15/05/2010

La tempête et le premier jour de navigation en eau douce

Départ de Mataro à sept heures trente. La mer est houleuse, mais pas trop, il fait relativement beau et le vent du sud réchauffe l’atmosphère humide de la nuit.

 

 

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À six nœuds, le bateau semble faire du sur-place, mais je n’ai pas le choix, elle embarque encore de l’eau et il faut enclencher la pompe toutes les trente minutes. J’ai peur de forcer et d’endommager la coque. Mon compère semble se moquer de moi, il faut dire qu’il a d’autres chats à fouetter et que s’il est là, son esprit n’y est pas. Mon plan est d’aller jusqu’à Banyuls et d’y passer la nuit avant d’entamer la traversée du golfe du lion le lendemain. D’heures en heures, nous progressons et bientôt, le cap Creus se profile devant nous, après que nous avoir coupé la baie de Rosa et navigué au large. Je stresse à cause d’une panne éventuelle, la houle nous chahute par le travers arrière et cela devient vite très inconfortable, long et inconfortable. Quand je pense qu’il y a des gens qui aiment ça, c’est tout pour eux ! Même si je sais déjà que la mer m'a mordu et que c'est justement naviguer sur cette eau mouvante qui me manquera plus tard, mais n'anticipons pas!

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Le bateau roule, elle souffre, c’est certain, sa coque trop longtemps au repos grince et craque, mais elle ne se laisse pas faire. Le cap Cerbère est atteint, je monte mon pavillon de complaisance français et je range l’espagnol. La radio commence à parler notre langue, le moral remonte, une fois le cap passé, la mer se calme et Paquita se redresse, sa course s’allonge et la vitesse monte un peu, en même temps que le confort à bord.

Sur bâbord, au-dessus des montagnes, une sorte de voile enveloppe les sommets et je sais que c’est mauvais signe. Je le dit à Edmond, qui semble me prendre pour un doux dingue qui ne sait pas ce qu’il raconte. La radio se met à crachoter et j’entend pour la première fois en vrai le massage « Sécurité ! Sécurité ! Sécurité ! ici le CROSSMED qui va diffuser un Bulletin Météo Spécial sur le canal 79, 7. 9. Alors ça, ça pue le coup fourré à plein nez!!!

 

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Je passe sur le canal soixante dix-neuf et j’entends clairement qu’un avis de coup de vent « Warning Gale » est annoncé pour le lendemain dimanche sur le sud du cap d’Agde de 0900 GMT au lundi 0300 GMT.

Le sud du cap d’Agde, c’est là où je suis et où je serai encore demain si je passe la nuit dans le port de Banyuls. Il est 1800 et je prends la décision de naviguer toute la nuit, d’abord en direction d’Agde afin de pouvoir le cas échéant me réfugier sur le canal du midi via l’écluse ronde ou via Sète sur le canal du Rhône à Sète. Je descends dans le carré afin de calculer mes routes et « waypoints » et me revoilà dans la timonerie pour programmer Georges. J’informe les miens de mon intention, avec déjà la certitude que je vais leur causer beaucoup d’inquiétudes. Je suis formé, mais novice en la matière, même si mon comparse semble croire que tout est simple. Le capitaine à bord, c’est moi et la loi à bord, c’est moi qui la fais, après Dieu !

Sitôt la décision prise, voilà que la mer se change en un lac même pas ridé, à peine un soupçon de houle longue et douce presque langoureuse.

 

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Je n’aime pas ça, mon instinct et ce que j’ai lu me dicte de me méfier, c’est vraiment le calme avant la tempête. Qu’importe, le vin est tiré, il faut le boire. Nous photographions des thons en train de saute hors de l’eau calme, tout en faisant des réflexions à propos des thons que nous sommes venus voir si loin alors que chez nous, dans les rues… je passe !

Soudain, devant nous, un groupe de trois bouées à perche dérive en travers.

Je débranche « Georges » et je vire franchement sur tribord et… rien ! Le bateau ne répond plus du tout, mou comme une motte de beurre, Georges se met à gueuler d’un bip énervant et affiche un message inconnu.

Edmond part chercher le mode d’emploi et moi, je vire au moteurs, inversant le tribord pour éviter l’obstacle. Edmond traduit, un problème au transmetteur d’ordre.

