23/10/2009

depuis le début jusqu'au 22 octobre 2009

 

Avoir un bateau, vivre sur un bateau, faire du tourisme sur un bateau, naviguer...

 

 

 

 

Voilà des idées saugrenues diront certains ou totalement inconcevables. En voilà une idée qu'elle est bonne diront d'autres.

J'avais bien sûr, eu toujours envie d'un voilier, au sortir de l'école de moniteur de voile à l'ADEPS, mais n'ayant jamais pu concrétiser, je m'étais fait une raison et j'avais rangé tout ça au fond de ma mémoire.

Cette idée à resurgit, elle s'est présentée à moi comme l'œuf de Colomb, lors d'une promenade le long de la Seine à Andrésy, à la découverte de ces péniches transformées en habitations flottantes et navigantes, pour un certain nombre d'entre elles, j'ai pensé: »voilà la solution ».

Je n'achèterai plus de maison, mais une péniche qui sera ma maison. Une maison-bateau!

Comment n'y avais-je pas pensé plus tôt?

Et de me précipiter dès mon retour sur l'ordinateur de Jane pour y fouiller sur la toile après des exemples et surtout voir les prix et donc par là même, si ce délire était dans mes possibilités financières.

A l'époque je pensais que le terrain que je possédais en commun avec mon ex-épouse et qui allait être vendu, me rapporterait bien assez pour financer une grande partie de l'achat, le reste serait couvert par un emprunt.

Mais j'anticipe, mes recherches sur le net m'ont fait découvrir que les bateaux à vendre étaient nombreux et que ceux aménagés étaient hors de prix et pas toujours aménagés avec goût, du moins à mon goût.

Mais dans l'ensemble, un automoteur non aménagé s'inscrivait dans la ligne budgétaire supposée. Pas si fou que ça mon délire. Pensais-je!

Dès lors, je me suis mis à regarder de près ou de loin à tout ce qui avait trait au domaine de la navigation, je me suis abonné à la revue « fluvial », je me suis inscrit sur les sites spécialisés, « bord à bord », « batellerie.be » et je me suis renseigné pour connaître les inévitables contraintes administratives pour pouvoir naviguer sur toutes les rivières d'Europe.

Tout d'abord, il faut savoir que la législation est en cours d'adaptation, tant en Belgique qu'en France, afin de respecter les nouvelles directives Européennes en la matière.

Pour piloter de gros bateaux de plaisance dont la longueur est supérieure à 20 mètres, tels que les automoteurs de 38 mètres, il faut passer et réussir, le brevet général si on veut avoir accès à l'Escaut maritime inférieur en plus de toutes les voies navigables du Royaume et d'Europe, sauf le Rhin qui exige un certificat à part appelé « Patente du Rhin » pour les pros.

Si l'accès aux eaux des estuaires n'est pas envisagée,alors on peut se contenter du brevet restreint, ce qui n'est pas un bon choix à mon avis vu le peu de matière supplémentaire à connaître pour le brevet général.

Mon choix se porte donc sur le brevet général.

Et me voici à nouveau collé à mon écran pour rechercher la documentation nécessaire, téléchargement des textes de loi, des syllabus et autres règlements de police de navigation, ce qui n'est pas rien dans un pays qui possède trois régions et trois langues officielles.

Tant que j'y suis, je télécharge les textes français, qui peut le plus peut le moins, maxime qui reviendra souvent vous verrez!

J'apprends l'existence du « code Vagnon » et aussi d'un magasin spécialisé doublé d'une école à Visé, près de Liège.

Le week-end-end suivant, nous partons Christine et moi, sans GPS vers le petit port de plaisance de Visé où nous avons le plaisir de rencontrer Monsieur Raes, le patron du bateau école, du magasin, de la capitainerie du port de plaisance et aussi de l'école de navigation.

Et nous voilà partis à deviser sur notre projet d'achat et de transformation d'une péniche en vue d'en faire un logement. Monsieur Raes nous explique comment se déroulent les examens, et je comprends très vite que je vais devoir étudier seul, ce qui ne me rebute pas, car les cours ont lieu en semaine et comme il y a plus de 100 km de chez moi à l'école, l'option école est abandonné sur le champs. Je ferai en solo comme à l'ordinaire.

Nous sommes repartis, des livres dans le coffre et des rêves plein la tête.

Nous voyions déjà notre bateau, son étrave fendant puissamment les flots des fleuves et des canaux. Nous à bord, bercés par le doux balancement de la coque et le ronron du moteur les yeux perdus sur l'horizon des rives.

Oui, mais il faut étudier et tenter de repérer sur le terrain ces panneaux, balises et feux inconnus.

Cette étape nous permet de nous familiariser avec les écluses, et partant de là, de découvrir à pieds de bien jolis biefs que nous auront le plaisir de parcourir plus tard à bord de notre bateau en faisant rêver ceux qui nous remplaceront sur les rives.

Nous sommes bercés par les rêves, en fait, nous sommes immergés dedans et mes cours de passer de classeurs en classeurs de plus en plus épais. La documentation s'ajoutant à la documentation, les panneaux aux panneaux, les signaux sonores aux signaux visuels et les coefficients de marée à calculer se mêlant aux caps vrais et vitesses de fond. Dur dur! Mais lorsque la motivation, vrai moteur de tout projet est là, les difficultés s'estompent. La foi ne soulève t'elle pas des montagnes dit-on?

Ma formation de dessinateur va me donner l'occasion de coucher sur le papier des projets d'aménagement de toute sorte, plutôt pour meubler mon désœuvrement et nourrir le projet que pour étayer vraiment un plan, je dessine notre péniche, ou automoteur c'est selon, j'ai entretemps étudié les fleuves et rivières de France et de Navare via ce site génial: http://projetbabel.org/fluvial/index.htm et j'ai compris que les dimensions optimales pour notre bateau étaient somme toute très restreintes, maximum 3 mètres de tirant d'air, 1 mètre de tirant d'eau et 30 mètres de long. Voilà que j'allais devoir couper mon automoteur à 28,5 mètres de long si je voulais voyager partout. Dix mètres de moins, comment gérer ça? Où placer la voiture?

Et me voici à nouveau parti dans mes plans, jouant de la latte, du compas, surfant sur les sites de professionnels de l'auto, de l'équipement de bord pour trouver une solution.

Des solutions, j'en trouve, et je dessine le bateau, avec sa cale pour le rangement de la voiture, le tout bien ficelé dans une structure rigide et réaliste, je pense en technicien, je suis mécanicien, avec de très bonnes notions en électromécanique, en hydraulique et en pneumatique, je sais souder à l'arc, à l'autogène et j'ai déjà construit le chauffage de ma première maison.

Je n'ai donc pas peur et mes plans deviennent de plus en plus pointus, j'aménage mais je pense canalisations d'eau froide, chaude, je réfléchi à la meilleure solution de chauffage et je pense à l'air pulsé secondé par un chauffage central à eau et radiateurs.

L'éclairage sera confié au maximum à des leds, dans un soucis d'économie d'énergie, mais aussi pour poser un geste citoyen respectueux de l'environnement.

Les eaux usées? Une mini station d'épuration terrestre sera installée à l'avant et nous rejetterons de l'eau épurée dans la rivière.

Même chose pour l'eau douce, pomper dans la rivière et récupérer l'eau de pluie, le tout filtré et épuré donnera l'eau potable du bord.

L'électricité sera fournie par les alternateurs du moteur, des panneaux solaires et deux petites éoliennes qui chargeront un parc de batteries relié via un convertisseur au réseau 220V du bord.

