07/05/2010

Préparation au voyage

Nous sommes partis le 24 avril à 1330 avec une voiture pleine comme un œuf. Je remercie en passant les concepteurs et ingénieurs qui ont élaboré ma « Passat Variant », car j’ai pu tout y caser, même s’il a fallu transférer les affaires d’Edmond dans des boites en carton pour mieux ranger.

Pour l’élaboration du trajet, j’ai fait confiance au dieu GPS, qui m’a lâché à la frontière espagnole pour cause de carte incomplète, j’avais pourtant acheté la carte complète d’Europe ! Heureusement, j’en avais un second, lequel d’une marque moins connue, avait toutes les cartes en mémoire, avec comme défaut, on ne peut pas tout avoir, un temps d’acquisition des satellites très long.

Mais bon, après avoir dormi assis deux fois deux heures, nous sommes tout de même arrivés à VILLANOVA I LA GELTRU où Gert est venu nous apporter la télécommande, sésame indispensable pour accéder à la marina.

On galère un peu autour de Tarragone avant de retrouver enfin le chemin du port et je peux enfin arrêter la voiture derrière le bateau. Sans attendre, je descends la passerelle et me met en œuvre d’ôter la bâche de plastique bleue que Gert à installé en novembre.

Les bras m’en tombent, le bateau est dans un état de saleté incroyable il n’est plus blanc mais gris, couleur « isabelle » comme dit maman !

Ajoutez à cette vision la fatigue et la chaleur et vous obtenez un cocktail absolument imbuvable, le moral fait de la plongée sous-marine, les jambes ne portent plus et une soudaine envie de couler bas ce tas de crasse vous traverse l’esprit.

Il faut impérativement reprendre ses esprits afin de voir la situation telle qu’elle est et non pas déformée par le miroir concave de la fatigue. Nous nous mettons donc en œuvre afin d’aérer la cabine arrière, sortir les matelas afin de les faire sécher au soleil, ôter les côtés de la bâche trouée afin de favoriser la circulation d’air.

Ensuite vérifier et brancher le frigo, la toilette… Là, c’est la galère qui commence, l’eau n’arrive pas et le contenu de la cuvette ne s’évacue pas. Après un peu de recherche, je trouve une vanne à deux voies qui est calée en position médiane, c'est-à-dire que rien ne peut sortir. Je la place vers la sortie directe et tout d’un coup le contenu de la cuvette s’évacue, mais toujours pas d’arrivée d’eau. Qu’importe, on utilisera un seau d’eau.

Pendant ce temps, Christine s’active dans la cabine arrière et au bout d’une heure, nous décidons de nous étendre enfin. Il est 1430 et vers 1700, nous nous réveillons, reposés et les yeux à nouveau en face des trous. La réalité reprend sa place, elle relativise la première impression et le moral remonte encore plus vite lorsque nous constatons que le petit frigo fonctionne du tonnerre et que l’apéro sera réussi, ce qu’il fut. J’en profite pour faire le plein d’eau au moyen du tuyau acheté en kit, mais il ne prévoit qu’une connexion rapide en ½ et le robinet est en ¾ pas de chance. Heureusement, un voisin possède l’embout nécessaire et nous pouvons donc remplir les réservoirs.

Vers 2100, dodo ! Une nuit passée à dormir comme des pavés, bercés par les doux balancements de notre bateau. Avant de basculer, je prends conscience que ce bateau, il va falloir le mériter.

Le lendemain matin, petit déjeuner frugal, car dimanche oblige, les magasins sont fermés et il me faut composer avec le pain que j’ai fait spécialement pour le voyage, des œufs et de l’édulcorant en poudre puisque mon mousse n’aime pas le salé au petit déj. Je confectionne donc une sorte de pain perdu.

Ensuite, on entre dans le vif du sujet. Le rangement de la quantité incroyable de choses apportées, les produits de nettoyage, les outils et les vivres.

Pour commencer, Christine s’attaque à la propreté de la cabine arrière afin d’y installer les vêtements, les chaussures et les objets de couchage, ce qui me laisse le champ libre à l’avant pour vider l’eau qui s’est accumulée dans la cale. Une fois qu’elle en a terminé avec l’arrière, elle m’appelle pour me faire admirer le résultat, qui est admirable, l’odeur de vieille caravane qui régnait dans cette pièce à presque disparu et les boiseries sont brillantes. Je profite que les caillebotis sous les couchettes sont ôtés pour graisser les rotules et les axes du pilote automatique ainsi que des deux aiguillots de safrans. Je vois qu’il y a deux réservoirs de plus ou moins 140 litres chacun, réservoirs destinés à l’eau douce.  Pas mal, cela explique la durée du plein d’eau d’hier. Je referme le côté bâbord et j’ouvre le côté tribord pour découvrir une trace humide entre deux planches du bordé et en examinant de plus près, je constate que deux couples sont cassés ou plutôt fendus ce qui revient à peu prêt au même.

Pas question de naviguer ainsi, si ces deux pièces essentielles cassent, c’est le trou dans l’eau assuré. Il faut réparer. Immédiatement, j’ai ma petite idée sur la manière de procéder.

Je laisse cela de côté pour le lendemain car à chaque jour suffit sa peine et son lot de, mauvaises, surprises.

Vers 2200, on arrête les frais, petite soirée de lecture et vite dans les bras de la belle qui se fait pardonner en nous berçant à nouveau.

Lundi, enfin ! Départ de bonne heure à la recherche de l’hypermarché repéré lors de mes premiers voyages pour y faire le complément de vivres, acheter deux casseroles etc.

A la sortie nous allons faire le plein de la voiture et des deux jerricans pour le bateau, ensuite recherche d’un magasin de bricolage pour trouver les matériaux nécessaires à la réparation, bois, serre-joints, peinture époxy, verni… Nos emplettes terminées, nous rentrons avec une poutrelle de 240 X 4 X 9 cm et je me mets au boulot, prise d’un gabarit à l’aide d’un bout de carton et je commence mes découpes, la poutrelle fixée solidement sur le bastingage arrière à l’aide des serre-joints la vieille scie sauteuse Black et Decker peine du haut de ses 350 watts et la lame chauffe, prenant une courbure qui déforme un peu la gabarit tracé, mais qu’importe, la courbe générale est respectée. Je les numérote de I à IV et je les colle en place à l’aide de « Pattex montage » je laisse l’assemblage en place en attendant la prise de la colle.

Bref, lorsque le jour du retour vers le pays sonne, j’ai l’impression de ne pas être prêt et qu’il me faudrait encore des semaines pour que tout soit terminé. Nous travaillons jusqu’à la dernière limite, soit une heure avant notre départ et nous plions bagages, le cœur gros et l’estomac noué de laisser le bateau là !

23:48 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | |  Imprimer |

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