Je fonce dans le roof, soulève sans ménagements le matelas tribord ainsi que le lattage. Rien, tout est normal. Je continue par le côté bâbord. Horreur ! La rotule du vérin est désolidarisée, pas cassée pas endommagée simplement sortie du filet de fixation sur le piston du vérin, le filet est intact, mais le gouvernail bâbord est inopérant.

Vite, les outils, je réagis en terrien et je panique, alors que rien ne presse et que j’ai le temps de réparer, je suis tout de même mécano il ne faut pas l’oublier.

Edmond a compris, il place les moteurs au ralenti et débranche Georges qui n’arrête pas de gueuler. Il m’apporte la caisse à outils, une saleté d’espèce de fourre-tout où il faut tout vider à chaque fois, et je la vide sans ménagements sur le plancher de la timonerie pour trouver les clés multi-crans coudées, les clés plates et les douilles.

Comment le vérin à-t’il pu lâcher, la rotule est fixe et le contre-écrou du vérin est toujours en place. Une seule solution, il n’était pas serré, simplement vissé sur un ou deux filets, c'est de la malfaçon, de la négligence criminelle car si cela nous était arrivé dans les rochers du cap Creux, c’en était terminé de nous.

Je remonte le tout très vite, Georges gueule encore, mais moins fort et il se remet à fonctionner en nous avertissant qu’il va aller mais moins bien, on s’en fout, qu’il fonctionne c’est tout ce qu’on lui demande.

Je retourne à la table à carte pour corriger ma route, et range mes outils dans la boite à con, vu que je n’aime pas le désordre, surtout dans un milieu fermé comme un bateau où on doit pouvoir mettre la main sur ce qu’il faut dans la seconde, ce que ne semble pas comprendre mon compère qui vit dans une sorte de b… organisé comme dit sa compagne. Moi, je veux que tout soit à sa place question de principe !

Le route reprend, longue, monotone, sans vie, loin des côtes que nous ne voyons plus, elles sont à plus de vingt kilomètres.

Autour, du bleu, gris-bleu et rien d’autre et la mer, qui lentement, comme pour nous endormir, se met à grossir et à enfler, et le vent du sud-est qui forcit, se durcit pour à nouveau chahuter le bateau.

Je dis à mon comparse d’aller se coucher, parce-que nous devons économiser nos forces. Je le réveillerai après le changement de cap au large du cap d’Agde.

Il part se reposer, car dormir est un vœu pieux dans un bateau secoué par les lames de travers, dans le bruit assourdissant des deux moteurs lancés à près de deux mille tours minutes. Je m’accroche à mon siège n’ayant rien d’autre à faire que de surveiller le GPS, Georges, l'écran radar et d’aller brancher la pompe dès que l’eau dans la cale avant arrive au niveau du dessus du corps de pompe.

Deux heures plus tard, Edmond émerge de la cabine, il n'a pas bien dormi dans ce roulis qui le rend presque malade, et dans ce bruit. Je décide d’aller à mon tour me reposer un peu, lui explique la situation, montre le cap à tenir et je vais me blottir calé sur ma bannette et enroulé dans ma couette, car il fait froid à bord !

Dormir, juste un peu, mais pas trop, car j’entends les coups que la mer porte à mon bateau, et j’ai mal pour elle, je sens sa coque qui résiste à la mer des romains la « mare nostrum », celle qui voudrait bien nous bouffer et nous faire entrer entiers dans ses entrailles. C'est incroyable le bruit que peuvent faire les vagues qui s'écrasent à quelques centimètres de votre visage, là de l'autre côté de la coque.

Paquita plonge, se tord sous les assauts des vagues, mais elle tient bon, elle se prend même au jeu de surfer sur les rouleaux, comme si elle voulait dire à la mer qu’elle ne gagnera pas sur un bateau qui a résisté à une mer de force neuf en 1969. J’ai confiance en elle, je sais qu’elle est solide et que la mer n’aura pas le dessus, mais nous, allons-nous tenir ?
Toute la nuit, avec pour seul horizon le balcon avant éclairé de blanc de rouge et de vert, au-delà, c’est la nuit, le noir total. Aussi ch... qu'une nuit mal éveillé dans un corps de garde!

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Mes yeux, c’est le radar, qui montre les vagues qui se préparent à monter à l’assaut, qui tentent de nous encercler, de nous contourner.

