

Sitôt la décision prise, voilà que la mer se change en un lac même pas ridé, à peine un soupçon de houle longue et douce presque langoureuse.

 

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Je n’aime pas ça, mon instinct et ce que j’ai lu me dicte de me méfier, c’est vraiment le calme avant la tempête. Qu’importe, le vin est tiré, il faut le boire. Nous photographions des thons en train de saute hors de l’eau calme, tout en faisant des réflexions à propos des thons que nous sommes venus voir si loin alors que chez nous, dans les rues… je passe !

Soudain, devant nous, un groupe de trois bouées à perche dérive en travers.

Je débranche « Georges » et je vire franchement sur tribord et… rien ! Le bateau ne répond plus du tout, mou comme une motte de beurre, Georges se met à gueuler d’un bip énervant et affiche un message inconnu.

Edmond part chercher le mode d’emploi et moi, je vire au moteurs, inversant le tribord pour éviter l’obstacle. Edmond traduit, un problème au transmetteur d’ordre.

Je fonce dans le roof, soulève sans ménagements le matelas tribord ainsi que le lattage. Rien, tout est normal. Je continue par le côté bâbord. Horreur ! La rotule du vérin est désolidarisée, pas cassée pas endommagée simplement sortie du filet de fixation sur le piston du vérin, le filet est intact, mais le gouvernail bâbord est inopérant.

Vite, les outils, je réagis en terrien et je panique, alors que rien ne presse et que j’ai le temps de réparer, je suis tout de même mécano il ne faut pas l’oublier.

Edmond a compris, il place les moteurs au ralenti et débranche Georges qui n’arrête pas de gueuler. Il m’apporte la caisse à outils, une saleté d’espèce de fourre-tout où il faut tout vider à chaque fois, et je la vide sans ménagements sur le plancher de la timonerie pour trouver les clés multi-crans coudées, les clés plates et les douilles.

Comment le vérin à-t’il pu lâcher, la rotule est fixe et le contre-écrou du vérin est toujours en place. Une seule solution, il n’était pas serré, simplement vissé sur un ou deux filets, c'est de la malfaçon, de la négligence criminelle car si cela nous était arrivé dans les rochers du cap Creux, c’en était terminé de nous.

Je remonte le tout très vite, Georges gueule encore, mais moins fort et il se remet à fonctionner en nous avertissant qu’il va aller mais moins bien, on s’en fout, qu’il fonctionne c’est tout ce qu’on lui demande.

Je retourne à la table à carte pour corriger ma route, et range mes outils dans la boite à con, vu que je n’aime pas le désordre, surtout dans un milieu fermé comme un bateau où on doit pouvoir mettre la main sur ce qu’il faut dans la seconde, ce que ne semble pas comprendre mon compère qui vit dans une sorte de b… organisé comme dit sa compagne. Moi, je veux que tout soit à sa place question de principe !

Le route reprend, longue, monotone, sans vie, loin des côtes que nous ne voyons plus, elles sont à plus de vingt kilomètres.

Autour, du bleu, gris-bleu et rien d’autre et la mer, qui lentement, comme pour nous endormir, se met à grossir et à enfler, et le vent du sud-est qui forcit, se durcit pour à nouveau chahuter le bateau.

Je dis à mon comparse d’aller se coucher, parce-que nous devons économiser nos forces. Je le réveillerai après le changement de cap au large du cap d’Agde.

Il part se reposer, car dormir est un vœu pieux dans un bateau secoué par les lames de travers, dans le bruit assourdissant des deux moteurs lancés à près de deux mille tours minutes. Je m’accroche à mon siège n’ayant rien d’autre à faire que de surveiller le GPS, Georges, l'écran radar et d’aller brancher la pompe dès que l’eau dans la cale avant arrive au niveau du dessus du corps de pompe.

Deux heures plus tard, Edmond émerge de la cabine, il n'a pas bien dormi dans ce roulis qui le rend presque malade, et dans ce bruit. Je décide d’aller à mon tour me reposer un peu, lui explique la situation, montre le cap à tenir et je vais me blottir calé sur ma bannette et enroulé dans ma couette, car il fait froid à bord !