En cas d'insuffisance, un groupe électrogène de plus ou moins 6 KVA prendra le relais.

La voiture sera une mini, j'ai donc ses mesures exactes et celles-si sont reportées sur le projet. Elle sera enfermée dans une sorte de cuve couverte, cuve raccordée au circuit de récupération d'eau douce, la manœuvre de déchargement s'effectuant au moyen d'une grue, pas de problème j'ai manipulé des dépanneuses militaires et je sais manœuvrer une grue.

J'essaie de penser à tout, de ne rien oublier, le dressing, les cabines avec salle d'eau intégrées, comme à l'hôtel, de manière à recevoir des invités, payants ou non à bord.

 

Durant des semaines, nous explorons, les berges, flânons au long des halages et contre-halages, nous visitons le musée de la batellerie de Thuin, nous nous imprégnons d'une atmosphère, de l'histoire de tous ces gens de la voie d'eau, ceux qui sont à bord.

Nous lisons des livres racontant les histoires vraies, du temps de la bricole et des bateaux en bois, souvent, la larme au coin de l'œil tant ces histoire de vraie vie sont belles et aussi tristes.

Nous voulons notre bateau et tant qu'à faire, autant un sauver un du déchirage, par respect pour les gens qui les ont apprivoisés et aussi par respect pour ces vieilles mais vaillantes péniches.

J'achète le mémorable feuilleton qui a bercé mon enfance et dont la musique est toujours présente dans ma tête. L'homme du Picardie!

Nous regardons ce vieux feuilleton, seul hommage rendu à la corporation des bateliers par la télévision. Pas de « Thalassa » pour les gens de l'eau douce et de la voie d'eau intérieure.

 

Mais voilà, les projets sont conçus pour vivre le temps d'une réflexion, et mourir... le temps d'une réflexion!

Et ma jolie péniche coule dans ma tête, se sublime avant d'avoir touché l'eau, à cause d'un nom, du nom d'une région de France, de cette Bretagne où j'ai vécu de si jolis instants, de si jolies vacances, à cause de ce pays qui faillit être celui où mon père se maria, de ce pays qui m'a envoûté, là où ont vécus mes parents pendant plus de dix ans, de cette mer que j'ai souhaité monter tant elle m'a fait rêver à l'époque des stages de voile.

Une péniche ne peut aller en Bretagne, une péniche n'est pas conçue pour aller en mer, même si beaucoup l'on fait et le font encore parfois, pas possible de franchir la barre d'Etel ou la passe de port Navalo avec un bateau à fond plat conçu pour les rivières et canaux.

Que faire alors? Renoncer? Continuer et louer une pénichette pour venir passer nos vacances et laisser notre bateau à l'intérieur de terres?

Là, je commence à faire un bilan sérieux des avantages et inconvénients des deux solutions.

Un automoteur, c'est gros, cela demande plus d'entretien qu'un petit bateau de par, justement, sa longueur, lors de nos visites à Thuin, nous constatons à quel point l'humidité dans les cales est importante et que l'isolation de celles-ci est le point number one pour l'aménagement, que les solutions d'isolation en provenance du bâtiment ne sont pas les meilleures, qu'il faut impérativement ventiler l'espace entre la coque et l'isolant, sauf flocage, sûr mais cher.

Et puis, il y a le coût de l'énergie à bord, il faut tout fabriquer, les groupes électrogènes, même secondé par des panneaux solaires, doivent tourner, et ils tournent au gasoil. Car il faut de l'électricité pour tout, pomper l'eau, la filtrer, mais aussi pour la refouler vers les réservoirs à eaux noires et la station d'épuration, qui elle aussi a besoin d'électricité pour faire fonctionner son compresseur.

Bref, plein de choses qui me semblaient simples me sautent au visage dans toute leur vérité.

Pas facile, long à réaliser et très difficile de maîtriser les coûts d'aménagement et de fonctionnement. En plus, au total il doit rester assez d'argent pour naviguer, sinon à quoi bon!

 

Non, la solution est de mûrir le projet, de le remettre sur la table et de le modifier pour tenter de concilier la beauté et le calme de la navigation fluviale avec l'attrait irrésistible de la mer.

De concilier la joie de la navigation, la manœuvrabilité et un confort aussi grand dans un espace plus réduit, induisant une moindre consommation d'énergie et donc un coût largement diminué.

Facile avec des sous, mais lorsque la bourse est plate, c'est plus compliqué. Il faut donc être rationnel, laisser tomber certain aspects du confort pour se consacrer à l'essentiel, revoir le projet de vie et se dire que nous en profiterons du printemps à l'automne.

Donc, plus petit le bateau, plus court, moins large, faible tirant d'eau et tirant d'air, donc potentiellement moins cher, mais plus puissant, il faut affronter les vagues et les courants.

Retour sur la toile et d'y passer des heures et des heures pour tomber sur l'étincelle; chercher en anglais, ben oui, le crise est là et elle frappe les pays non membres de l'euro, la livre sterling est mal en point et les propriétaires de bateaux anglais cherchent à se débarrasser de leurs biens non indispensables.

Bénis sois-tu cher euro de niveler ainsi nos prix sauf pour ceux qui n'ont pas cru en toi!

L'ordinateur chauffe donc à nouveau durant de longues heures et très vite je me rends compte que de jolis bateaux existent, pas trop chers et vraiment bien aménagés.

Et me voici inscrit sur un site de vente de bateau d'occasion: http://www.boatshed.com, un site où les ventes sont suivies par des courtiers, sérieux, où il y a plein de photos et des fiches détaillées sur les bateaux en vente.

J'y découvre que dans mon budget, il y a des bateaux très intéressants pour pas cher, un « Dagless et Wisbeck fleur de lys » s'impose à ma vue, me tourne la tête tant il est beau et semble en excellent état entretenu avec amour par son propriétaire,et tout cela pour un peu plus de 50,000 euros.

Je prend contact avec le (la) courtier, on fixe un rendez-vous pour une visite, vite réserver les billets de bateau, l'hôtel pour Christine, Virginie qui servira d'interprète et pour moi.

Mais on doit veiller sur moi là-haut et ce bateau ne doit pas être pour moi car voilà que le courtier m'annonce que le propriétaire retire son bateau de la vente. Patatras, tout est par terre, annuler les billets, les réservations d'hôtel et bonjour tristesse, depuis le temps qu'on rêvait à ce beau bateau tout équipé et bien équipé.

Il faut recommencer tout, remettre le projet sur les rails, relancer les recherches et en plus, la crise qui traîne empêche de bien vendre ce fichu terrain.

Tout d'abord, réduire la taille du bateau. Oui mais de combien?

Pour le tirant d'eau, pas de problème, un peu plus d'un mètre et c'est bon. La longueur? Ben disons heu... 25 mètres? Non! Alors 18??? Non! Alors 15???? Encore non! Alors 12 et c'est mon dernier mot!

Nous trouvons, mais trop cher ou trop vieux, ou sous motorisé ou en mauvais état, vendu par des propriétaires qui pensent vous vendre le « France », et bien sûr à des prix de fous, bien au dessus des prix réels du marché et de nos moyens.

Réduire encore! Mais de combien?

Une sorte de compromis à la belge s'impose alors à moi.

Pas plus de 11 mètres, soit 35 pieds ce qui donne une habitabilité confortable pour

quatre personnes, nous sommes deux!

Largeur, 3 mètres ou plus si c'est possible.