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A chaque fois qu’une grosse tache apparait, dans les secondes qui suivent, le bateau monte et tape dans un bruit sourd.

 L’eau jaillit sur l’étrave, se pulvérise en gouttelettes que le seul essuie-glace efface du pare-brise bâbord. Mes lunettes sont pleines de sel à cause de l’eau en poudre qui entre par la fenêtre de côté que j’ai laissé ouverte pour mieux voir la mer sur mon côté bâbord. 

A l’horizon, au travers de la brume des embruns, j’ai repéré le phare de Leucate, facilement, alors qu’au cours je me demandais comment on faisait pour les reconnaître de loin, ici je trouve ça facile, on regarde et on compte le temps entre les éclats ensuite on consulte la carte, on prend un relèvement, hauteur du phare et on trace le point.

Seulement à quelques millimètres de la route tracée, bien ! Mais ce ne sont que quelques minutes volées à la nuit qui sera encore longue et dure, secoués que nous sommes de gauche à droite, jetés de nos sièges par cette mer invisible, ces vagues noires dans une nuit d’encre.

Au loin, les lumières de port Leucate, sorte de halo qui nous rappelle que là-bas la vie existe, que des gens se disent bonsoir avant de passer une nuit au chaud sans se préoccuper de ceux qui, comme nous sont ballottés au large.

Je suis perdu dans mes pensées « quelle riche idée j’ai eu là, pouvais pas acheter un camping-car comme tout le monde ? » le cauchemar ne semble pas vouloir se terminer.

Il est temps d’aller enclencher la pompe qui recrache l’intrusion sournoise de la mer par une planche de bordé qui a trop travaillé.

La nuit se passe et voilà Edmond de quart, je vais m’allonger, je somnole, secoué par les mouvements du bateau, inquiet du bruit sourd des vagues sur la coque, je fais taire mon imagination qui m’empêche de me détendre, je pense aux miens, qui doivent se ronger les sangs là-bas au nord. Je dois rester positif même si ce n’est pas simple. Je reste en contact avec Jacques, mon condisciple du cours de navigation, je lui envoie ma position par sms à chaque fois que le réseau s'établi, et lui, là-bas à Lustin me répond jusqu'à bien tard dans la nuit. Il connait la situation météo et il me transmet son évolution au fur et à mesure, j'imagine un peu ce que les grand solitaires ont du ressentir accrochés au fil invisible de leurs liaisons radio.

Deux heures plus tard, engourdi, je remonte dans la timonerie, reprends les commandes, enfin, si on peut dire, car c’est Georges qui fait le boulot tant bien que mal. Je scrute des yeux les rivages de Sète, je cherche le balisage du chenal d’accès, non pas que je veuille y entrer, mais il servira à confirmer ma route. Je retourne à la table à carte et je calcule que bientôt une bouée d’eaux libres devrait se trouver à un nautique sur bâbord. Quatre éclats blancs groupés. Je cherche et puis soudain, là-devant, je crois voir une lueur fugace au ras de l’eau. J’attends, j’enfonce mon regard dans celui de la nuit, je la transperce et oui ! C’est elle, ma bouée. Je suis heureux, après une si longue route, j’ai tracé celle qui m’a amené exactement là où je voulais aller.

Au loin, une lueur commence à poindre. L’aube, enfin la mer commence à se montrer, sombre et honteuse de la nuit qu’elle vient de nous faire passer les constructions bizarres de la grande motte sont sur notre bâbord et devant, deux amers identiques alors que le bloc marine ne parle que d’un, je penche pour celui le plus au sud mais comme j’en ai marre de me faire secouer, je décide de remonter la côte pour faire face aux vagues et reconnaître par la même occasion le premier amer un château d’eau identique à l’autre. En Bretagne un seul aurait été peint en blanc et l’autre serait resté couleur béton.

Mais bon, je fini par trouver l’entrée et je me présente devant le pont tournant qui ne tourne pas, je recule, on s’amarre, c’est terminé, aujourd’hui je ne bouge plus, même si ça fait faire grise mine à Edmond qui n’aura pas saint-wifi aujourd’hui, tant pis! Je peux comprendre sa déception, mais je suis fatigué. Je vais voir à la capitainerie, non sans avoir téléphoné à ma petite blonde pour la rassurer et qu’elle rassure les autres. Il n’y a personne, pas de douches, pas de courant. Je veux dormir et je vais dormir. Edmond reste sur sa faim dans le carré. Il faut se reposer, naviguer par ce temps ce ne sont pas des vacances, d’ailleurs je ne suis pas en vacances, je convoie mon bateau !