Dormir, juste un peu, mais pas trop, car j’entends les coups que la mer porte à mon bateau, et j’ai mal pour elle, je sens sa coque qui résiste à la mer des romains la « mare nostrum », celle qui voudrait bien nous bouffer et nous faire entrer entiers dans ses entrailles. C'est incroyable le bruit que peuvent faire les vagues qui s'écrasent à quelques centimètres de votre visage, là de l'autre côté de la coque.

Paquita plonge, se tord sous les assauts des vagues, mais elle tient bon, elle se prend même au jeu de surfer sur les rouleaux, comme si elle voulait dire à la mer qu’elle ne gagnera pas sur un bateau qui a résisté à une mer de force neuf en 1969. J’ai confiance en elle, je sais qu’elle est solide et que la mer n’aura pas le dessus, mais nous, allons-nous tenir ?
Toute la nuit, avec pour seul horizon le balcon avant éclairé de blanc de rouge et de vert, au-delà, c’est la nuit, le noir total. Aussi ch... qu'une nuit mal éveillé dans un corps de garde!

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Mes yeux, c’est le radar, qui montre les vagues qui se préparent à monter à l’assaut, qui tentent de nous encercler, de nous contourner.

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A chaque fois qu’une grosse tache apparait, dans les secondes qui suivent, le bateau monte et tape dans un bruit sourd.

 L’eau jaillit sur l’étrave, se pulvérise en gouttelettes que le seul essuie-glace efface du pare-brise bâbord. Mes lunettes sont pleines de sel à cause de l’eau en poudre qui entre par la fenêtre de côté que j’ai laissé ouverte pour mieux voir la mer sur mon côté bâbord. 

A l’horizon, au travers de la brume des embruns, j’ai repéré le phare de Leucate, facilement, alors qu’au cours je me demandais comment on faisait pour les reconnaître de loin, ici je trouve ça facile, on regarde et on compte le temps entre les éclats ensuite on consulte la carte, on prend un relèvement, hauteur du phare et on trace le point.

Seulement à quelques millimètres de la route tracée, bien ! Mais ce ne sont que quelques minutes volées à la nuit qui sera encore longue et dure, secoués que nous sommes de gauche à droite, jetés de nos sièges par cette mer invisible, ces vagues noires dans une nuit d’encre.

Au loin, les lumières de port Leucate, sorte de halo qui nous rappelle que là-bas la vie existe, que des gens se disent bonsoir avant de passer une nuit au chaud sans se préoccuper de ceux qui, comme nous sont ballottés au large.

Je suis perdu dans mes pensées « quelle riche idée j’ai eu là, pouvais pas acheter un camping-car comme tout le monde ? » le cauchemar ne semble pas vouloir se terminer.

Il est temps d’aller enclencher la pompe qui recrache l’intrusion sournoise de la mer par une planche de bordé qui a trop travaillé.

La nuit se passe et voilà Edmond de quart, je vais m’allonger, je somnole, secoué par les mouvements du bateau, inquiet du bruit sourd des vagues sur la coque, je fais taire mon imagination qui m’empêche de me détendre, je pense aux miens, qui doivent se ronger les sangs là-bas au nord. Je dois rester positif même si ce n’est pas simple. Je reste en contact avec Jacques, mon condisciple du cours de navigation, je lui envoie ma position par sms à chaque fois que le réseau s'établi, et lui, là-bas à Lustin me répond jusqu'à bien tard dans la nuit. Il connait la situation météo et il me transmet son évolution au fur et à mesure, j'imagine un peu ce que les grand solitaires ont du ressentir accrochés au fil invisible de leurs liaisons radio.

Deux heures plus tard, engourdi, je remonte dans la timonerie, reprends les commandes, enfin, si on peut dire, car c’est Georges qui fait le boulot tant bien que mal. Je scrute des yeux les rivages de Sète, je cherche le balisage du chenal d’accès, non pas que je veuille y entrer, mais il servira à confirmer ma route. Je retourne à la table à carte et je calcule que bientôt une bouée d’eaux libres devrait se trouver à un nautique sur bâbord. Quatre éclats blancs groupés. Je cherche et puis soudain, là-devant, je crois voir une lueur fugace au ras de l’eau. J’attends, j’enfonce mon regard dans celui de la nuit, je la transperce et oui ! C’est elle, ma bouée. Je suis heureux, après une si longue route, j’ai tracé celle qui m’a amené exactement là où je voulais aller.