Un tirant d'eau de maximum 1 mètres et une coque à semi-déplacement, avec un profil de carène sous-marin pour une bonne tenue de cap, terminée par une voûte pour réduire la traînée et la consommation de carburant,

Un tirant d'eau de un mètre maximum pour passer partout tout en conservant une bonne tenue de cap.

Le matériau de coque sera de préférence le bois, en bois d'arbre je veux dire, pas en contreplaqué, même marin, car même si ce matériau est souple et léger, il est rare de le voir bien vieillir, sauf lorsque le bateau a été très bien entretenu. Les réparations sont un peu plus simples qu'avec le bois, mais il n'existe pas de bateau en contreplaqué vieux de plus de cent ans,et puis c'est moi qui décide! L'avantage des coques en bois est d'être souples, de bien résister aux chocs et surtout d'être assez facilement réparables, on change la ou les planches endommagées, ont calfate au besoin, une couche d'époxy un ponçage et un peu de peinture et c'est reparti.

Le polyester est plus délicat à mettre en œuvre, plus délicat à réparer et en cas de choc, il casse et comme on a affaire à des coques moulées, si un renfort est touché, alors cela coûte cher de réparer. Mais le polyester (GRP en anglais) est plus cher car tout le monde en veut car on se dit que le plastique c'est insensible au temps, surtout lorsqu'on n'est pas au courant des détériorations dues à l'osmose de la fibre de verre, phénomène qui fait que les petites bulles d'air laissées dans le matériau lors de la construction de la coque se remplissent d'eau, qu'une réaction chimique y génère de l'acide qui mange les coques et y font des trous et des trous dans une coque c'est pas bon.

L'acier? J'avoue que je ne suis pas un fan, lourd, il se déforme assez facilement, demande beaucoup de protection à cause de la corrosion et doit être sondé régulièrement. De plus, il est très sensible au phénomène de l'osmose qui « mange » la métal par transfert électronique lorsque la coque est mise en présence d'un courant électrique.

De toute manière,il y a des adeptes de tous les matériaux, même du fibrociment et les goûts ça ne se discute pas n'est-ce pas?

Moi j'ai choisi le bois et honni soit qui mal y pense comme on dit de l'autre côté de la Manche.

Tirant d'air de maximum 3 mètres avec possibilité de le réduire à 2,40 mètres en déposant le mât, les antennes radio, radar et GPS pour passer partout même sur les canaux de cette chère Bretagne où je veux aller laisser flâner ma coque.

Deux moteurs parce-que deux moteurs tombent rarement en panne ensemble, avec deux arbres d'hélices pour une plus grande possibilité de manœuvres, des moteurs souples aussi avec du couple pour faire tourner lentement les hélices sans à-coups et sans chauffer. Idéalement des Volvo ou Perkins avec pas ou peu de gestion électronique.

De la puissance aussi, 20 CV la tonne de déplacement me semblent confortable pour un usage maritime.

Vitesse maxi? Plus de quinze nœuds pour faire face aux courants côtiers et avoir une réserve suffisante pour remonter les fleuves en cas de crue soudaine.

La consommation? La plus basse possible bien sûr, mais je sais de par mon métier, que celle-ci n'est pas linéaire, surtout sur l'eau et qu'elle diminue très fortement à basse vitesse.

Deux cabines séparées, une à l'avant dans l'étrave et une autre à l'arrière, dite « propriétaire » et la possibilité de transformer le carré en literie supplémentaire au cas où il y aurait plus d'invités à bord.

Mais souvent la cabine propriétaire est composée de deux couchettes placées dans l'axe longitudinal du bateau, une sur chaque bord et souvent séparées par un petit meuble, c'est le sacrifice à faire pour un aménagement confortable et rationnel sur ces petites unités.

 

Au niveau électronique embarquée, le minimum sera un loch, un sondeur et un GPS. Mais s'il possède un radar ainsi qu'un traceur en plus de tout cela ce sera un bon plus.

L'armement de sécurité sera le plus complet possible, life-jackets, bouées ronde ou fer à cheval et embarcation de survie si possible, sinon il faudra acheter.

Le cahier des charges étant défini, YAPLUKA!!!

Il reste à trouver la perle rare, d'autant que le nerf de la guerre est toujours le même... Le budget!

Et ce p... de terrain qui n'est toujours pas vendu!!!

 

Je cherche et je trouve toute une série de bateaux qui correspondent aux critères, beaucoup en « plastique », mais bon, si je ne trouve pas en bois,je prendrai du polyester, il faut accepter de mettre de l'eau dans son vin.

Nous étudions les photos des aménagements intérieurs, les moteurs, l'équipement et... Les prix.

Très vite, deux modèles sortent du lot, le premier est un 36 pieds (12 mètres) de fabrication anglaise dont le nom est « moonraker », le bateau est bien équipé, avec deux toilettes-douches, un beau carré et une timonerie spacieuse et lumineuse. Il est en « GRP », mais je passe là-dessus.

Le second modèle est suédois, sortis d'un chantier réputé pour la solidité de ses constructions.

Ce chantier est le chantier « STOREBRO » et les bateaux sont presque tous des « Storebro Royal Cruiser » ou encore des « Storebro Adler » mais tous ont les mêmes dimensions, 34 pieds de long, soit un peu plus de dix mètres au niveau du pont.

L'aménagement est identique sur tous, deux cabines, un carré et une timonerie semi ouverte. La cabine arrière possède deux couchages d'une personne séparés par un petit meuble cachant un lavabo. Le carré est simplement fermé sur l'arrière par une bâche ou cabriolet, le toit forme une casquette sur l'arrière protégeant du soleil ou de la pluie lorsque le cabriolet est amené. Le carré est constitué d'une banquette en « U » située sur bâbord et d'une grande table qui peut s'effacer pour former la base d'une couchette double. Sur tribord, on trouve la toilette combinée lavabo-douche et la partie cuisine. Pas grand, mais suffisant.

A l'avant, séparée par une porte et des cloisons vitrées, se trouve la seconde cabine avec son traditionnel couchage en « V »,

 

J'en sélectionne quatre sur le site de boatshed.com, et encore autant sur d'autres sites. Ils sont répartis de la Hollande à L'Angleterre en passant par l'Allemagne, la France ou encore l'Espagne.

Les prix étant raisonnablement inscrits dans mon budget, je me prends à rêver que c'est ce bateau qui sera le nôtre.

Mais, on se prends toujours à rêver mieux, alors, je modifie mes critères à l'infini tout en restant limité au même budget, je n'aime pas rêver d'une manière utopique du style « ah! Si je gagnais au lotto (ou loto en France!) », j'aime rêver, mais aux choses qui ont de grandes chances d'arriver.

Bref disais-je je modifie mes critères et je constate qu'en augmentant le tirant d'eau, j'obtiens avec une certaine logique, des bateaux bien plus grands et bien mieux aménagés, des « fiftys », des bateaux à moteur mais gréés, soit en sloop marconi soit avec une simple voile d'artimon pour les allures portantes, ce qui fait économiser du carburant... En mer!

 

Je range donc provisoirement mes « Storebros » et « Moonrakers » en réserve et je redémarre en direction de ces bateaux mixtes et de réétudier les cartes de navigation intérieure, de voir par où on passe et par où on ne passe pas.

Entretemps, j'ai passé et réussi mon brevet général. Reste la partie pratique à faire pour avoir l'attestation et ainsi obtenir le précieux document.