Je propose à Edmond de le déposer à Avignon, afin qu'il puisse prendre le TGV et rentrer au pays s'occuper de sa petite, ce sera mieux pour tout le monde, la tension est presque audible, comme le chant des haubans dans les rafales d'une tempête d'octobre.

Il reste le problème de trouver un accompagnateur expérimenté de préférence, j'envoie un sms à Jean-pierre en lui demandant de bien vouloir écrire un post sur le site de bord-à-bord, un peu comme une bouteille lancée à la mer.

Le lendemain matin, les batteries sont toujours à plat et pendant qu' Edmond qui se sent pousser des ailes à l'idée de partir tôt, trouve un garagiste qui ouvert aux aurores, accepterait de nous prêter une batterie ainsi que des câbles, je reçois un appel sur mon portable, il s'agit d'un marinier retraité qui se propose de venir me rejoindre à Avignon afin de m'accompagner jusqu'à Villefranche sur Saône. Je téléphone à ma p'tite blonde pour lui demander si elle peut trouver quelqu'un pour continuer le voyage à partir de Villefranche.

Edmond est revenu avec la batterie espérée et les câbles. Une fois les moteurs démarrés, Edmond retourne rendre les câbles seulement, car j'ai décidé d'acheter la batterie.

Une fois que tout le monde est à bord, nous appareillons et nous nous présentons juste à l'heure devant le pont tournant qui... Tourne et nous laisse le passage vers le suivant qui lui reste immobile et désert.

 

 
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Comme si nous étions au bord d'une route, nous abordons un pêcheur sur sa barque à qui nous demandons notre chemin; Il nous confirme que nous somme sur la bonne route. Ouf!
Mais voilà qu'au loin, tel un barage, se dessine le premier pont sous lequel il va falloir passer. Après la mer, il est difficile de s'habituer à une réduction de l'horizon et là, j'ai l'impression de me précipiter à la vitesse folle de 8 km/h vers un barrage perçé d'un tout petit trou en son centre. Je ne suis pas rassuré, surtout que le trou semble bien s'élargir au fur et à mesure que je m'en approche, mais il n'augmente pas en hauteur. Comme j'ai la nette impression que je vais y laisser ma superstructure, je ralenti au maximum tout en restant manoeuvrant et Edmond monte sur le pont et me donne toutes les dix secondes les infos au sujet du tirant d'air. Je suis immobile derrière la barre, mes mains collées dessus, je ne veut même pas la lâcher pour saisir mon appareil photo afin d'immortaliser les derniers instants, j'en suis sûr, de la superstructure de mon bateau. elle avance franchement la bougresse, comme si elle se moquait de moi. Elle veut se suicider ou quoi?
 
Tout d'un coup, nous sommes sous le pont, la vitesse au plus bas, si nous étions un avion, nous serions en décrochage. Edmond me crie "soixante centimètres au moins au-dessus du radar!" Et dans ma tête, une petite voix me sussure:" pôvre pôvre couillong". Ben quoi, j'ai le droit non? Je débute alors laissez-moi avoir peur, laissez-moi douter et apprendre.
 
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Le paysage est d'un calme absolu et il fait doux.

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Des gens récoltent les roseaux qui serviront peut-être à couvrir un toi breton?

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On croise un monde étrange!

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Et puis zut, encore un pont, mais cette fois je suis rassuré, il y a visiblement de la place!

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Vient ensuite la première écluse, celle de Saint-Gilles sur le canal du Rhône à Sète. Dire que mon entrée fut une réussite serait un bien grand mot, en fait j'y entre comme avec l'automoteur de mon brevet, ce qui est une erreur, car lui bénéficiait de son inertie pour ne pas trop farder, mais Paquita avec ses presque dix tonnes ne fait pas le poids, et l'amarrage est disons un peu bizarre. Mais l'éclusier en a vu d'autres, et il me met en confiance par sa gentilesse et son acceuil. Comme c'est la première écluse du réseau de VNF (Voies Navigables de France), j'accompagne l'agent au sommet de la tour afin d'y régler ma vignette. Hélas, le système informatique est planté et il est impossible de faire le paiement, en plus les agents de VNF ne peuvent plus encaisser d'argent en espèces. L'agent me conseille de tenter à nouveau le coup lorsque je quitterai le Rhône qui est en concession à la compagnie du Rhône.