Au loin, une lueur commence à poindre. L’aube, enfin la mer commence à se montrer, sombre et honteuse de la nuit qu’elle vient de nous faire passer les constructions bizarres de la grande motte sont sur notre bâbord et devant, deux amers identiques alors que le bloc marine ne parle que d’un, je penche pour celui le plus au sud mais comme j’en ai marre de me faire secouer, je décide de remonter la côte pour faire face aux vagues et reconnaître par la même occasion le premier amer un château d’eau identique à l’autre. En Bretagne un seul aurait été peint en blanc et l’autre serait resté couleur béton.

Mais bon, je fini par trouver l’entrée et je me présente devant le pont tournant qui ne tourne pas, je recule, on s’amarre, c’est terminé, aujourd’hui je ne bouge plus, même si ça fait faire grise mine à Edmond qui n’aura pas saint-wifi aujourd’hui, tant pis! Je peux comprendre sa déception, mais je suis fatigué. Je vais voir à la capitainerie, non sans avoir téléphoné à ma petite blonde pour la rassurer et qu’elle rassure les autres. Il n’y a personne, pas de douches, pas de courant. Je veux dormir et je vais dormir. Edmond reste sur sa faim dans le carré. Il faut se reposer, naviguer par ce temps ce ne sont pas des vacances, d’ailleurs je ne suis pas en vacances, je convoie mon bateau !

Je propose à Edmond de le déposer à Avignon, afin qu'il puisse prendre le TGV et rentrer au pays s'occuper de sa petite, ce sera mieux pour tout le monde, la tension est presque audible, comme le chant des haubans dans les rafales d'une tempête d'octobre.

Il reste le problème de trouver un accompagnateur expérimenté de préférence, j'envoie un sms à Jean-pierre en lui demandant de bien vouloir écrire un post sur le site de bord-à-bord, un peu comme une bouteille lancée à la mer.

Le lendemain matin, les batteries sont toujours à plat et pendant qu' Edmond qui se sent pousser des ailes à l'idée de partir tôt, trouve un garagiste qui ouvert aux aurores, accepterait de nous prêter une batterie ainsi que des câbles, je reçois un appel sur mon portable, il s'agit d'un marinier retraité qui se propose de venir me rejoindre à Avignon afin de m'accompagner jusqu'à Villefranche sur Saône. Je téléphone à ma p'tite blonde pour lui demander si elle peut trouver quelqu'un pour continuer le voyage à partir de Villefranche.

Edmond est revenu avec la batterie espérée et les câbles. Une fois les moteurs démarrés, Edmond retourne rendre les câbles seulement, car j'ai décidé d'acheter la batterie.

Une fois que tout le monde est à bord, nous appareillons et nous nous présentons juste à l'heure devant le pont tournant qui... Tourne et nous laisse le passage vers le suivant qui lui reste immobile et désert.

 

 
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Comme si nous étions au bord d'une route, nous abordons un pêcheur sur sa barque à qui nous demandons notre chemin; Il nous confirme que nous somme sur la bonne route. Ouf!
Mais voilà qu'au loin, tel un barage, se dessine le premier pont sous lequel il va falloir passer. Après la mer, il est difficile de s'habituer à une réduction de l'horizon et là, j'ai l'impression de me précipiter à la vitesse folle de 8 km/h vers un barrage perçé d'un tout petit trou en son centre. Je ne suis pas rassuré, surtout que le trou semble bien s'élargir au fur et à mesure que je m'en approche, mais il n'augmente pas en hauteur. Comme j'ai la nette impression que je vais y laisser ma superstructure, je ralenti au maximum tout en restant manoeuvrant et Edmond monte sur le pont et me donne toutes les dix secondes les infos au sujet du tirant d'air. Je suis immobile derrière la barre, mes mains collées dessus, je ne veut même pas la lâcher pour saisir mon appareil photo afin d'immortaliser les derniers instants, j'en suis sûr, de la superstructure de mon bateau. elle avance franchement la bougresse, comme si elle se moquait de moi. Elle veut se suicider ou quoi?
 
Tout d'un coup, nous sommes sous le pont, la vitesse au plus bas, si nous étions un avion, nous serions en décrochage. Edmond me crie "soixante centimètres au moins au-dessus du radar!" Et dans ma tête, une petite voix me sussure:" pôvre pôvre couillong". Ben quoi, j'ai le droit non? Je débute alors laissez-moi avoir peur, laissez-moi douter et apprendre.
 