Nous retournons dons à Visé, voir Monsieur Raes du bateau école http://www.bateau-ecole.be/

qui organise pour pas cher, des journées de pratique avec son bateau qui est aussi le bateau de l'école, un ancien bateau citerne de 17 mètres sur 4 qu'il a transformé en bateau de croisière-école. Nous réservons donc un dimanche à cette activité, plus une somme modique pour Christine qui m'accompagnera sans toucher aux commande, mais qui en profitera pour s'initier aux techniques d'amarrage.

Ce fut une belle journée, chaude et ensoleillée du mois de mai, un accueil chaleureux, avec le sourire et la bonne humeur de Monsieur Raes pour détendre l'atmosphère et mettre tout le monde à l'aise, le tout accompagné de croissants, pains au chocolat et café. Et après une explication rapide des éléments de commande du bateau, nous voilà partis, sortie du port de plaisance, et exercices en amont du barrage de Visé. Accostage, manœuvres diverses, appareillage, passage d'écluse, tout le monde y passe à son tour, ensuite, après la halte déjeuner, nous voici en route pour Liège via l'écluse de Visé et le canal Albert et ensuite la Meuse. Nous repassons à nouveau tour à tour et à la fin de la, trop courte, journée nous voici en possession de l'attestation que je vais porter dès le lundi au yachting club afin de recevoir mon brevet. Trois semaines après, c'est chose faite et le brevet rejoint la caverne (qui a dit foutoir?) de mon portefeuille.

 

Il me reste à passer les examens permettant d'obtenir le certificat restreint autorisant l'usage de la VHF en eaux intérieures, certificat sans lequel il n'est pas autorisé de naviguer puisque la VHF est obligatoire en eaux intérieures (pour les bateaux battants pavillon Belge c'est facultatif pour naviguer en mer...).

Il était même obligatoire de posséder deux VHF à bord, une calée sur le canal d'urgence et une autre pour usage domestique ou pour communiquer avec les écluses, mais le nouveau ministre des communications a supprimé cette obligation pour la plaisance. Ouf!

Suivant mon principe de « qui peut le plus peu le moins », je m'inscris à la formation du « Short Range Certificat » (SRC) obligatoire pour pouvoir utiliser la VHF équipée du module d'appel sélectif numérique ou « ASN », ce qui est obligatoire pour la navigation en mer en zone I soit 40 miles des côtes.

Cette formation, obligatoire, donne accès à l'examen organisé par l'IBPT examen qui lorsqu'il est réussit, donne droit au certificat et surtout à un numéro d'enregistrement permettant l'achat d'une radio.

Les cours ont lieux dans les locaux de l'école à Visé et sont donnés par un moniteur expérimenté que je soupçonne d'ailleurs d'être un marin militaire.

 

 

Au sujet du cours, il est certain que ceux, dont je fait partie, qui sont dans le métier des armes ont une longueur d'avance avec la pratique de la procédure radio internationale, mais que les autres ne se découragent pas, le cours est très bien donné et les exercices sont bien dirigés de manière à ce que chacun puisse utiliser la radio virtuelle installée sur un PC portable fourni par l'instructeur à chaque paire d'élèves.

Cette parenthèse faite, je m'en retourne à mes recherches de « fifty », et je trouve des occasion incroyables, de 40.000€ pour un bateau de 40 pieds (13 mètres) avec un mât d'artimon et deux moteurs, logés dans une vraie salle des machines avec un établi et un groupe électrogène, plus un aménagement intérieur qui laisse rêver et d'une propreté intérieure peu ordinaire.

Un autre de taille similaire, datant de 1936, en très bon état à... 13.000€, situé à Gibraltar. Là, j'avoue que la distance me fait réfléchir, mais sans plus, il passe en seconde position.

Je contacte les courtiers afin d'obtenir si possible des fichiers photos plus détaillés, car il est impératif, vu le coût des déplacements, de bien déterminer si le bateau à visiter est vraiment digne d'intérêt et si l'investissement du voyage est rentable.

Les photos du premier comportent deux photos du bateau à sec, et je tombe sous le charme de cette jolie carène.

Mais avant tout, il faut donc vraiment étudier ces photos et j'y passe des heures, allant d'un bateau à l'autre, agrandissant des zones, fouillant sans complexe dans les intérieurs et scrutant les coques et superstructures, examinant de près les instruments et les moteurs, cherchant les détails qui trahissent le défaut ou un problème caché.

J'imagine aussi l'usage que nous feront de ce bateau, naviguer le long des côtes, traverser la manche, la mer d'Irlande, ensuite passer en Méditerranée et caboter le long des côtes d'Italie, de Croatie, les îles Grecques...

Oui mais!

Car, je ne sais si vous l'avez déjà remarqué, il y a toujours un « mais » quelque part qui vient jouer les rabats-joie assemblage de quatre lettres conçu tout exprès, semble t'il, pour faire capoter les rêves même les moins audacieux.

Ce « mais », il me demande ce que nous feront une fois arrivé dans ces ports? Rester quelques heures voir quelques jours en escale avant de repartir sans rien voir d'autre que les alentours immédiats de ces ports, sans rien voir du pays intérieur?

Non, ce n'est pas de cette manière j'imaginais pour notre vie de bohème. Je voulais aller dans les terres, suivre les voies fluviales et ainsi chaque jour découvrir les nouveaux paysages de l'intérieur, chaque soir prendre nos vélos et s'en aller à la découverte des alentours de notre mouillage voilà ce que j'imaginais.

Le « mais » répond dans l'intimité de mon cortex que pour réaliser ces souhaits, il faut ajouter à mes exigences beaucoup plus de pensées raisonnables que le projet rêvé n'en comporte et donc qu'il me faut peu de tirant d'eau et peu de tirant d'air. A la limite un mât, soit, on peut le coucher, mais comment diminuer le tirant d'eau d'un bateau qui doit en avoir beaucoup pour contrer le couple résistant lorsqu'il est sous voile?

Cruel dilemme! Il n'y a pas trente-six solutions, il faut abandonner le projet fifty et retourner à mes vedettes citées plus haut.

Un bateau plus petit, moins prestigieux peut-être, mais beaucoup plus pratique.

Retour à la case départ?

Oui mais cette fois, le projet à mûri et le choix des bateaux circonscrit aux deux premiers de la première liste.

A nouveau les heures passées à scruter les photos à s'en faire péter les cornées succèdent aux heures à analyser et calculer au plus près toutes les situations possibles.

Les questions se génèrent d'elles même et en enfantent d'autres.

Est-ce réellement habitable, confortable, l'espace ne sera t'il pas trop réduit? Et la consommation?

Nous parcourons les bibliothèques à la recherche de récits de nos prédécesseurs, mais tous les récits racontent des aventures qui datent « d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître », aventures que je lis avec avidité, même si ces histoire peu ordinaires ne vont pas dans le sens que nous désirons, j'y trouve néanmoins matière à réflexion et parfois aussi réponses à mes questions.

Au sujet de la consommation en carburant, je cherche des articles concernant la consommation des moteurs de bateau, j'en trouve dans la revue « fluvial », je retourne dans mes cours de mécanicien automobile afin de me remettre en mémoire les graphiques que je détestais il y a de ça vingt ans.

Je découvre, ou plutôt je redécouvre que la consommation d'un moteur n'est pas linéaire, qu'en fait au delà du couple maximum délivré par un moteur, la puissance nécessaire à propulser un engin plus vite entraîne une augmentation exponentielle de la consommation, que ce couple est dépendant des hélices, de leur formes et de pourquoi elles ont été conçues, vitesse ou puissance ou encore un compromis entre les deux.