 
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Nous continuons à naviguer cabriolet déposé pour profiter de la douceur de l'air dans un paysage reposant, mais tout de même assé monotone.
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On croise enfin un automoteur qui descend à fond la caisse, du côté gauche du chenal sans arborer son panneau bleu. Il n'y a pas que sur les routes que le code n'est pas respecté, cela devient une habitude partout. Pas de gendarme, donc pas vu pas pris. Le code on s'en fout ça ne sert à rien, sauf bien sûr lorsqu'on coule un plaisancier à Paris pour ne pas avoir respecté les vitesses imposées ce qui fait deux morts... Lamentable attitude tout comme celle de ce patron (jeune) de pousseur qui râlait parce-qu'il y avait des plaisanciers sur la Seine et qui avait décidé une fois pour toute de ne plus ralentir. Heureusement, tous les utilisateurs de la voie d'eau ne sont pas comme ça!
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Ensuie, c'est le Rhône qui nous acceuille dans son lit, non sans essayer de nous rejeter vers la mer de toute la force de son courant, et comme il a pas mal plu depuis quelques jours, "il y a de l'eau" comme disent les pros. Plus ou moins 10 Km/H, ce qui n'est rien pour les deux Volvo Penta de Paquita, mais la largeur du cours d'eau est vraiment impressionnante, la Meuse à côté fait figure de ruisseau.
 

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Arrive la première écluse géante du Rhône très impressionnante malrgé le fait que ce n'est pas encore la plus haute!

 

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On s'en approche lentement, trop lentement comme je l'apprendrai plus tard.

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Une fois dedans, plus rien ne va, j'y suis entré avec trop peu de vitesse, je ne manoeuvre plus, et comme je ne suis pas encore assez au fait de la manipulation des deux moteurs, je ne parviens pas à tenir le bateau. Pire encore, comme nous n'avons aucune expérience sur la manière d'amarrer, nous commettons l'erreur de commencer par l'amarre avant, ce qui fait que le bateau obéissant aux lois de la physique, se met à pivoter sur son étrave, se positionnant en travers de l'écluse. Réflexe du débutant, on s'accroche à son amarre comme à son cordon ombilical et... On à l'air con! La solution dans ces cas là est de laisser filer pour rendre sa liberté au bateau, qui sait mieux que nous comment faire, et de l'amarrer par l'arrière pour commencer, et de seulement attacher l'avant lorsque la coque est rangée le long du bajoyer. Mais cela, je l'apprendrai plus tard!

En tout cas, je présente mes excuses au personnel de l'écluse qui me rassure en me disant qu'ils ont déjà vu bien pire!

A l'intérieur, on se sent tout petit et encore sommes-nous seul dans cette tranchée.

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Mais on fini par en sortir intacts, sauf au niveau de l'amour propre!

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Le grand fleuve continue à dérouler ses rives pour nous.

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Ici nous ne sommes plus seuls, des paquebos fluviaux de 110 mètres partagent l'eau.

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Arrive enfin Avignon et son pont, terminus de la première étape et lieu de débarquement pour Edmond. Le port de plaisance se trouve de l'autre côté du pont Saint-Bénézet.

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L'arrivée au port de plaisance se passe vraiment mal, je ne tiens pas compte du courant et engage trop tôt l'avant du bateau, avec un angle de plus ou moins 30° avec le quai, mais je suis repoussé contre un joli tjalk britannique dont le propriétaire vient au secour d'Edmond pour me sortir de ce mauvais pas.

Je suis découragé, j'ai perdu confiance en moi et je me sens prêt à tout laisser tomber.

Quelques minutes à peine après l'arrêt des moteurs, Edmond s'en va vers la gare avec ses bagages pour rentrer en Belgique. C'est triste, ça c'est mal passé, nous étions si proches avant et nous voilà comme chien et chat. j'ai le sentiment d'avoir perdu quelqu'un et c'est très désagréable.

 

 
 
 
 

 

11:55 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

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