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Le paysage est d'un calme absolu et il fait doux.

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Des gens récoltent les roseaux qui serviront peut-être à couvrir un toi breton?

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On croise un monde étrange!

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Et puis zut, encore un pont, mais cette fois je suis rassuré, il y a visiblement de la place!

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Vient ensuite la première écluse, celle de Saint-Gilles sur le canal du Rhône à Sète. Dire que mon entrée fut une réussite serait un bien grand mot, en fait j'y entre comme avec l'automoteur de mon brevet, ce qui est une erreur, car lui bénéficiait de son inertie pour ne pas trop farder, mais Paquita avec ses presque dix tonnes ne fait pas le poids, et l'amarrage est disons un peu bizarre. Mais l'éclusier en a vu d'autres, et il me met en confiance par sa gentilesse et son acceuil. Comme c'est la première écluse du réseau de VNF (Voies Navigables de France), j'accompagne l'agent au sommet de la tour afin d'y régler ma vignette. Hélas, le système informatique est planté et il est impossible de faire le paiement, en plus les agents de VNF ne peuvent plus encaisser d'argent en espèces. L'agent me conseille de tenter à nouveau le coup lorsque je quitterai le Rhône qui est en concession à la compagnie du Rhône.

 
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Nous continuons à naviguer cabriolet déposé pour profiter de la douceur de l'air dans un paysage reposant, mais tout de même assé monotone.
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On croise enfin un automoteur qui descend à fond la caisse, du côté gauche du chenal sans arborer son panneau bleu. Il n'y a pas que sur les routes que le code n'est pas respecté, cela devient une habitude partout. Pas de gendarme, donc pas vu pas pris. Le code on s'en fout ça ne sert à rien, sauf bien sûr lorsqu'on coule un plaisancier à Paris pour ne pas avoir respecté les vitesses imposées ce qui fait deux morts... Lamentable attitude tout comme celle de ce patron (jeune) de pousseur qui râlait parce-qu'il y avait des plaisanciers sur la Seine et qui avait décidé une fois pour toute de ne plus ralentir. Heureusement, tous les utilisateurs de la voie d'eau ne sont pas comme ça!
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Ensuie, c'est le Rhône qui nous acceuille dans son lit, non sans essayer de nous rejeter vers la mer de toute la force de son courant, et comme il a pas mal plu depuis quelques jours, "il y a de l'eau" comme disent les pros. Plus ou moins 10 Km/H, ce qui n'est rien pour les deux Volvo Penta de Paquita, mais la largeur du cours d'eau est vraiment impressionnante, la Meuse à côté fait figure de ruisseau.
 

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Arrive la première écluse géante du Rhône très impressionnante malrgé le fait que ce n'est pas encore la plus haute!

 

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On s'en approche lentement, trop lentement comme je l'apprendrai plus tard.

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Une fois dedans, plus rien ne va, j'y suis entré avec trop peu de vitesse, je ne manoeuvre plus, et comme je ne suis pas encore assez au fait de la manipulation des deux moteurs, je ne parviens pas à tenir le bateau. Pire encore, comme nous n'avons aucune expérience sur la manière d'amarrer, nous commettons l'erreur de commencer par l'amarre avant, ce qui fait que le bateau obéissant aux lois de la physique, se met à pivoter sur son étrave, se positionnant en travers de l'écluse. Réflexe du débutant, on s'accroche à son amarre comme à son cordon ombilical et... On à l'air con! La solution dans ces cas là est de laisser filer pour rendre sa liberté au bateau, qui sait mieux que nous comment faire, et de l'amarrer par l'arrière pour commencer, et de seulement attacher l'avant lorsque la coque est rangée le long du bajoyer. Mais cela, je l'apprendrai plus tard!

En tout cas, je présente mes excuses au personnel de l'écluse qui me rassure en me disant qu'ils ont déjà vu bien pire!

A l'intérieur, on se sent tout petit et encore sommes-nous seul dans cette tranchée.

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Mais on fini par en sortir intacts, sauf au niveau de l'amour propre!

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Le grand fleuve continue à dérouler ses rives pour nous.