Donc, me dis-je, si je maintient ma vitesse dans les courbes du couple moteur et si je ne fait pas caviter mes hélices pour un oui ou pour un non, je devrais rester dans des limites de consommation raisonnable!

Raisonnable ça veut dire dans les limites de notre budget bien sûr et aussi afin de ne pas polluer inutilement et exagérément.

Je retourne voir les jolis bateaux suédois que j'avais placé dans mes « favoris », et je commence à trier par rapport à la puissance des moteurs installés dans ces embarcations, cela va de 86 à 175 chevaux, fois deux, et des vitesses maximum de 14 à 28 nœuds, knots chez nos voisins d'outre-manche, un « nœud » ou « knot » est égal à 1852mètres parcourus en une heure, faites donc le calcul, c'est marrant et ça aide de penser comme ça.

Au bout d'un temps, la conversion se fait d'elle-même, c'est comme pour l'euro.

Je fini par retourner à chaque fois sur ce joli bateau blanc de Tarragone en Espagne. Mais je n'ai pas encore l'argent, la faute à cette foutue crise qui bloque les amateurs pour mon terrain, à moins que celui-ci ne soit trop cher!

Je décide de tout mettre en œuvre pour vendre ce bien via une agence immobilière, après tout, ce sont des pros et ils ont des fichiers clients, chose que je ne possède pas.

Via Christine, j'entre en contact avec Marc qui est agent immobilier dans le Brabant Wallon, Marc qui me met en contact avec une agence de Namur et voici arrivé le jour du rendez-vous avec le professionnel.

Très vite le courant passe, et un prix est fixé, promesse est faite d'aller voir le notaire afin qu'elle arrange le coup avec mon ex et que nous puissions au plus vite placer une annonce par le biai de l'agence.

Je m'en vais donc au boulot le cœur léger, confiant dans la suite de cette affaire qui devrait être rondement menée.

 

Le jour même, un appel téléphonique me place directement en contact avec un amateur, qui ne veut pas passer par une agence et à qui je propose un rendez-vous sur les lieux.

La rencontre se passe super bien, le Monsieur à fait son service militaire dans l'unité où je travaillais avant et voilà qu'il me propose le prix défini par l'agence quelques heures plus tôt.

Une joie sourde s'empare de moi et je rentre à la maison le cœur guilleret.

J'en parle à Christine qui voit elle aussi une lueur d'espoir au bout de ce long tunnel.

J'ouvre mon ordinateur, comme tous les soirs, et voilà qu'un courriel émanant du courtier vendant le bateau de Tarragone me saute au visage, je l'ouvre vite pour constater que le prix du bateau vient d'être réduit de 10.000€! incroyable!

Je saute sur l'occasion et je lui envoie un courriel lui disant que je vient voir le bateau et sans trop réfléchir, me voici occupé, comme dans un rêve, à réserver l'hôtel et l'avion pour me rendre en Espagne voir ce fameux bateau qui me fait tant rêver.

Plus la date approche et bizarrement, moins j'ai envie de partir, partagé entre la tristesse de partir sans Christine et un sentiment dérangeant, qui me met mal à l'aise. Les pieds de plomb quoi!

Le jour fatidique arrive et me voici à l'aéroport de Charleroi avec pour tout bagages mon ordinateur portable, mon appareil photo et sa quantité de piles pour pouvoir faire toutes les photos voulues et quelques objets de toilette.

Le vol est banal, voyage en autobus des airs, sauf qu'il ne s'arrête qu'une fois. Et voici l'arrêt, un aéroport en pleine mutation, un paysage sec, allant du jaune à l'ocre avec quelques rares taches de vert et le bleu de la mer dans le fond.

Une chaleur écrasante aussi, à sept heures du soir, 29 degrés, quel four. Le courtier qui doit venir me chercher est en retard, ça commence fort! J'ai plus envie de faire demi-tour que de continuer.

Je ne le sens pas depuis le début et cela se confirme.

Enfin, je vois arriver sa voiture noire marquée au nom du site boatshed.com, il était temps, j'allais certainement me liquéfier.

Bonjour, il y a la clim dans l'auto, cela me détends, nous causons de choses et d'autres pour faire un peu connaissance et meubler le trajet, sans qu'aucun de nous n'ose aborder le sujet, l'objet de cette visite.

Peur de demander et de constater que mes appréhensions étaient justifiées pour moi?

Peur de devoir décrire ce qui n'est pas comme annoncé de la part du courtier compatriote? Oui, il est Belge, ce qui est plus facile car bilingue parfait.

Bref, il fini par lâcher presque timidement: »je me demande ce que vous allez penser du bateau? » et moi de répondre assez stupidement je l'avoue: »moi aussi! ».

Nous voici enfin arrivés, il gare sa voiture près de la capitainerie et nous voici cheminant dans l'air tropical, vers la grille de la marina.

Là, j'avoue que mon cœur commence à battre un peu plus vite et pas seulement à cause du climat, mais bien parce-que je vais enfin le voir, celui que j'ai repéré depuis longtemps sur les photos satellites de « Google earth ».

Une poussée sur la télécommande et la grille glisse pour nous laisser le passage. Quelques mètres encore à parcourir et...

Pan! Dans la tronche!, voilà l'image que je n'attendais pas, celle d'un bateau sale, qui fut blanc sur les photos, mais dont le cabriolet est devenu gris sale, la coque naguère blanche est striée de lignes sombres des coulées d'eau sur la poussière.

Il me l'a dit dans un courriel, il y a eu une entrée d'eau par le portillon d'accès et une réparation est à prévoir à ce niveau.

Pas très rassuré par cette passerelle mouvante et ces plats-bords étroits, je monte à bord et je passe par l'étroite entrée formée par un pan du cabriolet roulé. Mes lunettes se couvrent de buée en même temps que l'odeur caractéristique de renfermé humide me pénètre de force dans les narines.

Ça pue la vieille caravane pas aérée! Mon enthousiasme passe du niveau +30 sur une échelle de 100 à -50 en l'espace d'une micro-seconde. Dire que j'ai fait tous ces kilomètres et ce voyage pour voir çà!

Mais bon, le vin est tiré, il faut le boire, alors tant qu'à faire buvons, même si le goût de bouchon est vraiment trop fort.

Je commence par faire quelques clichés, je vois l'étendue de la réparation à faire au niveau de l'entrée de la timonerie, c'est pas pourri, c'est bouffé, en charpie, un peu comme si des termites s'étaient attaquées à ce morceau là uniquement. Une horreur!

Heureusement, les moteurs démarrent au quart de tour et les indicateurs indiquent que tout est clair au niveau de la technique.

Je vais à l'arrière, retourne les coussins des couchettes et constate que tout est normal dans cette partie de la coque, pas de trace de corrosion ni rien de ce genre, pas d'eau non plus. Le moral remonte de quelques points en même temps que mon T-shirt se mouille comme sous la douche.

 

 

 

Au niveau du compartiment moteur,je constate que le niveau d'eau vu sur les photos est plus haut

que sur celles-ci. Mauvais signe!

C'est alors que je vois une allonge électrique qui court vers la cabine avant et que le plancher de celle-ci est ouvert. J'y vais et je constate qu'une pompe genre vide cave est installée ainsi qu'un tuyau de deux pouces qui passe par l'aérateur de pont avant.

Mes sourcils en forme d'accent circonflexe demandent une réponse au courtier, qui visiblement embarrassé, me répond que la pompe a été installée préventivement car on annonçait une période d'orage.