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Ici nous ne sommes plus seuls, des paquebos fluviaux de 110 mètres partagent l'eau.

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Arrive enfin Avignon et son pont, terminus de la première étape et lieu de débarquement pour Edmond. Le port de plaisance se trouve de l'autre côté du pont Saint-Bénézet.

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L'arrivée au port de plaisance se passe vraiment mal, je ne tiens pas compte du courant et engage trop tôt l'avant du bateau, avec un angle de plus ou moins 30° avec le quai, mais je suis repoussé contre un joli tjalk britannique dont le propriétaire vient au secour d'Edmond pour me sortir de ce mauvais pas.

Je suis découragé, j'ai perdu confiance en moi et je me sens prêt à tout laisser tomber.

Quelques minutes à peine après l'arrêt des moteurs, Edmond s'en va vers la gare avec ses bagages pour rentrer en Belgique. C'est triste, ça c'est mal passé, nous étions si proches avant et nous voilà comme chien et chat. j'ai le sentiment d'avoir perdu quelqu'un et c'est très désagréable.

 

 
 
 
 

 

11:55 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

07/05/2010

Le départ

 
 

Voici le moment des adieux à ma petite blonde, j’ai été chercher Edmond, mon complice pour ce voyage

 

et nous sommes partis vers Charleroi Airport pour y prendre l’avion vers Tarragone. Adieux brefs, il ne faut pas retourner le couteau dans la plaie. Vol sans histoire dans un autocar volant et à l’arrivée, le taxi puis le port. Le temps de nous débarrasser du superflu et nous voilà partis vers le magasin d’accastillage où m’attends le matériel commandé, à savoir mes bras d’essuie-glace et les fermetures éclair. Hélas, le vendeur n’a pas cherché après mes pièces et il n’y a rien. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, nous allons faire quelques courses au magasin EROSKI, rien à voir avec un quelconque lieu de perdition, je vous vois venir, mais c’est un supermarché, où je trouve des balais d’essuie-glace, c’est déjà ça. Au retour, le magasin d’accastillage du port est ouvert, j’entre et je demande, en français, au patron, qui parle notre belle langue s’il est possible de ma fournir très vite deux fermetures éclair de plus ou moins 90 cm. Il téléphone aussitôt et me demande si je les veux en blanc, je réponds par l’affirmative et aussitôt après il me demande si en noir cela pose problème. Non bien sûr, il me les faut ces fermetures. Je paie et il me promet de me les apporter le lendemain matin. 

Le jour dit, alors qu’Edmond et moi venons de terminer de remonter le bras d’essuie-glace gauche euh non, bâbord !, les fermetures éclair sont livrées, j’en profite pour demander aussi une cartouche de « SIKAFLEX » pour refaire le joint des cabines et du pont, trente minutes après c’est livré et payé. Je passe la journée à coudre les quatre mètres de fermetures éclair dans ma bâche. Edmond ravive le cabriolet avec de l’acétone et la toile retrouve une blancheur oubliée.

Le lendemain, c’est le grand jour, le départ. Je fixe le mâtereau de poupe ainsi que notre pavillon national, les moteurs tournent

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et nous allons faire le plein du bateau 464 litre de mazout. Je paie, et je remonte à bord, tourne les clés de contact et… Rien ! clicclicclic ! M…

Je demande à Jésus, pas celui que vous croyez, l’employé du port, souriant comme un doigt écrasé sous un marteau, s’il a un chargeur de batterie, aussitôt, il m’apporte un chargeur, déroule une allonge et nous chargeons les batteries. Edmond constate que les courroies du moteur tribord sont détendues, je les retends et enfin les moteurs redémarrent. Cette fois ça y est nous sommes partis.

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Vitesse modérée, six nœuds pour ménager le bateau qui est immobilisé depuis plus de quatre ans et aussi pour consommer le moins possible, les jauges sont en panne !!!

Au bout d’un moment, Edmond lance un trait d’humour en affirmant qu’il doit y avoir une entrée d’eau car le bateau plonge du nez, normal, la houle est forte et les vagues de deux mètres.