Et moi je m'appelle Élisabeth d'Angleterre!

Je plonge le doigt dans l'eau claire de la cale, le porte à ma bouche. Salée, l'eau est salée.

Il pleut de l'eau salée en Espagne! Incroyable! Je le dit au courtier, qui de plus en plus embarrassé, me dit que c'est grave, ce que j'avais bien compris, et qu'il vaut mieux laisser tomber, que lui aussi en a marre de faire visiter ce bateau où lors de chaque visite on découvre quelque chose de nouveau.

La bâche du cabriolet déchirée qui a laissé pénétré l'eau, le portillon mal conçu qui en fait de même et qui a causé la pourriture de ce panneau ainsi que de son support et maintenant, voilà qu'il y a de l'eau salée dans la cale!

Je fait un rapide calcul dans ma tête et j'évalue les réparations au delà de sept mille euros. Je dit au courtier que le bateau n'est pas vraiment foutu, que je veux bien l'acheter, mais à un prix que j'estime au moins à la moitié de ce qui était demandé, encore faut-il qu'une condition soit remplie, à savoir la sortie de l'eau et l'assurance que la membrure et la coque soient en bon état.

Quelques tristes photos de plus et nous voilà partis, il me conduit à l'hôtel et avant que je ne sorte de sa voiture, je lui dit que je vois dans les huit jours, un ami, marin et ex-officier mécanicien à qui je vais montrer mon reportage photos et demander avis.

Nous nous séparons sur ces mots, sans joie ni rancœur et je rentre dans l'hôtel.

Après une douche, je me rends dans la salle où se trouve la connexion wifi pour y connecter mon ordinateur et faire part de ma déception à Christine, qui doit-être aussi déçue que je ne le suis.

Ensuite, une nuit agitée et un départ de bon matin pour faire un peu de tourisme dans cette ville que j'ai plus envie de fuir que de visiter. Passage par la marina aussi, pour voir une fois encore ce qui fut l'objet de mes désirs et de mes rêves, de mes espoirs aussi en me disant qu'il y en aura d'autres à voir.

Je suis là, devant lui qui balance doucement au loin et je suis pris d'un sentiment bizarre, mélange d'amertume de déception et de tristesse, j'ai l'impression de lâchement abandonner quelqu'un qui attendait de moi que je le sorte de là où il est condamné à périr faute d'amateurs.

C'est avec les yeux humides que je m'en éloigne, traînant les pieds vers cette ville vide.

Je rejoint la gare des autobus, où rien n'est indiqué quand à la manière de rejoindre l'aéroport de Reus et je me résigne à prendre un taxi.

J'ai passé toute la journée à l'aéroport, à attendre mon vol, au moins étais-je au frais puisque l'aéroport est climatisé. J'ai donc passé ma journée en tête à tête avec mes semblables et avec l'échec d'une rencontre que j'avais rêvé prenante et émouvante.

Et nous nous sommes retrouvés Christine et moi, je lui ai fait part de mes sentiments, de cet échec qui me taraudait le cœur, et aussi de cette tristesse de quitter ce bateau qui dans mon cœur avait déjà pris le nom de « mon bateau ».

Le dimanche, nous avons retrouvé et vu Roger et sa compagne, nous avons parlé de tout durant ces deux jours, à propos du bateau, il m'a dit qu'il était possible que ce bateau n'ait pas grand chose en définitive et que l'achat dans les conditions émises était tout de même envisageable, voir intéressant.

Le week-end passé, la semaine entamée d'une manière assez morose, j'ai commencé à rechercher un autre candidat, mais sans vraiment y mettre beaucoup d'entrain ni de joie.

J'étais touché par la déception du coup raté, de l'espérance tuée dans l'œuf. Amis futurs capitaines soyez prévenus.

Mais le bateau ne voulait pas laisser tomber, il avait décidé que ce serait moi, j'avais jeté bien malgré moi mon dévolu sur lui et lui sur moi.

Voilà que Gert, le courtier, me rappelle alors que je pensais qu'il n'en serait rien tant mon offre était basse et me demande ce qu'en a pensé mon ami. Je lui explique ce qu'il m'a dit et je lui confirme et ma position et mon prix.

Il me répond qu'il en a parlé avec la propriétaire qui a accepté mon offre, lasse d'attendre après trois ans de visites infructueuses et convaincue définitivement après qu'il lui ait dit qu'il ne ferait plus visiter le bateau à personne, que j'étais le dernier.

Elle a fini donc par accepter, se disant peut-être qu'il valait mieux peu que pas du tout.

Il avait aussi trouvé un expert pour la coque, un anglais,mais cher,trop cher pour moi alors que cet expert n'effectuait pas d'expertise officielle.

Nous avons parlé à nouveau de ce charpentier de marine, français lui, qui avait déjà fait un devis pour la réparation du portillon et de sa planche pourrie ainsi que pour le joint du pont.

Un prix fut convenu pour son intervention, et je me remis en quête d'un avion et d'une chambre d'hôtel.

Le rendez-vous fut confirmé la semaine suivante et cette fois, j'eus moins d'appréhensions à partir, partagé entre la joie d'aller revoir le bateau et la tristesse de devoir y aller seul. Mais bon, on ne fait pas toujours ce qu'on veut.

Lorsque j'arrive à Reus altiport, il fait toujours aussi chaud, je me demande comment on peut vivre sous ces latitudes, le sol est sec et craquant et l'air est chaud et humide, c'est à n'y rien comprendre.

Je me rends en taxi jusqu'à l'hôtel à Tarragone et je m'y installe pour la nuit qui est déjà là, non sans avoir connecté mon ordinateur afin de donner de mes nouvelles.

Nuit agitée dans le bruit de la rue et le vrombissement de l'airco.

 

Le lendemain matin, après le petit déjeuner, je me rends à la marina en avance et j'attends le courtier, qui doit venir avec la télécommande destinée à ouvrir le portail d'accès. Je suis là à attendre derrière la grille et à regarder le bateau de loin.

Le courtier arrive et nous nous rendons à bord. Il est convenu que je garderai la télécommande de la grille de la marina jusqu'au lendemain, ce qui me permettra de visiter le bateau de fond en comble et de prendre des photos et des mesures.

Nous réparons rapidement avec de la bande isolante l'ouverture dans la toile du « cabriolet », et ensuite, le courtier parti, je m'installe à bord, avec la curieuse sensation d'être chez moi, comme accepté, une sorte de grande joie m'envahis. J'y suis... Presque!

Je connecte mon PC et j'ai l'agréable surprise de constater que le réseau wifi de la marina m'est accessible.

Après avoir envoyé un message avec une photo de l'intérieur à ma blonde, je me mets à l'ouvrage.

Je commence par démonter tous les planchers et je goûte à nouveau l'eau si transparente de la cale.. Pas très salée... Pour en avoir le cœur net, je plonge une tasse dans l'eau de mer et je compare, je sais, c'est risqué mais il faut savoir prendre des risques!

 

 

Il y a une différence prononcée entre le dedans et le dehors, l'eau de cale est plus douce que l'eau de mer, nettement plus douce même.

La conclusion est que l'eau de cale provient du ciel ou du réservoir d'eau douce et non de la mer.

J'enclenche la pompe additionnelle style « vide cave » et je vide l'eau de cale. Une fois l'opération terminée, je pose mon mètre sur la quille tout contre une varangue et je mesure. Il reste 1,5 cm au fond, que la pompe ne veut plus prendre.

Je continue ma visite en mitraillant tous les coins et recoins, je découvre un onduleur combiné chargeur « Mastervolt », tout neuf et aussi que les appareils de bords sont également neufs, le radar ne comporte aucune trace de manipulations, il est toujours recouvert du plastique d'origine. De même le combiné GPS-traceur qui, même s'il n'est plus produit, est strictement neuf.

J'inspecte les moteurs et les inverseurs, l'huile est propre, sans odeur de résidus de combustion, l'huile des inverseurs est claire et sent vraiment l'ATF, l'huile de boite. Les courroies ne sont pas craquelées, le caoutchouc est en parfait état.

Petite parenthèse pour vous expliquer qu'en plus d'être mécanicien, je suis aussi contrôleur industriel spécialisé dans les caoutchouc sous toutes ses formes. Sauf le médical, je vous vois venir!

Je découvre deux extincteurs de six kilos, neufs eux aussi, toujours certifiés, des produits contre les moustiques et des produits de nettoyage.

Je constate également que mis à part la poussière, l'intérieur est à l'état neuf, il lui faut un solide nettoyage à ce bateau, plus la réparation de la planche sous le portillon et le panneau jouxtant le portillon et la cabine arrière qui est à remplacer car la moisissure l'a attaqué.

Je découvre que le WC est neuf aussi, avec son étiquette d'origine toujours collée sur la planche, que tout est toujours dans la cuisine, y compris les couverts et une plaque à induction.

J'ai l'impression d'être sur un bateau rapidement abandonné par son équipage, sorte de hollandais volant arrimé au quai. Même les selleries sont neuves et nous n'aurons qu'à les changer, car leur couleur ne nous convient pas, mais c'est vraiment un détail.

Je constate que la coque est bien étanche car il n'y a aucune trace d'infiltrations d'eau entre las planches, par contre il y a de longues traces blanchâtres, résidus de coulées d'eau anciennes et qui proviennent d'en haut. Je me contorsionne et je passe mon appareil photo le long de la coque (pratique ces petits appareils digitaux qui voient là où vos yeux ne peuvent aller), je replace la carte dans l'ordi et j'étudie la photo. L'eau provient bien du ciel, de la déchirure de la toile du cabriolet. Je suis soulagé, mais je préfère attendre la sortie de l'eau avant de bondir.

Ma journée se passe au calme, dans une relative fraîcheur qui a chassé les odeurs de caravane restée fermée pour l'hiver. Le produit avec lequel j'ai nettoyé les boiseries, une sorte de nettoyant pour vitres, laisse une douce odeur de propre.

Je me laisse bercer par les courtes vagues laissées dans le sillage des bateaux quittant leur emplacement, le bateau se balance doucement, stable grâce à son poids et à sa carène faite pour étaler.

J'y reste jusqu'à la soirée, ensuite, sale et couvert de poussière, je me décide de rentrer à l'hôtel pour y prendre une douche et me placer un peu au frais.

La soirée se passe à converser et donner mes impressions à ma compagne et la nuit à me retourner dans tous les sens à cause de la clim qui a rendu l'âme.

Le lendemain, je suis à bord à huit heure trente alors que le rendez-vous est fixé à dix heures.

Ma première activité est d'aller mesurer la quantité d'eau dans la cale et là, surprise, le niveau est le même que le jour précédent. Un grand « ouf » s'envole de mes poumons.

Vers neuf heures, un homme aussi avenant qu'un coup de pelle sur la tronche monte à bord en grommelant un « buenos dias » comme un grognement d'ours, lance les moteurs, qui démarrent au quart de tour, largue les amarres et s'en va vers l'aire de grutage. Chemin faisant, il me fait une démonstration de pilotage en n'utilisant que les deux moteurs et les inverseurs pour changer de direction, juste un petit coup de barre pour corriger l'approche. Je suis scié!

J'ai vraiment beaucoup à apprendre et je suis un peu découragé je l'avoue.

Mais bon, j'ai tout conduit dans ma vie, des semi-remorques citerne, des dépanneuses lourdes, des camions avec remorques articulées et même des chars d'assaut, alors je ferai comme pour le reste, regarder, demander et tester, le tout en restant humble car il n'y a pas de honte à ne pas savoir et à vouloir apprendre, demander avant que n'arrive le problème vous fera reconnaître comme un individu responsable.

Je débarque sur le quai de la zone technique et j'aide le pilote, qui se prénomme « Jésus », prononcez « Réssuss » à placer les sangles sous le ventre du bateau, comme il me voit me salir les mains, il se déride un peu et me dit de venir le voir lorsque nous en auront terminé.

Le bateau sanglé et équilibré, il le soulève avec la grue, et là, j'ai des frissons, car j'entends la coque gémir et craquer au sortir de son élément.

Le bateau est posé sans trop de ménagement sur de gros blocs de bois, et j'ai la bonne surprise de constater que la coque ne se déforme pas, qu'elle ne s'affaisse pas, reste dans ses ligne, qu'elle est propre, sans concrétions ni algues, seulement une fine couche de matière gélatineuse de moins d'un millimètre d'épaisseur.

Une superbe carène! Vraiment, avec la partie arrière en voûte et un renfort en acier sous toute la longueur de la quille.

Je frappe partout avec un maillet en bois, rien qu'un beau son plein, qui résonne comme sur un tonneau vide, pas de bruit creux. Coque saine me semble t'il.

 

La sonnerie du chantier résonne et je vois arriver un jeune homme que je reconnais aussitôt comme le charpentier de marine français. Nous nous saluons et il m'explique qu'il a déjà rénové un bateau de ce type, que celui-ci est en excellent état au niveau de la coque et de sa structure.

Au sujet de la « voie d'eau », il me dit qu'il est possible que la coiffe de la sonde du sonar ne soit pas vraiment étanche, de même que le passe coque du câble de la dite sonde et qu'il est probable que l'eau vienne de là.

Il m'explique plein de trucs pour remédier au problème, me donne des noms de produits que j'ai grand peine à retenir.

L'examen terminé, le bateau est replacé dans son élément et ramené à son emplacement. Une fois amarré, le charpentier et moi parcourons l'entièreté du bateau, il me rassure au sujet des réparations, il découvre toutefois que le panneau tribord de la cabine arrière est lui aussi touché par la moisissure et qu'il devra être changé, mais encore une fois, il me rassure en m'expliquant comment procéder quels outils utiliser et de quelles essences de bois j'aurai besoin.

Je grattouille les infos sur un bloc de papier afin de les intégrer dans ma liste des choses à faire.

Au bout d'une heure trente de visite, nous nous quittons, après que je lui ait payé la somme promise.

Je confirme donc au courtier que j'achète bien le bateau dans les conditions décrites avant, entre autre au sujet du prix.

Nous fermons le bateau, sécurisons les amarres et il me ramène à l'aéroport, ceci afin d'y finaliser la vente, tout au moins la signature du pré-contrat et le versement de l'acompte (10%).

C'est le cœur chargé d'émotions que je reprends le vol Ryanair pour le retour à Charleroi.

 

 

 

C'est la joie de partager les impressions, de regarder et de commenter les photos, de vivre déjà et anticipativement la vie à bord. Nous sommes emportés par cette vague durant quelques jours.

Mais j'ai négocié un délais pour payer et voilà que mon ex refuse de signer l'offre émise sur le terrain. Je n'écrirai pas ici le nom qui est sorti de ma bouche, mais je suppose que tout le monde aura compris.