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Il me rassure sur le ton de la plaisanterie, mais le vers est dans le fruit. Sous prétexte d’aller à la toilette, j’ouvre la cale et je constate avec horreur qu’elle est pleine d’eau et que la pompe ne fonctionne plus. Urgence ! vite dans un port ! Il y en à un à dix minutes et on s’y précipite. Amarrage en catastrophe, je vois déjà le bateau couler, je n’ai plus de jambes et l’estomac au bout des lèvres, très au bout d’ailleurs.

 

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Et nous voilà Edmond et moi à pomper avec la pompe de vidange moteur, à coup de six litres pour arriver au bout de deux heures, à vider la cale, qui tout d’un coup ne se rempli plus. Je téléphone à Gert le courtier qui me dit qu’il sera là dans la soirée. Et il est là. Il me promet de venir me chercher le lendemain pour aller acheter une pompe de remplacement et tout le nécessaire. Le lendemain à dix heures, je suis de retour et j’installe la pompe en question pendant qu’Edmond change la prise 32 ampères contre une de 16 que j’ai acheté afin d’avoir du courant pour charger les batteries et démarrer les moteurs qui refusent à nouveau.

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Le temps de faire tout ça et les moteurs démarrent, nous larguons les amarres et nous voilà partis dans une belle manœuvre de demi-tour.

Direction le large puisque la mer est "calme" et la houle du sud "longue et confortable!!!" ce qui n'est pas tout à fait exact, disons plutôt que nos corps commencent à s'adapter.

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Huit heures de navigation plus tard, nous entrons dans le port de Mataro pour y faire le plein et y passer la nuit. Bonne surprise, Paquita à un appétit d’oiseau de mer, six litres à l’heure pour les deux moteurs. Moins bonne nouvelle, le prix de la nuitée est de 36 euros !!! Mais bon, il y a tout le confort, y compris internet qui me permet de poster ceci.

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Demain, départ sept heures, direction la France. A bientôt donc, en France.

23:53 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

Préparation au voyage

Nous sommes partis le 24 avril à 1330 avec une voiture pleine comme un œuf. Je remercie en passant les concepteurs et ingénieurs qui ont élaboré ma « Passat Variant », car j’ai pu tout y caser, même s’il a fallu transférer les affaires d’Edmond dans des boites en carton pour mieux ranger.

Pour l’élaboration du trajet, j’ai fait confiance au dieu GPS, qui m’a lâché à la frontière espagnole pour cause de carte incomplète, j’avais pourtant acheté la carte complète d’Europe ! Heureusement, j’en avais un second, lequel d’une marque moins connue, avait toutes les cartes en mémoire, avec comme défaut, on ne peut pas tout avoir, un temps d’acquisition des satellites très long.

Mais bon, après avoir dormi assis deux fois deux heures, nous sommes tout de même arrivés à VILLANOVA I LA GELTRU où Gert est venu nous apporter la télécommande, sésame indispensable pour accéder à la marina.

On galère un peu autour de Tarragone avant de retrouver enfin le chemin du port et je peux enfin arrêter la voiture derrière le bateau. Sans attendre, je descends la passerelle et me met en œuvre d’ôter la bâche de plastique bleue que Gert à installé en novembre.

Les bras m’en tombent, le bateau est dans un état de saleté incroyable il n’est plus blanc mais gris, couleur « isabelle » comme dit maman !

Ajoutez à cette vision la fatigue et la chaleur et vous obtenez un cocktail absolument imbuvable, le moral fait de la plongée sous-marine, les jambes ne portent plus et une soudaine envie de couler bas ce tas de crasse vous traverse l’esprit.

Il faut impérativement reprendre ses esprits afin de voir la situation telle qu’elle est et non pas déformée par le miroir concave de la fatigue. Nous nous mettons donc en œuvre afin d’aérer la cabine arrière, sortir les matelas afin de les faire sécher au soleil, ôter les côtés de la bâche trouée afin de favoriser la circulation d’air.

Ensuite vérifier et brancher le frigo, la toilette… Là, c’est la galère qui commence, l’eau n’arrive pas et le contenu de la cuvette ne s’évacue pas. Après un peu de recherche, je trouve une vanne à deux voies qui est calée en position médiane, c'est-à-dire que rien ne peut sortir. Je la place vers la sortie directe et tout d’un coup le contenu de la cuvette s’évacue, mais toujours pas d’arrivée d’eau. Qu’importe, on utilisera un seau d’eau.