Comment payer?

Seule solution, recourir au crédit, heureusement que le prix est très bas, moins cher qu'une petite LOGAN.

Quelques heures de stress et j'ai la réponse. BNP Paribas FORTIS, ma banque accepte le crédit. Je vais donc avoir les fonds pour payer le bateau. IL EST A NOUS!

Je reçois les contrats de vente, que Gert le courtier à la gentillesse de me faire en espagnol et en français, afin de me faciliter la demande de lettre de pavillon.

Les renvoyer est une autre chose, la poste est en grève!

TNT ne fait pas ce genre d'envois pour les particuliers, mais me propose un autre système, que j'accepte et voilà les documents partis. Reste maintenant à attendre la vente du terrain, qui se fera par voie judiciaire pour enlever toute velléité de refus à mon ex.

Pour le stationnement du bateau, le prix est élevé, plus de 300€ par mois, mais si c'est pour quelques mois, c'est tenable. J'aimerais bien faire réparer la partie la plus importante par ce charpentier, mais je ne peut attendre des mois à ce tarif, surtout qu'après il faudra remonter le bateau, ce qui peut être un beau but de croisière, mais d'ici à l'été il y a quelques mois encore.

J'envisage donc de faire remonter le bateau par la route, Gert m'a dit qu'un autre compatriote est spécialisé dans ce genre de transports et qu'il n'est pas cher.

Je lui écrit pour une demande de devis et j'en profite pour en lancer d'autres.

A ce jour, j'ai reçu deux devis, nettement hors de mon budget et plus cher que de remonter le bateau par ses propres moyens.

J'attends donc un mois ou deux pour trouver une solution. Il en existe plusieurs.

  • Le transport fluvial dans une péniche.

  • Le convoyage par un professionnel payant.

  • Le convoyage par un ami plaisancier à la retraite.

  • Le convoyage par un professionnel à la retraite qui ne me demanderais pas trop cher.

  • Le transfert depuis Tarragone vers un port d'eau douce français où les prix sont plus bas afin d'y laisser le bateau le temps pour moi de percevoir l'argent de mon terrain et ensuite d'aller chercher le bateau sur mon crédit de congés 2010.

  • Autre.

Aujourd'hui 22 octobre 2009, j'en suis là!

Si quelqu'un a une idée, elle est la bienvenue.

09:18 Écrit par alaro11 dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) | | |  Facebook | |  Imprimer |

Commentaires

Bienvenue dans le monde du fluvial Votre blog est très intéressant. Je me permets de le mettre en lien sur le mien. J'ai beaucoup aimé la partie dans laquelle vous choisissez votre bateau et la réduction de la longueur. Nous avions fait un peu comme vous en partant d'un Freycinet de 30 m puis plutôt un luxemotor de 27 m et finalement on a pas tout à fait un luxemotor mais une magnifique carène de 21,60m sur 3,80m de large ce qui n'est déjà pas mal pour vivre et naviguer... et pour les prix c'était comme vous ou trop cher ou en trop mauvais état...

Écrit par : Laurent | 29/12/2009

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Mon dieu Mon dieu, mon dieu, mon dieu,
Quelle naïveté dans ce récit et dans l'achat d'un bateau qui va lui coûter 2 x plus cher que s'il l'avait acheté en Belgique !

Écrit par : Jean-Pierre | 22/01/2010

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réponse à Jean-Pierre d'anseremme Réponse très tardive je vous prie de m'excuser.
Mon récit est peut être naîf, mais il tente de compléter les informations que vous, les plaisanciers chevronnés ne placez pas sur la toile à l'intention des débutants. Votre jugement est un peu réducteur, en prmier lieu vous ne savez pas qui je suis, ne connaissez pas l'étendue de mes connaissances, n'avez pas vu le bateau et surtout vous ne connaissez pas son prix de vente. Il est coté à plus de 25000€ et je l'ai acheté pour un peu plus du quart de ce prix. En Belgique ce type de bateau n'existe pas en occasion.
D'autre part, les prix pratiqués en Belgique sont nettement au-dessus de la réalité, j'ai vu un peu plus en amont de votre marina, un bateau de 15 mètres rouillé et sentant le moisi avec de l'eau dans la cale proposé au prix de 90000€
Ah oui, j'oubliais, je viens de faire 1700 km dont 400 en mer et 180 par une mer forte avec des creux de plus de 3 mètres et un vent de force 6 montant à 7. Le 31 mai je suis passé intact devant votre jolie marina. dans laquelle il n'y a pas deplace, c'est vous qui me l'avez dit (25 bateaux en attente).
J'ai du travail sur mon bateau, il n'est pas parfait, mais c'est le mien et lui, il navigue!
bien à vous.

Écrit par : auteur du blog | 08/06/2010

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Je suis tombé par hasard sur votre Blog, et je me suis bien amusé en le lisant, j'aime bien la manière, de raconté votre aventure.... j'espère qu'il y aura une suite ?
Moi aussi je me tâte pour l'achat d'un bateau ...fluvial.
J'ai toujours rêver d'un Yacht...... genre Pershing !
Mais bon comme je ne suis pas Bill Gates, je me contenterai déjà d'un boat entre 14 et 20 mètres.
Je suis sur un 14 mètres que je vais aller voir le 7 Aout, Prix demandé ridicule de 7800 euro ! je ne comprend pas, je me demande ou est le coup de vice ?
Cela trotte dans ma tête depuis début juillet, je suis parti en vacances en Bourgogne, j'avais loué une pénichette de 11 mètres, pour 11 jours.
.
Ce n'était pas un Pershing.... mais plutôt le youyou du Pershing !
Ce fut un baptême pour moi , ma femme..et mes chiens
mais je doit vous dire qu'un de mes monstres est un mastiff Anglais de plus ou moins 110KG... je vous passe les détails de la vie a bord les 3 premiers jours, ma femme a vécu cela comme KOH-Lantha, mais tout doucement tous le monde a trouver sa place, et je me suis amusé comme un fou ! De plus j'adore la pêche, que je n'avais plus pratiqué depuis de nombreuse années.
J’ai navigué sur la Yonne et sur le canal du Nirvanais, super joli et de gros poisons !
Depuis je pense a cela jour et nuit, j'ai aussi envie de me préparé a stoppé mes activités et partir avec ma barquette et visité tous les canaux d'Europe, j'ai rencontré un Anglais qui avait tous plaqué et qui vit a longueur d'année sur sa péniche Hollandaise.....28 mètres, acheté 120.000 euro + de nombreux frais… magnifique bateau.
Quel qualité de vie et surtout, plus de boite aux lettres, le rêve !!!

Mais je pense que financièrement il vaut mieux être a l'aise.
Enfin je vais faire comme vous beaucoup y réfléchir, et si je tombe sur le coup , J’achète ,!
Bon je vais vous laisser, envoyer moi un mail quand vous continuez votre histoire
Bon vent ! ciao

Écrit par : Van der Stichelen | 04/08/2010

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Merci beaucoup, très heureux que ma prose vous ait plus. Au sujet de la suite du blog, il est constitué d'articles différents que vous pouvez consulter en cliquant sur "suivant" au bas de la page.
Au sujet du bateau, chacun voit selon ses moyens et ses capacités. Attention que les bateaux de location sont faiblement motorisés et qu'ils ne naviguent que dans des zones reconnues comme sûres par les compagnies d'assurance des loueurs et par VNF. Un bon début est de passer les brevets.
Bon courage!

Écrit par : auteur du blog | 09/08/2010

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