Pendant ce temps, Christine s’active dans la cabine arrière et au bout d’une heure, nous décidons de nous étendre enfin. Il est 1430 et vers 1700, nous nous réveillons, reposés et les yeux à nouveau en face des trous. La réalité reprend sa place, elle relativise la première impression et le moral remonte encore plus vite lorsque nous constatons que le petit frigo fonctionne du tonnerre et que l’apéro sera réussi, ce qu’il fut. J’en profite pour faire le plein d’eau au moyen du tuyau acheté en kit, mais il ne prévoit qu’une connexion rapide en ½ et le robinet est en ¾ pas de chance. Heureusement, un voisin possède l’embout nécessaire et nous pouvons donc remplir les réservoirs.

Vers 2100, dodo ! Une nuit passée à dormir comme des pavés, bercés par les doux balancements de notre bateau. Avant de basculer, je prends conscience que ce bateau, il va falloir le mériter.

Le lendemain matin, petit déjeuner frugal, car dimanche oblige, les magasins sont fermés et il me faut composer avec le pain que j’ai fait spécialement pour le voyage, des œufs et de l’édulcorant en poudre puisque mon mousse n’aime pas le salé au petit déj. Je confectionne donc une sorte de pain perdu.

Ensuite, on entre dans le vif du sujet. Le rangement de la quantité incroyable de choses apportées, les produits de nettoyage, les outils et les vivres.

Pour commencer, Christine s’attaque à la propreté de la cabine arrière afin d’y installer les vêtements, les chaussures et les objets de couchage, ce qui me laisse le champ libre à l’avant pour vider l’eau qui s’est accumulée dans la cale. Une fois qu’elle en a terminé avec l’arrière, elle m’appelle pour me faire admirer le résultat, qui est admirable, l’odeur de vieille caravane qui régnait dans cette pièce à presque disparu et les boiseries sont brillantes. Je profite que les caillebotis sous les couchettes sont ôtés pour graisser les rotules et les axes du pilote automatique ainsi que des deux aiguillots de safrans. Je vois qu’il y a deux réservoirs de plus ou moins 140 litres chacun, réservoirs destinés à l’eau douce.  Pas mal, cela explique la durée du plein d’eau d’hier. Je referme le côté bâbord et j’ouvre le côté tribord pour découvrir une trace humide entre deux planches du bordé et en examinant de plus près, je constate que deux couples sont cassés ou plutôt fendus ce qui revient à peu prêt au même.

Pas question de naviguer ainsi, si ces deux pièces essentielles cassent, c’est le trou dans l’eau assuré. Il faut réparer. Immédiatement, j’ai ma petite idée sur la manière de procéder.

Je laisse cela de côté pour le lendemain car à chaque jour suffit sa peine et son lot de, mauvaises, surprises.

Vers 2200, on arrête les frais, petite soirée de lecture et vite dans les bras de la belle qui se fait pardonner en nous berçant à nouveau.

Lundi, enfin ! Départ de bonne heure à la recherche de l’hypermarché repéré lors de mes premiers voyages pour y faire le complément de vivres, acheter deux casseroles etc.

A la sortie nous allons faire le plein de la voiture et des deux jerricans pour le bateau, ensuite recherche d’un magasin de bricolage pour trouver les matériaux nécessaires à la réparation, bois, serre-joints, peinture époxy, verni… Nos emplettes terminées, nous rentrons avec une poutrelle de 240 X 4 X 9 cm et je me mets au boulot, prise d’un gabarit à l’aide d’un bout de carton et je commence mes découpes, la poutrelle fixée solidement sur le bastingage arrière à l’aide des serre-joints la vieille scie sauteuse Black et Decker peine du haut de ses 350 watts et la lame chauffe, prenant une courbure qui déforme un peu la gabarit tracé, mais qu’importe, la courbe générale est respectée. Je les numérote de I à IV et je les colle en place à l’aide de « Pattex montage » je laisse l’assemblage en place en attendant la prise de la colle.

Bref, lorsque le jour du retour vers le pays sonne, j’ai l’impression de ne pas être prêt et qu’il me faudrait encore des semaines pour que tout soit terminé. Nous travaillons jusqu’à la dernière limite, soit une heure avant notre départ et nous plions bagages, le cœur gros et l’estomac noué de laisser le bateau là !

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